ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Hausse des prix de l’énergie

Les sidérurgistes réduisent la cadence de production



Annuellement, ArcelorMittal consomme environ 900GWh.  (Photo: Matic Zorman)

Annuellement, ArcelorMittal consomme environ 900GWh.  (Photo: Matic Zorman)

ArcelorMittal a décidé d’interrompre la production d’acier de certains sites aux heures de pointe pour tenter de réduire sa facture énergétique. 

L’industrie sidérurgique est un important consommateur d’électricité. Avec la flambée des prix de l’énergie, les grands groupes sidérurgistes sont occupés à mettre en place des mesures pour limiter l’augmentation des coûts en interrompant temporairement certaines lignes de production.

C’est le cas d’ArcelorMittal, qui a choisi cette solution, notamment pour ses sites produisant des produits longs. Le géant de l’acier a procédé à l’interruption de la production de certains sites afin d’éviter de consommer de l’électricité pendant certaines heures de pointe. Interrogé sur la question, ArcelorMittal a indiqué «avoir effectivement mis en œuvre des fermetures courtes et sélectives de certains de ses fours électriques à arc (EAF) en Europe, en réponse aux prix élevés de l’énergie qui rendent très difficile la production d’acier à des coûts économiques. Cette décision fait l’objet d’un examen constant, au fur et à mesure que nous analysons les prévisions à court terme des prix de l’électricité.»

Une stratégie qui touche essentiellement les sites de production de produits longs en Europe.

Une hausse de 50 euros par tonne

Au Luxembourg, ArcelorMittal consomme de l’électricité pour faire fonctionner des fours électriques à Belval et Differdange. Le gaz naturel est utilisé pour faire fonctionner les fours de réchauffage des laminoirs à Belval (Train 2 et TMB), Differdange (Train Grey) et Rodange. En tout, la consommation annuelle d’ArcelorMittal est d’environ 900GWh/an.

Le sidérurgiste n’a pas donné de détails sur les cadences de productivité de ses sites luxembourgeois. ArcelorMittal a tout de même précisé que «les prix de l’énergie, comme toutes les matières premières, ont un effet direct sur nos coûts de production». «Une hausse de nos prix de vente est répercutée de façon temporaire et répond principalement à cette hausse record des prix de l’énergie», a expliqué la communication du groupe sidérurgique qui emploie 3.660 personnes. «La hausse des prix de nos aciers due au renchérissement des prix de l’énergie qui est répercutée actuellement est de 50 euros par tonne», a-t-on encore expliqué.

Mais, selon nos informations, et pour le moment, les sites luxembourgeois ne sont pas touchés par cette stratégie mise en place pour réduire le coût de la facture énergétique.

Un surcoût d’un milliard d’euros en France

En Espagne, le sidérurgiste Sidenor a déjà annoncé suspendre la production de son usine de Basauri jusqu’au 30 décembre prochain en raison du coût exorbitant de l’électricité, réduisant ainsi sa production de 30%.

En septembre dernier, British Steel avait déjà lancé un cri d’alarme sur la flambée du prix de l’électricité au Royaume-Uni. Aux Pays-Bas, plusieurs industriels, comme Nyrstar, qui produit du zinc, ont interrompu la production en heure de pointe.

En France, depuis le mois de septembre, l’industrie gourmande en électricité s’alarme du surcoût de la flambée des prix sur le marché de gros de l’énergie. L’Union des industries utilisatrices d’énergie (Uniden) a d’ailleurs estimé à un milliard d’euros le surcoût pour l’approvisionnement de ses membres sur l’année 2022, soit une augmentation d’un tiers de leur facture d’électricité.