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Plus de télétravail et donc moins de pneus à changer



Le changement de pneus se fait en ce moment. Sauf pour quelques frontaliers qui n’utilisent plus la voiture au Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Le changement de pneus se fait en ce moment. Sauf pour quelques frontaliers qui n’utilisent plus la voiture au Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Les rendez-vous pour faire équiper sa voiture en pneus hiver s’enchaînent en ce moment dans les garages du Luxembourg. Mais un peu moins que d’habitude pour certains, et notamment en grande partie à cause du télétravail.

Les températures baissent , les routes glissent parfois… et le temps des pneus hiver arrive. Ces derniers sont obligatoires au Luxembourg dès qu’on entre dans des «conditions hivernales», c’est-à-dire en cas de neige ou de verglas. L’obligation ne dépend donc pas d’une période fixe de l’année, mais de la météo. 

La police  conseille tout de même de les changer dès que les températures passent sous la barre des 7 degrés.

En ce moment, les réservations se multiplient donc dans les garages du pays. Même si pour certains, les volumes de travail sont légèrement inférieurs aux années précédentes.

Parfois en pneus hiver… toute l’année

C’est le cas chez Delta-Pneus, qui constate une baisse de 15 à 20% des changements de pneus cette année. «Le phénomène est cumulatif», explique Miguel Santos, administrateur délégué. «Le télétravail et le confinement au printemps ont fait qu’une partie des gens sont restés en pneus hiver toute l’année.»

Le garage La Macchina à Luxembourg-ville, qui n’est pas spécialisé dans les pneus, mais plutôt dans la mécanique, voit quand même «un petit peu moins de monde que d’habitude» pour le changement d’hiver. Pareil pour les garages Losch, même si la diminution n’est pas significative. «L’utilisation accrue du travail à domicile entraîne en effet une diminution de l’usure des véhicules, une moindre densité en termes de circulation et donc moins de dommages à la carrosserie», ajoute le concessionnaire. «La réduction des délais pour les rendez-vous et la baisse des ventes dans nos ateliers le démontrent clairement.»

L’Autofabrik à Esch-sur-Alzette compte surtout sur le gardiennage. Cela représente entre 200 et 250 clients qui laissent leurs pneus au garage à l’année et les changent avec les saisons. Eux «viennent d’office», raconte Simao George, chef d’atelier. En revanche, «on a moins de clients extérieurs que d’habitude». Soit une baisse de 25% sur la centaine de visites habituelles, ce qui n’a pas un impact énorme sur l’activité, plutôt stable.

«Nous n’avons pas le même afflux que les autres années», confirme-t-on à l’atelier du Grand Garage Luxembourg. «Les personnes plus âgées ne vont peut-être pas utiliser leur véhicule cet hiver», imagine-t-on. De même, «nos clients frontaliers qui sont en télétravail et qui ne sont pas obligés de passer en roues hiver ne viennent plus exprès au Luxembourg changer leurs pneus». Malgré tout, «c’est toujours la folie» en cette période. 90% des 50 à 60 entrées quotidiennes concernent un passage aux pneus hiver. «La majorité des clients sont Luxembourgeois. Même ceux qui télétravaillent mais effectuent de petits déplacements sont obligés de les changer. Tôt le matin, les températures sont très basses.»

Rien à signaler sur les routes

L’impact du télétravail sur le changement des pneus ne se fait cependant pas ressentir partout. «Nous avons un système de garde des pneus. Quasiment tous nos clients sont venus», témoigne Makhang Sene, responsable après-vente chez Renault Gasperich. Depuis plus d’un mois, la «période des pneus», comme il l’appelle, amène environ 80 clients par jour. Tous ne viennent pas juste pour cela, mais ils profitent d’une révision ou réparation pour demander leur kit hivernal.

De même au garage Scars à Luxembourg-ville ou Roby Cruciani à Dudelange, où la demande est aussi forte que d’habitude.

En plus de ceux qui ne prennent plus la voiture au Luxembourg – comme les télétravailleurs frontaliers –, y en a-t-il qui, puisqu’ils la prennent moins souvent que d’habitude, parce qu’ils alternent entre bureau et home office par exemple, estiment que cela ne vaut pas le coût de passer chez le garagiste? Interrogée à ce sujet, la police indique que la météo des dernières semaines ne lui a «pas encore donné beaucoup de possibilités de constater des infractions dans ce domaine cet hiver».

Avant de rappeler: «Dès qu’il y aura des conditions hivernales, des contrôles peuvent avoir lieu. En cas de non-respect de l’obligation, il y a lieu à un avertissement taxé de 74 euros et le véhicule est immobilisé sur place.» Ce sera donc sans doute le cas dès les prochaines heures.