POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Carburants

Une taxe CO2 en 2021, c’est 6% d’émissions en moins



La taxation des carburants doit avoir un effet non négligeable sur la consommation, selon le Statec. (Photo: Maison Moderne/Archives)

La taxation des carburants doit avoir un effet non négligeable sur la consommation, selon le Statec. (Photo: Maison Moderne/Archives)

La taxe CO2 sera appliquée sur les carburants vendus au Luxembourg le 1er janvier prochain. Selon les calculs du Statec, elle devrait permettre de faire baisser la consommation de 8% dès l’année prochaine, et les émissions de gaz à effet de serre de 6%.

Selon les calculs du Statec, la future taxe CO2, qui sera appliquée sur les prix des carburants  à partir du 1er janvier  devrait faire rentrer 140 millions d’euros dans les caisses de l’État. Elle devrait aussi faire baisser la consommation de 8% en 2021, et de 15% à l’horizon 2023.

L’idée d’une tarification du carbone a été émise suite à la conférence de Paris sur le climat, fin 2015. Le principe est celui du pollueur-payeur qui, à terme, doit permettre de détourner le consommateur des carburants fossiles.

Pour 2021, le prix du carbone a été fixé à 20 euros la tonne. Il passera à 25 euros en 2022 et 30 euros en 2023. Calculé au niveau du litre de diesel, le surcoût sera donc de 5 centimes en 2021, de 7 centimes en 2022 et 9 centimes en 2023 (pour l’essence, comptez chaque année un centime de moins).

Le Statec a calculé que la baisse des ventes consécutive à cette mesure proviendrait, en premier lieu, du recul des ventes de diesel aux non-résidents.

Cette taxe CO2 devrait donc induire une diminution de 6% des émissions de gaz à effet de serre dès 2021, et de 11% à l’horizon 2023.

Effet neutre sur les finances

Si l’on regarde l’impact sur les finances de l’État, l’organisme responsable des statistiques n’y voit pas une source de profit. Les 100 à 120 millions que cette taxe devrait permettre d’engranger au cours de l’année prochaine seraient en effet annulés par trois phénomènes: la baisse globale des volumes de produits pétroliers, la baisse des volumes de tabac et le coût des mesures de compensation sociale.

Pour éviter un effet Gilets jaunes, l’État a en effet prévu différentes mesures pour atténuer cette taxe qui devrait faire augmenter le niveau d’inflation de 0,4%, mais ne sera pas prise en compte dans le calcul de l’indexation des salaires.

Les mesures prévues sont un supplément de crédit d’impôt. «L’impact sur les ménages modestes sera ainsi neutralisé et l’incidence fiscale sera progressive, ce qui signifie que l’impact de la taxe augmentera avec le niveau de vie», précise le Statec.