POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Réactions

Sortie de crise risquée selon la CGFP et l’ADR



Les fonctionnaires doivent avoir l’assurance de ne pas courir de risque de contamination en retournant travailler dans leur administration, avertit la CGFP. (Photo: Sebastien Goossens/Archives Maison Moderne)

Les fonctionnaires doivent avoir l’assurance de ne pas courir de risque de contamination en retournant travailler dans leur administration, avertit la CGFP. (Photo: Sebastien Goossens/Archives Maison Moderne)

Les premiers pas du gouvernement vers une stratégie de sortie de crise soulèvent des inquiétudes – méthodologiques pour l’ADR et sanitaires pour la CGFP.

Après  le LCGB mercredi , c’est au tour de l’ADR et de la CGFP d’exprimer leurs doutes quant à la stratégie de sortie de crise dont les réflexions ont été officiellement lancées par le gouvernement en vue d’un plan dévoilé mi-avril.

L’ADR s’inquiète surtout de la méthodologie de l’initiative Research Luxembourg . Celle-ci intègre des instituts de recherche publics, des laboratoires privés, mais aussi, et c’est ce que le parti réformateur estime «inacceptable», «une société privée de sondage», à savoir TNS Ilres, chargée de définir l’échantillon de la population qui sera testé pour identifier la part de personnes porteuses du coronavirus, avec ou sans symptômes. 

Le parti réformateur dénonce le danger pour la protection des données que représente cet échantillonnage, étant entendu qu’il faudra avoir accès à des données médicales personnelles pour rendre l’échantillon effectivement représentatif. «En outre, la procédure ne prévoit aucune information des personnes et ne leur offre aucune possibilité de donner ou non leur accord. Alors qu’ils risquent d’être identifiés comme un facteur de propagation du coronavirus.»

L’ADR aurait préféré que le ministère de la Santé prenne en charge l’échantillonnage nécessaire à l’étude plutôt qu’une société privée. «Le communiqué de Research Luxembourg ne mentionne pas l’origine des données pour établir la sélection ni ce que l’institut de sondage fera ensuite de ces données», souligne le parti, qui appelle à «plus de transparence». «C’est à l’État et au secteur de la santé de mener de telles études avec toutes les garanties propres à l’État de droit!», conclut-il.

Des décisions hâtives et peu réfléchies pourraient avoir des conséquences dévastatrices à très court terme.

CGFP

De son côté, la CGFP ne se préoccupe pas tant des modalités de l’étude que des modalités de la sortie de crise. «La santé des citoyens doit absolument rester la priorité dans toutes les réflexions au sujet d’un relâchement des mesures» prises dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. «Des décisions hâtives et peu réfléchies pourraient avoir des conséquences dévastatrices à très court terme.» Alors que les acteurs économiques appellent de leur côté à une sortie de crise avancée – mais contrôlée .

Le syndicat réclame ainsi des «instructions claires adressées aux agents de l’État sur la façon dont ils doivent se comporter pour éviter d’être contaminés». Notamment la mise en place du concept de distanciation sociale également dans les écoles, les administrations et les installations publiques. Ce qui implique des aménagements spécifiques et aussi que «suffisamment de masques et de gel désinfectant soient mis à disposition quotidiennement».

La CGFP estime encore que certains fonctionnaires ne devraient pas retourner à leur bureau dans un premier temps, «par exemple en raison de leur âge ou de leur caractère à risque du fait de certaines pathologies», et bénéficier d’une dispense de service.

Le syndicat revendique la présence de la Chambre des fonctionnaires et employés publics parmi les chambres professionnelles que le gouvernement veut consulter dans sa gestion de la crise. Sachant que «les représentants de sociétés de consultance ont été inclus dans l’élaboration de la stratégie de sortie de crise sans prendre en compte les conseils et opinions des représentants des travailleurs», déplore-t-elle.