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Crise environnementale

L’Overshoot Day de retour à des niveaux pré-Covid



L’humanité utilise actuellement 74% de ressources écologiques de plus que ce que les écosystèmes de la planète peuvent régénérer. (Photo: Shutterstock)

L’humanité utilise actuellement 74% de ressources écologiques de plus que ce que les écosystèmes de la planète peuvent régénérer. (Photo: Shutterstock)

Après un repli en 2020 du fait des mesures de confinement dues à la pandémie de Covid-19, le jour du dépassement, qui évalue le jour où l’humanité a consommé l’ensemble des ressources écologiques de la planète, a lieu ce 29 juillet – un niveau similaire à celui de 2019.

En 2021, le fameux jour du dépassement de la Terre a lieu ce 29 juillet, selon les calculs de l’ONG Global Footprint Network. À plus de cinq mois de la fin de l’année, l’humanité a ainsi utilisé autant de ressources biologiques que ce que la Terre peut régénérer pendant toute l’année.

L’humanité utilise en effet 74% de ressources de plus que ce que les écosystèmes de la planète peuvent régénérer, explique l’ONG. Il faudrait donc environ 1,7 fois la planète Terre pour être dans une situation d’équilibre écologique.

Depuis le début des années 1970, le monde est en situation de dépassement écologique. Et le problème ne cesse de s’aggraver depuis, année après année. Sauf en 2020, période lors de laquelle les mesures de confinement pour lutter contre la pandémie de Covid-19 avaient repoussé de trois semaines le jour du dépassement.

Après un repli de courte durée en 2020 du fait de la pandémie, le jour du dépassement, qui n’a cessé de s’aggraver depuis le début des années 1970, est revenu en 2021 au niveau de 2019. (Illustration: Global Footprint Network)

Après un repli de courte durée en 2020 du fait de la pandémie, le jour du dépassement, qui n’a cessé de s’aggraver depuis le début des années 1970, est revenu en 2021 au niveau de 2019. (Illustration: Global Footprint Network)

Un repli de courte durée, puisqu’en 2021, la date est presque au même niveau qu’en 2019. En cause, l’empreinte carbone, en hausse de 6,6% en un an, et la diminution de 0,5% de la biocapacité forestière mondiale du fait de la déforestation – principalement de l’Amazonie.

Seule l’empreinte carbone du secteur des transports reste, en 2021, inférieure aux niveaux antérieurs à la pandémie. Ainsi, les émissions de CO2 des transports routiers et des vols intérieurs devraient rester inférieures de 5% au niveau de 2019, tandis que les émissions des vols internationaux devraient être inférieures de 33%, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Le Luxembourg parmi les pires

Le Luxembourg est particulièrement mal placé dans cette étude, puisque si toute l’humanité consommait comme les Luxembourgeois, le jour du dépassement aurait lieu dès le 15 février – la date la plus tôt dans le calendrier après celle du Qatar. Et il faudrait l’équivalent de huit planètes Terre pour ne pas être en déficit écologique.

Si les habitants du monde entier consommaient comme les Luxembourgeois, il faudrait l’équivalent de huit planètes Terre pour ne pas être en déficit écologique, et le jour du dépassement aurait lieu dès le 15 février. (Illustration: Global footprint network)

Si les habitants du monde entier consommaient comme les Luxembourgeois, il faudrait l’équivalent de huit planètes Terre pour ne pas être en déficit écologique, et le jour du dépassement aurait lieu dès le 15 février. (Illustration: Global footprint network)

Si la pandémie n’a offert qu’un court répit dans l’aggravation de la situation, «les gouvernements ont démontré qu’ils sont capables d’agir rapidement, tant en termes de réglementation que de dépenses publiques, lorsqu’ils placent la protection de la vie humaine au-dessus de toute autre considération», constate cependant l’association. L’un des enjeux est d’axer les plans de relance suite à la crise du Covid vers une forte transition climatique et énergétique. Mais, pour l’instant, les efforts semblent encore loin du compte.