PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Fonds d’investissement

Nouveau record pour les OPC malgré Evergrande



Selon les derniers chiffres de la CSSF, les actifs nets du secteur des fonds au Luxembourg ont atteint 5.647 milliards fin août, dernier record en date. Sur un mois, la progression est de 1,91% et, sur 12 mois, de 20,24%.

En août 2021, ce sont 38,011 milliards qui ont été collectés par l’industrie des fonds (+0,68%), selon les derniers chiffres de la CSSF. Autrement dit, les produits estampillés «made in Luxembourg» continuent d’attirer les investisseurs et les épargnants. Si on ajoute à ce volume la progression de 68,055 milliards due aux effets de marché (+1,23), les actifs se sont gonflés de 106,066 milliards d’euros en août.

Evergrande: une menace à 677 millions d’euros

De quoi voir l’avenir avec un optimisme raisonnable, alors que les marchés redoutent  les effets d’une possible crise de l’immobilier chinois . Selon la CSSF, l’exposition directe à Evergrande s’élevait, fin juillet, pour les fonds luxembourgeois, à 677 millions de dollars. Soit 0,01% des actifs à la fin juillet. Une exposition qui concerne principalement les fonds OPCVM ciblant les marchés asiatiques et chinois – «ces fonds d’investissement n’étant pas des fonds immobiliers» – et prend principalement la forme d’investissements en dette. Pour les fonds d’investissement individuels ayant une telle exposition à Evergrande, l’exposition est relativement faible par rapport à la valeur globale du portefeuille d’actifs de ces fonds d’investissement (moins de 5%).

La CSSF précise cependant que ne sont pas pris en compte «les impacts indirects que les difficultés financières d’Evergrande peuvent avoir sur les fonds d’investissement réglementés luxembourgeois, à travers, par exemple, des effets de contagion sur d’autres sociétés immobilières chinoises auxquelles les fonds d’investissement au Luxembourg pourraient être exposés ou à travers des impacts sur les marchés financiers chinois et mondiaux».

Les actions toujours porteuses

Dans le détail, la performance du secteur a été portée, sans surprise, par les marchés actions.

Globalement, la progression due à l’effet de marché est de +2,39% tandis que la collecte progresse de 0,79%

En ce qui concerne les pays émergents, la catégorie des OPC d’actions asiatiques a enregistré, dans l’ensemble, une performance légèrement positive à +0,69% grâce à l’assouplissement des restrictions dans des pays tels que la Thaïlande, les Philippines et l’Indonésie, et à la forte progression du marché boursier indien en réaction à une politique monétaire souple, tandis que les taux d’infection plus élevés dans divers autres pays asiatiques ainsi que les données économiques plus faibles que prévu et le resserrement continu de la réglementation en Chine ont pesé sur la catégorie des OPC d’actions asiatiques.

La CSSF note cependant un léger recul de la collecte de -0,64%.

La chute est plus sévère pour la catégorie des OPC actions d’Amérique latine en août, principalement en raison du recul du marché des actions brésilien et de la dépréciation de plusieurs devises latino-américaines. La performance de marché recule de 1,42% et la collecte nette chute de 3,05%.

Évolutions positives sur le marché obligataire

Pour ce qui est du marché obligataire, «des deux côtés de l’Atlantique, les rendements des obligations d’État bien notées ont légèrement augmenté – c’est-à-dire que les prix des obligations ont baissé – dans un contexte de hausse de l’inflation, de bonnes données économiques et de discussions sur la réduction progressive des programmes d’achat d’actifs de la BCE et de la Fed», note la CSSF. Les rendements des obligations d’entreprises ont suivi cette tendance à la hausse.

«Par conséquent, les OPC obligataires libellés en euros ont terminé le mois en territoire négatif, tandis que les rendements légèrement négatifs des obligations libellées en dollar ont été surcompensés par l’appréciation de la monnaie américaine par rapport à l’euro, ce qui a entraîné une performance positive de la catégorie des OPC obligataires libellés en dollars.»

Sur les marchés émergents, «malgré les hausses de taux d’intérêt de plusieurs banques centrales, la catégorie des OPC obligataires des marchés émergents a progressé, dans un contexte de politique monétaire accommodante aux États-Unis, de forte demande d’obligations asiatiques, de diminution des spreads et d’appréciation de la plupart des devises des marchés émergents par rapport à l’euro».

Le nombre d’organismes de placement collectif (OPC) pris en considération s’élève à 3.539, contre 3.541 le mois précédent. Au total, 2.328 entités ont adopté une structure parapluie représentant 13.247 compartiments. Si l’on ajoute à ce chiffre les 1.211 entités ayant une structure OPC traditionnelle, ce sont 14.458 unités de fonds qui étaient actives sur la place financière, détaille la CSSF.