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Enquête du Statec

Les effets néfastes du confinement sur la santé mentale



Le groupe des 18-44 ans a moins bien digéré la rigueur du confinement que les personnes plus âgées. (Photo: Shutterstock)

Le groupe des 18-44 ans a moins bien digéré la rigueur du confinement que les personnes plus âgées. (Photo: Shutterstock)

Selon une enquête menée par le Statec, une personne sur trois a admis avoir souffert mentalement pendant la période de confinement. Les raisons évoquées sont nombreuses, de la peur d’être infecté à celle de perdre son emploi.

La pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement ont clairement eu des conséquences sur la santé mentale des résidents. Selon une étude menée par le Statec en avril et dont les résultats viennent d’être publiés ce jeudi, une personne sur trois estime avoir souffert de la situation.

Le confinement a réduit les contacts sociaux et les activités en extérieur, ce qui peut expliquer en partie le phénomène. Mais l’étude pointe que des facteurs comme la crainte d’être infecté soi-même ou de voir un de ses proches l’être, l’anxiété ou encore l’incertitude face à son emploi sont des facteurs additionnels.

Les jeunes ont trinqué

L’étude montre aussi que la santé mentale a été plus ou moins affectée selon les catégories d’âge. Dans la classe des 18-44 ans, plus d’un tiers des personnes interrogées (37%) admettent une dégradation au cours du confinement. Pour les 45-64 ans, le taux descend à 33% et il recule encore à 22% pour les plus de 64 ans.

La perte de revenus peut aussi être une autre source d’explication. Or, au cours de la crise, 16% de la population a vu ses moyens financiers diminuer. Soit à cause de la perte d’un emploi, de la réduction du temps de travail, de la diminution d’un salaire ou de la suppression d’une prime.

L’étude du Statec pointe que les gens qui ont connu une perte de revenus, voire ceux qui ont augmenté leurs dépenses, sont les plus sujets à une détérioration de leur bien-être mental.

Retrouver les collègues

La mise sous cloche de l’économie a fatalement eu des conséquences sur le mode de travail. 50% de la population active luxembourgeoise s’est retrouvée en télétravail et 21% ont alterné travail à domicile et en présence physique.

Certains admettent avoir souffert du manque de contact avec leurs collègues, d’autres ont fortement augmenté leur charge de travail en étant à domicile et d’autres encore n’ont pas su assumer le fait d’être plus fortement laissé à eux-mêmes.

Au final, les raisons sont nombreuses pour avoir pu souffrir mentalement des mesures de confinement. La pandémie laissera des traces profondes, et pas uniquement au niveau économique.