POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Énergies

Mazout, gaz, carburants… les prix flambent



Pour se chauffer, le mazout reste encore utilisé par 20,25% des ménages du pays (sur un total d’environ 265.000), soit 54.218 ménages, selon les derniers chiffres du Statec. (Photo: Shutterstock)

Pour se chauffer, le mazout reste encore utilisé par 20,25% des ménages du pays (sur un total d’environ 265.000), soit 54.218 ménages, selon les derniers chiffres du Statec. (Photo: Shutterstock)

Au Luxembourg, un peu plus de 144.000 ménages se chauffent au gaz ou au mazout en hiver. Deux énergies dont les prix flambent, ce qui laisse craindre une facture beaucoup plus lourde, notamment pour les foyers les plus précaires.

En analysant l’évolution des prix du mazout affichés par un fournisseur comme TotalEnergies au Luxembourg, on peut constater qu’entre le 1er janvier et le 9 octobre 2021, le prix d’un litre de mazout a augmenté de 34,3%. Au 9 octobre dernier, il fallait débourser 0,7781 euro (toutes taxes comprises) pour un litre de mazout, soit 0,2531 euro de plus qu’en début d’année. Notons qu’au Luxembourg, le prix des carburants est le même chez tous les fournisseurs.

Le 10 octobre 2020, le litre de gasoil domestique était annoncé à 0,3890 euro, alors que le 12 octobre 2019, avant la crise sanitaire, il fallait débourser 0,629 euro pour un litre. En sachant que les ménages se font livrer en moyenne 1.500 litres, on peut facilement constater que se chauffer coûtera beaucoup plus cher cet hiver. Par rapport à 2019, et en espérant connaître un hiver identique en termes de températures clémentes, un ménage dépensera donc 114 euros de plus pour 1.500 litres en mazout. Et près de 270 euros de plus par rapport à l’année dernière.

Le mazout est encore utilisé par 20,25% des ménages du pays (sur un total d’environ 265.000) pour se chauffer, soit 54.218 ménages, selon les derniers chiffres en possession du Statec. Et pour être totalement précis, il faut ajouter qu’il peut y avoir une légère différence avec la réalité, dans la mesure où un ménage ne prévient pas toujours l’administration lorsqu’il décide de changer de moyen de chauffage.

Pour autant, le mazout est de moins en moins utilisé par les ménages. En 2008, ils étaient encore 42,65% à en brûler pour chauffer leur domicile. La raison de cette tendance est surtout liée aux récentes normes de construction favorisant les énergies renouvelables et les constructions passives.

Selon TotalEnergies, le mazout est un marché majoritairement pour particuliers, mais encore beaucoup d’entreprises l’utilisent pour se chauffer. Au Luxembourg, selon les douanes et accises, le marché du gasoil de chauffage oscille autour des 200.000m³/an.

Entre 25% et 32% d’augmentation sur la facture de gaz

Selon les données d’Enovos, qui a 30% des parts de marché de la fourniture de gaz au Luxembourg, un client domestique standard consomme 2.700mde gaz par an, essentiellement pour se chauffer. Au 1er janvier dernier, il fallait débourser environ 1.500 euros pour cette consommation, soit 0,53 euro du mètre cube. Actuellement pour la même quantité, le mètre cube consommé est à 0,7 euro, soit une augmentation de 32%.

«La facture du client prend cependant en compte la variation des prix et également la variation de la consommation au cours d’une année. Cette pondération permet d’amortir davantage l’augmentation des prix actuelle. Ainsi, par rapport à la facture 2020, la facture finale 2021 ne devrait augmenter que de 25%», a récemment précisé Enovos.

Au Luxembourg, environ 90.000 ménages (sur 265.000) consomment du gaz naturel pour se chauffer, soit 40% du gaz naturel importé. Environ 15% du gaz naturel est consommé par des entreprises comme des commerces pour se chauffer.

Les prix de l’essence et du diesel bondissent

Depuis le début de l’année, le prix d’un litre de diesel à la pompe a augmenté de 31,42%. Dans le détail, c’est une augmentation de 0,329 euro par litre, passant de 1,0470 euro le litre à 1,3760 euro actuellement. En comparaison annuelle, ce même litre de carburant a augmenté de 47,17% par rapport à octobre 2020, et de 22,86% par rapport à octobre 2019.

La tendance est la même au niveau de l’essence. Affiché actuellement à 1,426 euro le litre à la pompe, le litre d’essence a augmenté de 26,31% depuis le début de l’année, et de 29,75% par rapport à la même date l’année dernière. Par rapport à octobre 2019, l’essence 95 a augmenté de 19,83%.

L’OGBL veut protéger les ménages

Outre changer radicalement sa consommation d’énergie en optant pour une rénovation énergétique complète de son logement en plus de se déplacer en véhicule électrique, des solutions pour réduire la facture énergétique des ménages existent.

Certains pays ont pris des mesures pour aider les ménages financièrement fragiles à faire face à la flambée des prix de l’énergie. En France, le Premier ministre Jean Castex a décidé de mettre en place un «bouclier tarifaire» visant à plafonner la hausse du prix du gaz, et donc de l’électricité, à 4%, contre 12% prévue en février prochain. Il y a quelques jours, la France a également annoncé un coup de pouce en faveur de 5,8 millions de personnes pouvant bénéficier d’un chèque énergie de 100 euros. Idem en Belgique, avec un chèque énergie de 80 euros pour les consommateurs les moins nantis.

Au Luxembourg, Claude Turmes (déi Gréng) s’est dit favorable à une action très ciblée du gouvernement, mais pour le moment aucune annonce n’a été faite.

L’OGBL a proposé d’adapter en urgence l’allocation de vie chère pour aider les ménages précaires. «C’est le moment de revaloriser de façon conséquente l’allocation de vie chère. En 2020, le gouvernement avait décidé de doubler le montant de l’allocation en raison de la crise sanitaire. Puis, pour 2021, le gouvernement avait choisi de ne pas poursuivre cette hausse de 100%, mais de prévoir une hausse de 10% par rapport au montant de 2019», a indiqué le syndicat. Ce dernier a également demandé, entre autres, «la mise en place d’un mécanisme d’adaptation régulière de l’allocation de vie chère au coût de la vie» et «l’adaptation automatique des crédits d’impôt compensant partiellement l’impact social de la taxe CO2 avec chaque nouvelle hausse de la taxe» et même «la suspension de l’augmentation prévue de la taxe CO2 au 1er janvier 2022».