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Fiscalité

Des élus du Grand Est plaident pour 47 jours de télétravail



Les télétravailleurs français peuvent actuellement prester 29 jours hors de leur pays de résidence. (Photo: Shutterstock)

Les télétravailleurs français peuvent actuellement prester 29 jours hors de leur pays de résidence. (Photo: Shutterstock)

Dix-neuf personnalités politiques de l’est de la France plaident pour 47 jours de télétravail pour les frontaliers auprès du ministre de l’Économie français, Bruno Le Maire.

L’eurodéputée française Nathalie Colin-Oesterlé, également conseillère municipale et métropolitaine de Metz, a envoyé une lettre au ministre de l’Économie français, Bruno Le Maire, afin de plaider pour une convention fiscale avec le Luxembourg permettant de télétravailler 47 jours sans conséquence fiscale.

Signée par 19 personnalités politiques de l’est de la France, dont Pierre Cuny, président de la Communauté d’agglomération Portes de France-Thionville, maire de Thionville et conseiller départemental, ou encore Jean Rottner, président de la Région Grand Est et adjoint au maire de Mulhouse, cette lettre est un pas de plus vers une demande qui se fait de plus en plus entendre de la part des frontaliers.

Le calcul de l’eurodéputée est simple: elle envisage 1 jour de télétravail par semaine sur 52 semaines, moins les 5 semaines de congé. Soit 47 semaines, et donc 47 jours par an. Actuellement, les télétravailleurs français peuvent prester 29 jours hors de leur pays de résidence.

Pour les signataires de cette lettre, les avantages sont nombreux. Cet allongement de la durée maximale de télétravail apporterait en effet une «réponse partielle, immédiate et concrète aux milliers de frontaliers qui subissent des problèmes criants de mobilité», en plus de «de limiter la pollution atmosphérique liée à l’usage de l’automobile sur nos territoires». Il permettrait également de «tirer pleinement profit de l’évolution des méthodes de travail qu’a engendrée la crise sanitaire» ou encore de «poursuivre la politique de codéveloppement et de cofinancement de projets frontaliers menée par nos deux pays, de manière à lever un maximum de blocages que vivent au quotidien les plus de 100.000 frontaliers français travaillant au Luxembourg. À cet égard, il serait pertinent d’envisager une neutralisation de la fiscalité prélevée sur le télétravail afin de financer ces projets», selon les signataires.

Pour rappel, la Belgique et le Luxembourg ont convenu d’augmenter la période de télétravail sans changement fiscal à 34 jours à partir du 1er janvier prochain (contre 24 jours avant la crise sanitaire).

350 millions d’euros perdus par an

Du côté luxembourgeois, le patronat et l’horeca ne sont pas vraiment favorables à un allongement de la durée du télétravail. Outre la difficulté de gérer la pratique pour certaines activités professionnelles ou encore l’inégalité entre les métiers permettant de télétravailler et ceux ne le permettant pas, la question de l’impact local se pose.

En avril dernier, le CES avait d’ailleurs estimé qu’un télétravailleur faisait perdre 40 euros par jour à l’économie luxembourgeoise, 25 en hôtellerie et restauration, et 15 pour les autres dépenses. Soit 350 millions d’euros par an sur la base d’un jour par an et au moins 2.000 emplois en moins.