POLITIQUE & INSTITUTIONS

Suite à l’AG extraordinaire

L’État veut un «package» avec ArcelorMittal



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Le maintien du siège mondial d'ArcelorMittal au Luxembourg, en partance au Kirchberg, est au centre des discussions. (Photo: archives paperJam)

Pour participer à l’augmentation de capital d’ArcelorMittal, l’État luxembourgeois souhaite négocier un package avec le groupe. Le siège mondial et des terrains sont en jeu. Ainsi qu’un montant de quelque 65 millions de dollars, qui serait débloqué par la SNCI.

L’assemblée générale d’ArcelorMittal ayant voté en faveur d’une augmentation de capital de 3 milliards de dollars, la participation de l’État luxembourgeois à la manœuvre n’est pas encore totalement validée. 

Actionnaire d’ArcelorMittal à hauteur de 2,16% (2,17% des votes à l’assemblée générale), l’État luxembourgeois débourserait, en cas de réponse positive, quelque 65 millions de dollars. «J’ai demandé à la SNCI (Société nationale de crédit et d’investissement, ndlr) de pouvoir intervenir dans cette opération afin de ne pas entamer le budget de l’État», indique Étienne Schneider, joint par Paperjam.lu. 

Outre cette enveloppe importante, le ministre de l’Économie souhaite sceller un «package» avec ArcelorMittal comme condition sine qua non à la participation à l’augmentation de capital.

Le ministre souhaite notamment débloquer le dossier de terrains discuté depuis de nombreuses années, terrains en possession d’ArcelorMittal et que l’État souhaiterait récupérer pour différents besoins. On parle notamment de logements à Dudelange.

«Je souhaiterais aussi que le siège au conseil d’administration dont nous disposons via un ‘agreement’ soit coulé dans les textes», ajoute Étienne Schneider. C’est actuellement l’ancien ministre de l’Économie, Jeannot Krecké, qui occupe ce siège, et son mandat arrive à échéance. 

Un siège et un hôtel au Kirchberg

La place du siège mondial et son maintien au Luxembourg est aussi une condition pour l’État de conclure cet accord en devenir et dont les modalités devront encore être affinées au sein du gouvernement.

«Il y a des intérêts importants pour l'État luxembourgeois qui vont au-delà du maintien d'Esch ou de Belval, mais aussi le siège du groupe», indique une source proche du dossier. «Des discussions sont en cours pour régler les questions autour des terrains à Schifflange ou à Differdange et du nouveau bâtiment du siège», ajoute cette source.

Il sera donc question dans les prochains jours de finaliser l’emplacement du futur nouveau bâtiment pour le siège, attendu au Kirchberg comme l’indiquait le Wort. Un hôtel devrait être construit à côté de ce futur bâtiment emblématique.

Au sujet du projet d'implantation au Kirchberg, les négociations sont «bien avancées», indique la source proche du dossier, reste «maintenant à trouver les financements».

Intimement liée à l’histoire économique du pays, la place de l’Arbed, puis d’Arcelor et d’ArcelorMittal, devrait continuer à compter à l’avenir, c’est en tout cas le souhait du gouvernement.

Mercredi, Étienne Schneider a rencontré Adytia Mittal, le fils de Lakshmi, qui tient les rênes financières du groupe. Cette rencontre a notamment permis d’échanger sur la participation – souhaitée par le gouvernement – du groupe sidérurgique à des activités de R&D au Luxembourg.