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Conjoncture

Le Statec révise la croissance à la hausse



Dans le cadre du Semestre européen, le Statec a mis à jour ses projections à moyen terme pour la période 2020-2024. (Photo: Shutterstock)

Dans le cadre du Semestre européen, le Statec a mis à jour ses projections à moyen terme pour la période 2020-2024. (Photo: Shutterstock)

Pour 2021, le Statec table sur une croissance de 4%, confortant ainsi ses prévisions de décembre. Et pour 2020, il est plus optimiste, en estimant la croissance non plus à -4,5%, mais à -1,3%.

Le scénario central est basé sur une reprise du PIB de la zone euro de 4,2% en 2021, et surtout de 4,9% en 2022. «L’activité économique redémarrerait pour de bon au milieu de l’année courante, les deux premiers trimestres étant encore marqués par des mesures de confinement plus ou moins sévères suivant les pays. Ces dernières devraient s’alléger au fur et à mesure que les personnes à risque seraient vaccinées et que l’arrivée de la belle saison freinerait la progression du virus. À l’horizon 2023/2024, l’activité de la zone euro ralentirait à nouveau, portant la croissance au rythme tendanciel de -1,5% par an», estime l’office de la statistique.

4% de croissance en 2021 et 2022

Pour le Luxembourg, ces hypothèses se traduiraient par une croissance du PIB en volume de 4% en 2021 et 2022, avant de ralentir également, vers 2,5% à 3% à moyen terme. «Le secteur financier pourrait profiter à très court terme du rebond de l’activité et du dynamisme relatif des marchés financiers. Les autres branches marchandes prendraient progressivement le relais, tandis que le secteur public verrait certes ses dépenses ralentir en 2021, mais son impact conjoncturel resterait globalement neutre» prévoit le Statec.

Du côté de l’emploi, les séquelles de la crise dureront longtemps. Fin 2024, le chômage tournerait autour de 7%, «les créations d’emplois ne permettant pas d’absorber les nouvelles entrées sur le marché du travail». L’inflation serait pour sa part contenue, même si elle sera stimulée par une nouvelle tranche indiciaire en 2022 et par la reprise économique, et s’établira à 2% en fin de période. Le coût salarial sera également contenu sur la période.

À côté de ce scénario central jugé «le plus probable», le Statec a élaboré deux scénarios alternatifs.

Perte d’activité définitive

Dans l’optimiste, les restrictions pesant sur certains secteurs à forte interaction physique commenceraient à être levées dès le deuxième trimestre 2021. Dans ce cas, le PIB de la zone euro rebondirait de quelque 8% en 2021, au lieu des 4,3% du scénario central. Pour le Luxembourg, cela se traduirait par une embellie conjoncturelle portant la hausse du PIB en volume à 7,0% et celle de l’emploi à 2,5%. À l’autre extrême, si la pandémie et les restrictions perdurent, sur 2021, l’activité pourrait baisser de -1% en zone euro. Il en résulterait une légère baisse de l’activité au Grand-Duché, de 0,5% environ, une quasi-stagnation de l’emploi et une plus forte hausse du chômage.

Au petit jeu des pronostics, le scénario central a une probabilité de réalisation de 55%, et le scénario pessimiste, de 15%. Dans ces deux hypothèses, le Statec estime que, malgré une phase de rattrapage, la perte d’activité ne sera probablement pas récupérée. «La croissance potentielle devrait avoir baissé suite à un impact durable de la crise sur le capital productif (repli des investissements, faillites accrues à venir) et le chômage.»