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Stampify, la future botte secrète du gouvernant



À la tête de Stampify, Guillaume de Vergnies est prêt pour la première version commerciale de sa solution. Big Four et cabinets d’avocats se bousculent dans un pays où le nombre de conseils d’administration dépasse celui des résidents… (Photo: Jan Hanrion / Maison Moderne)

À la tête de Stampify, Guillaume de Vergnies est prêt pour la première version commerciale de sa solution. Big Four et cabinets d’avocats se bousculent dans un pays où le nombre de conseils d’administration dépasse celui des résidents… (Photo: Jan Hanrion / Maison Moderne)

Le 5 octobre, Stampify lancera sa solution de gouvernance digitalisée appuyée sur de la blockchain. Simplicité, traçabilité, efficacité: la fintech de la Lhoft veut grandir vite avant la fin de l’année. Et directement en Europe.

Les nerfs sont posés sur chaque bureau. «Has been», les baby-foot ou les tables de ping-pong. Chez Stampify, hébergée à la Lhoft, la porte se ferme pour régler ses comptes en douceur, à coups de balles en mousse. Mais n’allez pas croire que l’équipe réunie autour de Guillaume de Vergnies s’amuse, l’ambiance est studieuse.

Moins d’un an après avoir montré publiquement son prototype lors d’un Fintech Friday de la Lhoft avec Apla Blockchain, Stampify s’apprête à lancer la première version de sa plateforme de gouvernance, qui s’appuie sur deux jambes: le contrôle et la direction de toute société.

L’histoire n’avait pas si bien commencé que cela. L’ancien consultant d’EY en Belgique et son partner in crime, Bernard Legros, ont cette bonne idée dès 2018: permettre de gouverner une société à distance. Mais ils se heurtent à trop de barrières réglementaires pour emmener le projet bien loin. Certains chantiers se débloquent: les deux hommes lèvent 90.000 euros, qui leur permettent de commencer à y travailler sérieusement, et Luxtrust signe un partenariat à partir d’un prototype.

Le ton change. «On imaginait que notre solution serait adoptée par les start-up ou des ONG. Les signes d’intérêt sont venus des Big Four, qui nous demandaient, tous les quatre, si notre solution était un service ou un logiciel. Les discussions sont toujours en cours, mais nous avons aussi reçu des marques d’intérêt de cabinets d’avocats», assure le cofondateur et CEO de l’entreprise.

Le Covid-19 passe par là.

«Nous voulions avoir un impact. Aider ceux que nous pouvions aider. Et puis, nous participons au concours du ministère de l’Économie ‘StartupsVsCovid19’, et nous sommes une des 15 start-up retenues, pour 100.000 euros. La seule qui a une solution sur la blockchain», explique-t-il. «Toute crise doit être vue comme des opportunités. Si tu n’en trouves pas, tu dois te réinventer. Accélérer ou pivoter.»

Ce jeudi, on apprenait que l’État a prolongé la possibilité de tenir des assemblées générales à distance . Stampify a une solution, appuyée sur la blockchain, qui ne conserve pas de données personnelles, mais qui permet, à distance, de participer au processus décisionnel en s’identifiant avec son token. «Il y a au Luxembourg plus de conseils d’administration que de résidents», s’amuse Guillaume de Vergnies, pour évoquer le marché de sa solution.

Et comme il veut voir la fintech croître très vite, le prix de lancement défiera toute concurrence, à 5 euros par mois et par administrateur. «Si nous sommes basés au Luxembourg, notre solution a vocation, par sa conception, à s’adresser directement à toute l’Europe. Je veux convaincre au moins 100 sociétés ou organisations avant la fin de l’année.» Et le CEO rêve déjà à voix haute d’autres projets, comme la digitalisation du registre des emprunts obligataires.