POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

La météo expliquée

La tornade, minute par minute



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17h45, les cercles rouges indiquent la phase la plus violente de l’événement climatique de vendredi soir. (Source: https://kachelmannwetter.com)

Meteolux avait lancé une alerte, vendredi à 14 heures. Mais la tornade est un élément plus difficile à appréhender faute d’observateurs au sol, comme aux États-Unis. La carte du ciel est impressionnante.

Vendredi, 14 heures. Comme cela est prévu dans les processus au Luxembourg, Meteolux diffuse une première alerte, jaune, sur les risques d’orages violents en fin de journée.

«C’est difficile de dire comment les gens prennent ces alertes. Certains les suivent et font attention, d’autres non!», explique le météorologiste de Meteolux, Luca Mathias.

Trop d’alertes tuent l’alerte, dit-on en France, face aux 80 à 100 alertes annuelles qui ne se soldent pas par autant d’événements climatiques.

À cette première alerte, le CGDIS déclenche lui-même une nouvelle phase de son plan de bataille, qui consiste à mettre sur pied une «salle de débordement». Six à sept personnes répondent en temps normal aux numéros d’urgence, mais le centre se prépare à recevoir beaucoup d’appels en un temps très court. Vendredi soir, les 20 personnes, professionnels et bénévoles, «réquisitionnées» ont traité 1.000 appels en quatre heures.

Plus tard dans la journée, Meteolux fait passer son niveau d’alerte de jaune à orange. De «possible», l’événement passe à «probable». Il existe un troisième niveau, rouge, déjà déclenché cet été quand les températures ont atteint des niveaux records, ou l’an dernier, dans la nuit du 1er juin, au moment des inondations dans le Mullerthal.

Les cartes vues du ciel montrent le début de l’épisode «orageux» vers 16 heures dans la Grande Région et l’évolution du phénomène. Nous reproduisons ici les cartes des Suisses de Kachelmann, cinq minutes par cinq minutes, de 16h30 à 18h30. Les cercles indiquent le lieu des événements, les traits leur direction. Les cercles et les traits passent au rouge quand la situation devient vraiment grave.

Les images semblent montrer que d’autres zones du pays, Mondorf et le nord, en fin d’événement, sont aussi touchées. «Non, sur nos outils, nous voyons clairement que l’épicentre du phénomène reste sur la zone Pétange-Bascharage. L’intensité est nettement moindre ailleurs», répond M. Mathias.

Comment qualifie-t-on une tornade? Par la vitesse des vents, qui doit atteindre 200 à 250km/h. Mais on la juge sur la base des dégâts qu’elle occasionne dans un référentiel européen. «C’est très compliqué parce que, outre les radars, il faudrait des données d’observation au sol. Si les Américains ont des chasseurs d’orage et de tornade professionnels, qui alimentent les services météo nationaux, nous n’en avons pas en Europe. Ce sont les données en temps réel qui nous manquent», explique encore le météorologiste.

La tornade commence près d’un orage, précise Meteolux ce lundi . Une colonne nuageuse se forme en cône renversé ou entonnoir à la base d’un nuage (un cumulonimbus) jusqu’au sol. L’extrémité descend progressivement vers le sol, entraînant vers le haut les débris sur son chemin. Elle arrache tout ou presque sur son passage.

La distance parcourue par la tornade est au final estimée à au moins 14 kilomètres par l’ESSL (European Severe Storms Laboratory). Le laboratoire indique qu’elle a «temporairement adopté un caractère multi-vortex, c’est-à-dire une tornade relativement large, constituée de multiples sous-tourbillons intégrés au tourbillon principal». 

Lundi 12 août au matin, Meteolux avait déjà diffusé une nouvelle alerte . Pour l’après-midi.