POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Minute de silence des soignants

«On a une solution: la vaccination»



Ils étaient des centaines devant les hôpitaux du pays, comme ici, au Kirchberg, devant les HRS, pour sensibiliser le public sur la situation sanitaire au Luxembourg. (Photo: Christophe Lemaire/Maison Moderne)

Ils étaient des centaines devant les hôpitaux du pays, comme ici, au Kirchberg, devant les HRS, pour sensibiliser le public sur la situation sanitaire au Luxembourg. (Photo: Christophe Lemaire/Maison Moderne)

Le personnel de santé des hôpitaux du pays a respecté une minute de silence afin de sensibiliser la population sur la situation sanitaire actuelle et la nécessité de se faire vacciner.

Ils étaient une centaine devant les portes des Hôpitaux Robert Schuman (HRS) pour marquer une minute de silence, et surtout sensibiliser la population à la situation sanitaire du moment. Même scène devant le Centre hospitalier du Nord à Ettelbruck, ou encore devant le Chem à Esch-sur-Alzette et à Dudelange.

Les blouses blanches se sont mobilisées dans tout le pays en respectant une minute de silence, une action initiée par le docteur Marco Klop des HRS . Le but? Sensibiliser la population sur la situation actuelle, qui commence à préoccuper le personnel de santé, qui est sur le front sanitaire depuis maintenant presque deux ans.

Les chiffres de la pandémie flambent en Allemagne et dans d’autres pays européens, comme les Pays-Bas, la Belgique, la France ou encore l’Autriche, qui a récemment confiné sa population.

Au Luxembourg, les chiffres grimpent aussi, et le personnel de santé veut tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. «Le virus est toujours là. On peut ressentir une certaine lassitude, mais il faut rester vigilant et garder les précautions nécessaires parce qu’on est sur une branche montante de l’épidémie et qu’on risque de nouveau d’aller dans le mur en fin d’année», lance Cyril Thix, secrétaire du conseil médical et anesthésiste-réanimateur.

Pour éviter le pire, le gouvernement a récemment accéléré sa stratégie vaccinale afin d’inciter les plus hésitants . «On a une solution face à cette épidémie: la vaccination. Elle est efficace. C’est le seul moyen que nous avons. La vaccination est sûre. Il n’y a aucune raison de ne pas se faire vacciner», plaide Cyril Thix, qui ne cache pas la fatigue de ses collègues. «Le personnel de santé a terminé un premier marathon. Et là, on constate que nous allons déjà entamer le prochain. On a besoin d’aide. On a besoin de l’aide de chacun. Ayez confiance en nous, qui sommes les experts, qui soignons, qui faisons la médecine. Croyez en l’efficacité et la réalité du vaccin», martèle encore l’anesthésiste-réanimateur.

Même scène et même discours à Esch-sur-Alzette, devant les portes du Centre hospitalier Emile Mayrisch. «Depuis deux ans, les équipes sont vraiment fatiguées, car elles sont sur-sollicitées par la crise sanitaire. Comme dans d’autres pays, on souffre d’un manque de personnel», explique Dan Thoma, infirmier anesthésiste. «Les chiffres montrent un renforcement de la pandémie. Actuellement, au Luxembourg, les soins en réanimation ne sont pas encore saturés, mais si cela arrive, car les lits et le personnel seront accaparés par les patients Covid-19, nous serons obligés, par manque de ressources, d’annuler certaines opérations courantes. C’est ce que nous ne voulons pas», assure Dan Thoma. L’infirmier anesthésiste rappelle aussi que le «vaccin réduit le risque de se trouver en soins intensifs. Mais le fait d’être vacciné ne rend pas intouchable face au virus. On peut aussi le transmettre et tomber malade, mais on réduit énormément le risque de se retrouver aux soins intensifs. Donc il faut encore faire preuve d’une certaine prudence.»

Accélérer sur la troisième dose

Le personnel de santé plaide également pour l’accélération de l’injection de la troisième dose de rappel. Outre les soins intensifs, les patients positifs au Covid-19 ne se retrouvant pas en réanimation doivent tout de même être isolés des autres patients, quel que soit le service. Ce qui entraîne des complications logistiques pour les structures hospitalières.

«Dans les unités de soins intensifs, vous avez majoritairement des non-vaccinés. Avec la troisième dose qui n’a pas encore été injectée à tout le monde, on a de plus en plus de personnes qui arrivent tout en étant vaccinées, mais positives. Alors, on ne peut pas les comparer avec des patients en réanimation, puisqu’elles ne sont que positives. Mais il faut quand même les isoler dans une chambre. Dans mon service, je n’ai jamais eu autant de patients positifs, mais qui ne sont pas hospitalisés pour le Covid. Cela crée des problèmes logistiques parce qu’il faut isoler le patient», souligne Jean-Marc Cloos, directeur médical du pôle Psychiatrie.

«Le troisième rappel est plus que nécessaire pour tout le monde. Ceux qui ne sont pas encore vaccinés sont vraiment des personnes qui jouent avec leur vie parce qu’ils risquent de développer des formes graves et d’être admis en réanimation. Le vaccin protège. On peut être positif tout en étant vacciné. Mais si on est vacciné, les symptômes restent mineurs. Le problème, en soins intensifs, c’est que les personnes qui arrivent désormais sont nettement plus difficiles à traiter, étant donné qu’il s’agit de personnes qui, volontairement, ne se sont pas fait vacciner. Elles sont donc sceptiques au niveau du vaccin. Elles veulent être traitées uniquement avec des vitamines. Elles sont donc difficiles à gérer pour les équipes de réanimation déjà à bout à cause des trois vagues précédentes», affirme Jean-Marc Cloos.

Le personnel de santé devant le Chem. (Photo: Chem)

Le personnel de santé devant le Chem. (Photo: Chem)