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pandémie

145€ d’amende en cas de déplacement non essentiel



Le Premier ministre a renouvelé sa demande de rester à son domicile et de limiter ses déplacements. (Photo: Capture d’écran)

Le Premier ministre a renouvelé sa demande de rester à son domicile et de limiter ses déplacements. (Photo: Capture d’écran)

Le Premier ministre Xavier Bettel (DP) a confirmé, mercredi soir, que l’état de crise était officiellement déclaré au Luxembourg. Un nouvel appel a été lancé pour que les résidents restent chez eux, sous peine de sanction en cas de déplacement non essentiel.

Le Luxembourg est officiellement en état de crise , a indiqué le Premier ministre Xavier Bettel , mercredi soir. Signé par le Grand-Duc , le règlement doit être confirmé dans les 10 jours par la Chambre des députés, avec au moins deux tiers des députés en sa faveur.

D’une durée de trois mois, strictement encadré, l’état de crise doit permettre au gouvernement de légiférer vite dans le cadre de la pandémie de coronavirus.

Prendre l’air, oui, mais pas en groupe

Le Premier ministre a aussi lancé un nouvel appel aux résidents afin que ceux-ci restent chez eux. Les déplacements hors de son domicile sont donc limités, en vertu d’une loi de 1885. Évidemment, quelques exceptions sont autorisées: cas de force majeure, achat de médicaments ou de biens de consommation alimentaires, urgence médicale, aide à apporter à un tiers...

«On ne peut totalement interdire tous les déplacements», a encore dit Xavier Bettel. «Il faut en effet que certains services se poursuivent, que certaines activités essentielles puissent avoir lieu, notamment au niveau de l’État, mais aussi dans les commerces d’alimentation. Aucun pays n’a pris une interdiction totale, ni l’Italie, ni l’Espagne.» Prendre l’air reste donc possible, si on respecte les conditions minimales de vigilance, dont une distance de 2 mètres.

Appel est fait au sens des responsabilités de chacun. «Il ne faudra donc pas une attestation pour circuler.»

«Ce qu’on ne veut pas, ce sont des groupes de personnes», a martelé le Premier ministre. Qui assure que la police veillera au respect des recommandations sanitaires. Une amende de 145 euros pourra frapper ceux qui ne s’y conforment pas. Tandis qu’un commerce qui viendrait à ouvrir pourrait être sanctionné à hauteur de plusieurs milliers d’euros.

Le détail des sanctions sera donné ce jeudi par le ministre de la Sécurité intérieure et vice-Premier ministre François Bausch (Déi Gréng), avec, notamment, à ses côtés,  Martine Solovieff , procureur général d’État, et Philippe Schrantz, directeur général de la police.

Les magasins approvisionnés

Toujours au cours de cette conférence de presse, Xavier Bettel a répété que les magasins d’alimentation seraient approvisionnés. Il est donc inutile de stocker chez soi des quantités importantes, faisant courir le risque de priver de l’essentiel ceux qui ne peuvent faire leurs achats qu’en soirée.  Des mesures pour protéger le personnel des différentes enseignes seront prises en accord avec la Confédération du commerce.

Le Premier ministre a encore confirmé que les frontières restaient ouvertes avec la France et la Belgique, pour le moment. Mais que des formulaires destinés aux frontaliers dont la présence sur leur lieu de travail est indispensable avaient été mis en ligne.

Le spectre de la réquisition du personnel de santé

Dans le secteur des soins de santé, notamment, la présence des travailleurs frontaliers est vitale. Or, en France, la perspective d’une réquisition du personnel soignant est évoquée, notamment dans la région Grand Est. Le personnel travaillant au Luxembourg mais résidant en France devrait s’y plier. «Je pense que la France sait ce que cela signifierait pour le Luxembourg: un effondrement de notre système. Je ne pense pas qu’à notre époque, dans cette situation, on puisse se dire que l’on va laisser mourir son voisin, ce n’est pas possible», a réagi Xavier Bettel.

Quant au coût de la crise, il n’est pas quantifiable actuellement. «Mais la vie humaine passe avant tout. Peut-être qu’à un moment, je vais devoir dire à des membres du gouvernement que l’on ne pourra pas faire telle ou telle chose, ou qu’on a besoin d’un plan Marshall à la sauce luxembourgeoise.»