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Sans contact

Pas de ruée sur les terminaux de paiement



Les fournisseurs de solutions de paiement au Luxembourg ont remarqué une hausse de la demande d’environ 30% pendant le confinement. (Photo: Shutterstock)

Les fournisseurs de solutions de paiement au Luxembourg ont remarqué une hausse de la demande d’environ 30% pendant le confinement. (Photo: Shutterstock)

Même si beaucoup de restaurateurs et de commerçants ont remplacé leurs terminaux de paiement pour s’adapter à la crise sanitaire, cette hausse de la demande n’a pas suffi à combler les pertes de leurs fournisseurs.

Producteurs de masques, de gel hydroalcoolique, de plexiglas … Les fournisseurs de terminaux de paiement font-ils, eux aussi, partie des «gagnants» du Covid-19, à l’heure où on privilégie le paiement sans contact?

«La demande a augmenté d’environ 20-30% par rapport à d’habitude» pour l’acquisition de terminaux de paiement, confirme Stefanie Hüls , country manager de Six Payment Services au Luxembourg. La crise n’a cependant pas augmenté son portefeuille de clients. «Quelques commerces n’avaient pas encore de terminaux, mais ce sont des exceptions, la plupart sont déjà équipés. Nous avons surtout des clients dans la restauration qui demandent un terminal mobile en plus de leur fixe pour pouvoir faire de la livraison», illustre-t-elle. De plus en plus se tournent aussi vers ses solutions de paiement en ligne.

Transactions à l’arrêt

Ces nouvelles locations ne sont pas pour autant une panacée. «Pour soutenir nos clients, nous avons mis à leur disposition ces terminaux gratuitement pour la période et jusqu’à septembre», déclare-t-elle. Alors que leur acquisition coûte environ 900 euros en temps normal.

Même si elle avait facturé ses services pendant la crise, Six Payment Services n’aurait pas compensé les pertes dues au confinement selon sa gérante. Une part importante de ses revenus provient de la commission prélevée à chaque transaction. «Pendant le lockdown, 70% des commerces étaient fermés», appuie-t-elle.

La menace des faillites

Même constat chez Servipay. «Nous avons eu quelques demandes supplémentaires au début de la crise, principalement dans l’horeca», note Jérôme Slous, directeur financier de l’entreprise. Une hausse d’environ 30%. Ici aussi, des passages de terminaux fixes à mobiles pour facturer les clients à domicile. Ils n’ont pas suffi à combler les pertes des commissions, en baisse de 60%.

Proportionnellement, les deux fournisseurs de solutions de paiement ont quand même remarqué une hausse des transactions en carte bancaire, difficile à chiffrer. «Les gens ont délaissé le cash», affirme Jérôme Slous.

Aucune des deux entreprises n’estime être revenue à la normale, notamment à cause de la poursuite du télétravail. «Nous craignons surtout la fin de l’été», s’inquiète Jérôme Slous. Lorsque les charges de l’État vont arriver à échéance après septembre, «on risque de voir une vague de fermetures d’établissements». Et donc, la perte de clients.