LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Bien-être & Sport

Enjeux – Wellness

Les six tendances fortes du secteur



Une trentaine de professeurs de yoga exerce actuellement au Luxembourg et dispense des cours à des adeptes toujours plus nombreux.  (Photo: Shutterstock)

Une trentaine de professeurs de yoga exerce actuellement au Luxembourg et dispense des cours à des adeptes toujours plus nombreux. (Photo: Shutterstock)

Prendre soin de soi et de ses proches semble plus que jamais dans l’air du temps. Dans les différents segments d’activités liées au wellness, des tendances émergent ces derniers temps, souvent influencées par la pandémie de Covid-19.

Prévention & médecine spécialisée: tout le monde dehors!

Avec un risque moindre de contagion, les sentiers autopédestres ont fait le plein de marcheurs pendant la pandémie. Du côté de la Fédération luxembourgeoise des associations de sport de santé, les activités de plein air représentent pour 2021 le segment le plus suivi. L’organisation qui regroupe une dizaine d’associations proposant des activités physiques pour des personnes atteintes de maladie chronique souligne aussi un regain d’intérêt pour les activités aquatiques. Sans pour autant que le niveau revienne à celui de 2019. La crainte de reprendre des cours en groupe et l’habitude prise de pratiquer une activité chez soi peuvent expliquer en partie ce phénomène.

Soins de la personne et beauté: vers une spécialisation

Microneedling pour renouveler la peau, appareils à oxygène pour la rajeunir ou peelings aux acides de fruits… l’heure est aux soins spécialisés. C’est le constat d’ Alexa Ballmann , patronne de trois instituts de beauté: «Depuis la pandémie de Covid, nous constatons aussi une forte demande pour les massages, les gens ont vraiment envie de prendre soin d’eux.» Les instituts situés au sein de piscines et d’espaces de wellness en sont les principaux bénéficiaires. La demande est par ailleurs très forte en faux cils, faux ongles ou encore maquillage permanent. Des prestations influencées par les réseaux sociaux et aujourd’hui fournies dans des «beauty bars» et non plus uniquement dans les instituts qui évoluent en investissant en machines et soins poussés.

Alimentation et nutrition: une faim de questions

«De plus en plus de patients viennent consulter sans être poussés par un professionnel de la santé», observe Myriam Rochdi, diététicienne-nutritionniste agréée à Luxembourg. Entre les problèmes de surpoids induits par le manque d’activités durant le confinement et l’impact de l’alimentation sur de nombreuses pathologies, les questions ne manquent pas. «Je ressens une certaine prise de conscience», ajoute la membre du conseil d’administration de l’ANDL. Si certains régimes alimentaires font parler d’eux comme le sans gluten, sans lactose ou végane, la professionnelle remarque plutôt l’amplification du flexitarisme. Les troubles du comportement alimentaire sont également davantage fréquents, parfois en lien avec des crises d’angoisse. Le regain d’intérêt pour la diététique pousse parfois certains patients à opter pour l’automédication, en achetant des compléments alimentaires. «Ce n’est pas toujours indiqué: un excès de compléments alimentaire peut faire plus de mal que de bien», avertit la professionnelle.

Depuis la pandémie de Covid, nous constatons aussi une forte demande pour les massages, les gens ont vraiment envie de prendre soin d’eux.
Alexa Ballmann

Alexa Ballmann,  Directrice ,  Instituts Alexa Ballmann

Bien-être mental: une visibilité accrue

Longtemps occulté, le sujet du bien-être mental a gagné du terrain ces derniers mois sur fond de crise sanitaire et de ses conséquences. «Tout ce qui était latent a explosé, en plus la distance par rapport à une routine habituelle a pu mettre en exergue des manques ou des souffrances», observe Anne-Claire Delval . La sophrologue et conférencière intervient notamment en entreprise, où «il y a eu énormément d’épuisement au travail, même chez ceux dont l’environnement professionnel était agréable et/ou pour lesquels les barrières technologiques au nouveau mode de travail étaient moindres.» Dans un contexte où de nombreuses questions restent sans réponse, où la prévisibilité n’a jamais été aussi délicate et où une atmosphère d’inquiétude générale gagne du terrain, les plus jeunes aussi se retrouvent déroutés. «Beaucoup de jeunes ont sombré dans des formes un peu dépressive ou oisive, mais d’autres ont choisi de faire autre chose, de créer et de s’impliquer dans des thématiques comme la protection de l’environnement.»

Sport à domicile: ils tournent le dos aux salles de fitness

Le confinement du printemps 2020 a forcé les salles de fitness à la fermeture, laissant les membres sans aucune autre alternative que des solutions d’exercices en plein air ou à domicile, à l’aide de tutoriels vidéo. «De plus en plus de personnes n’aiment pas aller dans des centres de fitness, mais la crise sanitaire a accentué cela», observe Jérémie Heriaud, responsable du marketing et de la communication chez Freelander’s. Pour l’enseigne spécialisée dans la vente d’équipements, le sport à domicile s’inscrit dans une mouvance anti-Covid de recherche de mieux manger et mieux s’entraîner. Pendant le confinement, le commerce a vu le trafic de son site web être multiplié par dix, avec un intérêt marqué des clients pour des haltères et des accessoires tels que les tapis de yoga, les ballons d’exercice et les blackrolls. Outre ces équipements peu encombrants et aux usages variés, l’enseigne observe un attrait accentué pour les appareils de fitness.

Yoga: une activité prisée au Luxembourg

Chercher un meilleur équilibre dans sa vie et sentir plus facilement ce qui est juste pour soi et ce qui ne l’est pas: voilà les principaux bienfaits du yoga selon Perla Ghidale, secrétaire de la Fédération nationale des écoles luxembourgeoises de yoga. Forte d’une trentaine de professeurs, l’organisation observe ces dernières années un gonflement de l’offre en cours, à qualité variable tant la Fédération locale considère comme professeur les personnes ayant suivi 500 heures de formation en quatre ans quand d’autres organismes promettent un diplôme après trois mois et 200 heures de cours. «Le yoga s’est un peu transformé en un produit de consommation», admet notre interlocutrice. Accessoires et vêtements de yoga pullulent dans les commerces. «À mes yeux, le minimum à avoir est un bon tapis de yoga avec une surface antidérapante. En fonction de l’âge de la personne, il peut être intéressant d’avoir une assise». Quant aux leggings et autres brassières, ils sont déconseillés tant «il importe d’être à l’aise, des tenues amples sont idéales pour faciliter la respiration».

Cet article a été rédigé pour l’édition magazine de Paperjam du mois de mars 2022 parue le 23 février 2022. Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine. Il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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