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Selon le statec

Les travailleurs de l’horeca les plus touchés par le confinement



Ceux qui ont le mieux vécu le confinement sont ceux qui ont à la fois une grande maison et des espaces extérieurs, plutôt dans le nord et l’est du pays, et qui ont des revenus suffisants. Même quand l’école à domicile pouvait être compliquée. (Photo: Shutterstock)

Ceux qui ont le mieux vécu le confinement sont ceux qui ont à la fois une grande maison et des espaces extérieurs, plutôt dans le nord et l’est du pays, et qui ont des revenus suffisants. Même quand l’école à domicile pouvait être compliquée. (Photo: Shutterstock)

Selon le Statec, les travailleurs de l’horeca ont été les plus touchés par le confinement: 56,2% ont vu leurs revenus se dégrader, contre 18% «seulement» de la population résidente. Les indépendants et les jeunes ont aussi été très affectés.

Le confinement n’a rien changé pour les revenus de 82% de la population résidente. 2% ont même vu cette période leur profiter. «La perte de revenus est liée au secteur d’activité: 56% des personnes concernées travaillent dans l’horeca, 43% dans le commerce, 42% dans l’industrie et 39% dans la construction», note le Statec dans une étude publiée ce vendredi.

«Ces résultats montrent le rôle de protection que jouent le statut d’emploi et le secteur d’activité. Les principales raisons de la diminution des revenus sont, par ordre d’importance, la réduction involontaire des heures de travail, la perte d’emploi ou la cessation involontaire d’activité avec comme conséquence une baisse de salaire pour les employés ou de profit pour les indépendants.»

70,8% des gens mis au chômage partiel ont perdu de l’argent, devant 57,5% des indépendants et 30,1% des chômeurs et des demandeurs d’emploi.

Les jeunes et les moins diplômés en danger

Deux catégories d’âge sont très touchées, les jeunes de moins de 24 ans, qui ont directement perdu leur emploi, surtout les femmes; et les 45-54 ans, qui ont subi une baisse de salaire, ou de profit en tant qu’indépendant.

Selon la même logique, les personnes avec un diplôme de niveau secondaire du premier cycle sont deux fois plus nombreuses à être touchées que celles qui ont fait un master ou plus.

«Au début, la pandémie était une crise sanitaire touchant essentiellement les personnes âgées. Aujourd’hui, elle constitue également une crise sociale majeure, accentuant toutes les inégalités entre les classes sociales, les sexes et les générations», dit le Statec.

58% des personnes ont dépensé moins, confinement oblige, et 26% ont dépensé plus. La différence vient de la situation des ménages. Les ménages à revenus plus modestes sont face à davantage de dépenses contraintes et ils ont donc moins ralenti leurs dépenses.

39% des ménages se sont retrouvés avec davantage de moyens, tournés vers l’épargne.

Mieux confinés dans le nord et l’est qu’à Luxembourg-ville

Le logement a joué un rôle dans le confinement. Seuls 30% des personnes interrogées vivent dans une maison à Luxembourg-ville, contre 80% dans le nord et 72% dans l’est. La plupart des résidents du nord ont un espace extérieur, contre 83% de ceux de la capitale. 

Et comme les parcs et les jardins ont été fermés à Luxembourg, les gens du nord et de l’est semblent avoir passé un confinement plus confortable, dit l’étude.

Pour près de deux tiers des résidents, le confinement s’est déroulé dans un logement de plus de 100m², contre 4,6% dans un logement de moins de 50m². Selon les chercheurs, seuls 4,6% des ménages ont été en confinement dans une situation de surpeuplement.

Les personnes dans les situations les plus difficiles d’un point de vue logement sont aussi celles qui ont été le plus en difficulté financièrement.