ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Hygiène, sécurité, réapprovisionnement

Quatre supermarchés, une seule et même ambiance



Dans les supermarchés, l’heure est à la mise en place de gestes qui semblent anodins en période normale. Pour le bien-être de tous. (Photo: Paperjam)

Dans les supermarchés, l’heure est à la mise en place de gestes qui semblent anodins en période normale. Pour le bien-être de tous. (Photo: Paperjam)

Les clients s’approvisionnaient dans le calme et la discipline, mercredi après-midi. Ambiance dans quatre supermarchés où tout était en ordre: consignes d’hygiène et de distance respectées, renforcement de la sécurité et la plupart des rayons remplis.

Le calme était revenu dans les supermarchés du pays, mercredi après-midi, après le rush du week-end et les scènes de nervosité.

À part les rayons de pâtes à peu près vides dans les quatre enseignes visitées, signe que les stocks de cette denrée sont relatifs, il y a de tout, produits frais, fruits, légumes, viande et poisson ou produits utiles, que ce soit le papier-toilette ou les produits nettoyants. Il est impossible de trouver du gel hydroalcoolique et des gants en latex, chez ceux qui en avaient.

À Dudelange, chez Match, les consignes sont claires et affichées sur toutes les portes de l’entrée aux barrières métalliques.

Le cordonnier est fermé, Les Délices de mon moulin ont mis les chaises sur les tables et des panneaux pour dire qu’ils ne servaient pas en salle, mais les pâtisseries et produits de boulangerie remplissent la vitrine.

À part les pâtes, les autres rayons étaient correctement ravitaillés. (Photo: Paperjam)

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Isabelle (en rouge) et Consuela (en vert), masque sur le nez pour servir les clients et préparer les rayons. (Photo: Paperjam)

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L’affluence du week-end a obligé à mettre des signes au sol pour matérialiser la distance entre deux clients. (Photo: Shutterstock)

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Les Délices de mon moulin ont mis les chaises sur les tables. Pour dire que le service en salle était fermé. (Photo: Shutterstock)

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Une fois les barrières passées, Consuela, masque sur le nez et gants en latex, désigne les signes au sol qui montrent comment respecter les consignes de sécurité. Sa collègue Isabelle, masquée elle aussi, ajuste les sachets de légumes dans une vitrine. «Vous auriez dû voir ce week-end, c’était la folie!», dit-elle sans s’interrompre dans son travail. «Là, on a eu du monde ce matin, mais ça va!»

Les gens sont complètement fous! Avec les enfants, j’ai toujours à peu près tout chez moi. Je ne suis venue ici qu’en vitesse pour prendre ce qui me manque.

Anna,  Mère de trois enfants

Il y a peu de clients et encore moins de clients qui se sont équipés pour ne prendre aucun risque. Sauf Anna, mère de trois enfants et vêtue comme une cosmonaute prête à partir sur la Lune.

«Moi, je ne suis pas venue le week-end. Les gens sont complètement fous! Avec les enfants, j’ai toujours à peu près tout chez moi. Je ne suis venue ici qu’en vitesse pour prendre ce qui me manque. Et je ne veux pas prendre le risque d’être contaminée ni de contaminer quelqu’un. Vous vous rendez compte, les enfants, les parents, les personnes âgées!» Panier au bras, elle repart vite vers les produits ménagers.

Le gant en latex, incontournable

À la Cloche d’Or, chez Auchan, règne une ambiance aussi feutrée. À l’entrée, un agent de sécurité se tient droit comme un «i» derrière un pupitre avec une zone noire de sécurité, dessinée au scotch, devant lui. «Nous n’avons ni masque ni gants», explique-t-il, «alors nous restons à distance. C’est tellement difficile d’en trouver!»

Les gants, plus qu’un accessoire de mode. Un moyen de se protéger. (Photo: Paperjam)

Vu la taille du supermarché, les clients se croisent à peine. Partout, la même sensation. Les regards se fuient, les gestes éloignent de quelqu’un d’autre. À la différence du premier magasin, tout le monde ou presque a ses gants. «Je ne veux rien toucher avant de revenir à ma voiture», dit une élégante dame qui pousse son caddie.

Le paiement uniquement par carte

À Hesperange, Delhaize n’a pas pris les mêmes précautions avec son agent de sécurité, qui accueille et guide les gens. Mais tout le reste est strictement encadré. Une porte pour entrer et une porte pour sortir. Personne ne rentre sans accepter de payer avec une carte de crédit. La zone dans laquelle on peut soi-même scanner ses produits et payer est fermée, pour que personne ne touche les pistolets.

Seules les cartes de crédit peuvent servir comme moyen de paiement, histoire de limiter les échanges potentiels de microbes. (Photo: Paperjam)

Le magasin compte plus d’employés occupés à remplir ou à ordonner les rayons que de clients. Là encore, rien d’autre ne manque mis à part ces produits qui font la une depuis une petite semaine.

À la caisse, un employé qui demande conseil à une collègue a l’air inquiet. Il enregistre les produits, le client est invité à approcher lui-même sa carte pour le paiement sans contact ou à taper son code. Il n’y a ni échange de monnaie ni reprise de bons, dont la durée de vie est prolongée.

À Bonnevoie, au Cactus du quartier, un employé filtre et compte les clients qui entrent. Une queue s’est alignée sur le côté, respectant presque les distances de sécurité.

Un employé filtre les entrées, pour maintenir un nombre de clients toujours identique et leur permettre d’être accueillis sans risque pour eux ni pour le personnel. (Photo: Paperjam)

Et partout, ces gestes, anodins en temps normal, interpellent: appuyer sur le bouton pour avoir un ticket de parking, mettre un jeton et poser les mains sur le chariot, taper son code quand le «sans contact» est capricieux sont-ils dangereux? Les experts sont divisés.

Lors de sa conférence de presse de mercredi soir, le Premier ministre  Xavier Bettel  (DP) exhortait les clients à faire preuve de solidarité envers les autres clients, mais surtout envers le personnel des supermarchés qui œuvre au cœur de cette crise sanitaire. «Le but n’est pas de créer une filiale d’un supermarché à la maison», lançait-il. Après la peur panique, doit venir le temps de la raison.