PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Table ronde Microlux

La rage d’entreprendre assouvie par le microcrédit



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La table ronde organisée par Microlux a mis en avant l’expérience de micro-entrepreneurs. (Photo: BEI/WILI)

L’entrée du FEI au capital de Microlux a été l’occasion d’une table ronde entre les premiers entrepreneurs soutenus par la société de microcrédit et ses principaux actionnaires financiers.

Depuis ce jeudi 26 septembre, la jeune société luxembourgeoise de microcrédit Microlux compte un actionnaire de poids supplémentaire. Le Fonds européen d’investissement, qui la soutenait déjà sous la forme de garanties aux crédits qu’elle octroie, a signé son entrée dans le capital avec une participation de 500.000 euros.

À l’occasion de cette cérémonie de signature, en soirée dans les locaux de la Banque européenne d’investissement, Microlux a organisé une première table ronde entre trois de ses clients – des entrepreneurs qui ne parviennent pas à trouver de financement à leur projet par le circuit classique des banques – et ses principaux actionnaires financiers, BGL BNP Paribas et le Groupe Foyer.

Un partage d’expériences qui, plus que le parcours du combattant de ces micro-entrepreneurs, a surtout montré leur volonté de créer et d’avancer.

Témoignages

Il y a un an, Linda Ghezali, esthéticienne, a créé à Luxembourg L’Atelier du sourcil. Un vrai succès: elle a déjà engagé deux personnes et vient de rentrer un dossier à l’Adem pour un troisième recrutement. «Rien que le fait de créer quelque chose, ça vous booste, ça donne l’envie d’avancer», témoigne-t-elle.

Rihad Taha a, lui, quitté la Syrie en 2013. Il y détenait une société IT employant plus de 20 personnes. Arrivé au Luxembourg, sa flamme entrepreneuriale a vite été ravivée et il a mis sur pied Techno-Tick, un magasin de réparation de matériel de téléphonie.

Rien que le fait de créer quelque chose, ça vous booste.

Linda Ghezali,  gérante,  L'Atelier du sourcil

«Je voulais mettre sur pied un business pour ma propre satisfaction, mais aussi pour apporter quelque chose à la société qui m’accueille», explique-t-il. Il ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. Il envisage désormais la création d’un centre de loisirs basé sur la réalité virtuelle et cherche de nouveaux financements.

Venu de Serbie en 1999, Denisa Zeyen a monté une première société d’accessoires de mode qu’elle a dû fermer et est partie en France. De retour au Luxembourg, elle reprend l’idée avec le soutien financier de Microlux et vient de créer la boutique Mamouth. «Je le fais pour ma famille et les gens qui ont cru en moi», explique-t-elle.

Des entreprises comme la nôtre ont une grande responsabilité à travailler sur l’impact social et les inégalités.
Geoffroy Bazin

Geoffroy Bazin,  CEO,  BGL BNP Paribas

Face à ces entrepreneurs d’un nouveau type, Geoffroy Bazin , CEO de BGL BNP Paribas, et Marc Lauer , CEO de Foyer, se disent à la fois admiratifs et fiers d’avoir pu participer au projet depuis son lancement, il y a trois ans.

«Des entreprises comme la nôtre ont une grande responsabilité à travailler sur l’impact social et les inégalités», insiste Geoffroy Bazin.

Un Foyer Microfinance Award

Convaincu qu’un groupe comme Foyer doit aussi rendre après avoir beaucoup reçu, Marc Lauer a annoncé le lancement, dès cette année, d’un Foyer Microfinance Award. Les entrepreneurs soutenus par Microlux viendront se présenter et le personnel de Foyer votera pour celui qu’il préfère. «Le vainqueur recevra un soutien de notre part au cours de l’année suivante», a précisé Marc Lauer.

Un coup de pouce en or pour des «start-up» travaillant en marge, mais avec la même volonté de réussir.