LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Culture

Luka Heindrichs (De Gudde Wëllen)

«On avait accueilli Fontaines D.C. un peu par hasard»



Luka Heindrichs attend avec impatience  le festival Usina 2022, à Dudelange, en juin prochain.  (Photo: D.R.) 

Luka Heindrichs attend avec impatience  le festival Usina 2022, à Dudelange, en juin prochain.  (Photo: D.R.) 

Alors que l’année 2021 se termine tout doucement, Luka Heindrichs, programmateur et copropriétaire du Gudde Wëllen, nous livre ce qu’il s’est mis de mieux dans les oreilles ces 12 derniers mois. 

Quel est votre album préféré de 2021?

Luka Heindrichs – «Si j’ai beaucoup aimé ‘Heaux Tales’, le nouvel album de la chanteuse R&B américaine Jazmine Sullivan, la première chose qui m’est venue à l’esprit est ‘Jubilee’, le dernier Japanese Breakfast. Un groupe mené par une jeune fille, Michelle Zauner, qui pratique une pop enjouée, douce, avec un côté mystérieux. J’ai découvert par hasard cette artiste voici quelques années et j’ai flashé sur sa musique. Depuis, je la suis. Et cette année, son dernier disque fait partie de ce qui a le plus tourné sur mon Spotify. Je ne l’ai encore jamais vue en concert et j’aimerais bien combler ce manque.

Quelle est votre révélation musicale de 2021?

«Il faut découvrir le projet Faux Real, derrière lequel on retrouve un duo de frangins: Virgile et Elliott Arndt. S’ils sont aujourd’hui Londoniens, ces derniers ont une petite histoire avec le Luxembourg puisqu’ils y ont habité. Ils faisaient d’ailleurs partie du groupe Natas Loves You, qui avait connu un joli buzz voici quelques années. Lorsque ce dernier s’est ‘splité’, ils ont continué dans la voie musicale. Ainsi, Elliott, qui est également vidéaste, a notamment joué avec les Londoniens de Vanishing Twin. Faux Real est leur nouveau projet.

Il faut découvrir le projet Faux Real, derrière lequel on retrouve un duo de frangins: Virgile et Elliott Arndt. (…) Ces derniers ont une petite histoire avec le Luxembourg.
Luka Heindrichs

Luka Heindrichs,  programmateur et copropriétaire,  De Gudde Wëllen

Ils pratiquent une pop indé un peu psyché et surtout décomplexée. Et cela marche bien pour eux puisqu’ils ont connu un nouveau buzz sur la blogosphère. Ainsi, ils sont partis en tournée aux États-Unis avec Metronomy et se sont aussi fait remarquer au festival Eurosonic qui se déroule chaque année en janvier à Groningue, aux Pays-Bas. C’est là-bas que se révèlent souvent les tendances musicales pour l’année qui débute. Au Luxembourg, on les a vus l’été dernier aux Congés Annulés, avant qu’ils ne jouent le lendemain chez nous, sur la terrasse du Gudde Wëllen.

Quel est votre artiste luxembourgeois de 2021?

«Deux noms me viennent en tête. Tout d’abord Bartleby Delicate, le projet pop un peu sombre de Georges Goerens. L’un des musiciens les plus créatifs du Luxembourg, avec un éventail musical très large qui peut aller de l’électro acoustique à de vrais hymnes indépendants. Il a sorti un EP en mars.

Et puis, il y a Ice in my Eyes, le groupe dont le guitariste est mon associé au Gudde Wëllen, Ben Thommes. Mais ce n’est pas pour ça que je cite ce nom! Je considère que Ice in my Eyes est le secret le mieux gardé de la scène musicale luxembourgeoise. Ils ne tournent pas beaucoup, ne sont guère présents sur les réseaux sociaux et font de la musique un peu comme un hobby. Mais leur électro pop, faite de synthés et de guitares, est hyper dansante. Leur album paru en septembre est à découvrir aussi.

Quel concert auriez-vous aimé voir en 2021?

«Là aussi, j’en ai deux qui me passent par la tête. Le premier, c’est le Français Chassol. L’un des artistes les plus créatifs du moment, avec une musique totalement expérimentale. Je l’écoute beaucoup et je me réjouissais de le voir à Opderschmelz, à Dudelange, en début d’année. J’avais réservé très tôt ma place. Mais c’était sans compter la crise sanitaire…

Le deuxième, c’est un petit groupe allemand baptisé International Music. Ils pratiquent un rock un peu psyché, du genre un peu krautrock.

Quel est l’artiste ou l’album que vous attendez en 2022?

«J’ai hâte de revoir les Irlandais de Fontaines D.C. à l’Atelier début avril. Nous les avions accueillis un peu par hasard au Gudde Wëllen en 2019. Ils étaient sur la route pour jouer au festival Eurosonic lorsque leur manager nous avait contactés. Il avait un trou dans leur agenda et ils sont venus jouer chez nous. Et quelques heures plus tard, après leur prestation aux Pays-Bas, ils explosaient et devenaient le groupe que tout le monde voulait voir. Avec un très bon premier album dans la foulée.

Sinon, j’attends aussi avec impatience le festival Usina 2022, organisé en juin prochain dans le cadre d’Esch2022 – Capitale européenne de la culture. Un projet qui nous tient beaucoup à cœur. La programmation sortira en février (les Américains de Kings of Leon ont déjà été confirmés, ndlr). Il s’agira d’un programme participatif. Comprenez que les différents organisateurs – il y en a une dizaine dont De Gudde Wëllen, l’Atelier, le Rocklab, la Kufa, les Rotondes, etc. – proposeront des groupes/artistes en lien avec ce qu’ils proposent habituellement.»