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Finance responsable

La Pologne en pionnière sur la bourse verte



Le LGX affiche à l’heure actuelle 110 «green bonds» pour un montant total de plus de 55 milliards de dollars. (Photo: licence cc )

Le LGX affiche à l’heure actuelle 110 «green bonds» pour un montant total de plus de 55 milliards de dollars. (Photo: licence cc )

La première obligation verte souveraine a été émise par Varsovie, fin décembre, sur la Bourse de Luxembourg via sa plateforme verte: le Luxembourg Green Exchange (LGX). La Pologne devient ainsi le premier pays à faire confiance au dispositif luxembourgeois dédié à la lutte contre le réchauffement climatique.

C’est une double première qu’a effectuée la Pologne le 20 décembre. Juste avant les fêtes de fin d’année, elle est en effet devenue le premier pays au monde à émettre une obligation 100% verte, destinée à financer «des projets de lutte contre le réchauffement climatique et de soutien à la transition énergétique». Il s’agit par ailleurs du premier titre souverain affiché sur le LGX.

Ce choix a été «vivement recommandé par des spécialistes des marchés des capitaux», a déclaré le vice-ministre des Finances polonais, Piotr Nowak, lors de l’émission de cette obligation, dont l’échéance est fixée au 20 décembre 2021.

La transparence est primordiale pour les investisseurs.

Julie Becker, membre du comité de direction de la Bourse de Luxembourg

En choisissant le LGX, la Pologne a dû se plier aux exigences imposées par la Bourse luxembourgeoise. Car accéder à cette plateforme sous-entend non seulement de consacrer 100% des fonds levés à des investissements verts, mais aussi d’être en mesure de le prouver. Un rapport préalable certifié du ou des projets à financer est ainsi demandé, ainsi qu’un rapport postérieur – une fois l’an, à partir de la cotation – quant à l’utilisation des moyens obtenus.

«La transparence est primordiale pour les investisseurs», a précisé Julie Becker, membre du comité de direction de la Bourse de Luxembourg, lors du même événement. «Pour cette raison, notre processus d’admission exige que les émetteurs aient sollicité et mis à disposition des investisseurs une revue externe indépendante du cadre qu’ils ont mis en place, pour garantir la qualité de l’allocation et la traçabilité des fonds.»

55 milliards de dollars d’investissements verts

L’émission de cette obligation souveraine n’en est pas moins un joli coup de pub pour la toute jeune bourse verte du Luxembourg. Car même si elle fait figure de pionnière – elle est encore aujourd’hui la seule de ce type au niveau mondial –, elle doit encore faire ses preuves sur un marché en plein développement.

Elle peut toutefois compter sur un fidèle allié. L’agence de labellisation pour une finance responsable Luxflag, qui a fêté cet automne ses 10 ans et possède une solide réputation auprès des investisseurs, a lancé en septembre le label climate finance. «Nous préparons également un label green bond (obligations vertes, ndlr) que nous lancerons au premier trimestre 2017», expliquait à Paperjam Annemarie Arens, la directrice générale de Luxflag, en novembre.

Le LGX n’est pas une bourse en tant que telle, mais une plateforme exclusivement dédiée aux obligations vertes. Elle compte actuellement 110 green bonds pour un montant total de plus de 55 milliards de dollars. Des obligations vertes sont émises depuis 2007 sur la Bourse de Luxembourg. Après analyse, elles ont été inscrites sur le LGX lors de sa création en septembre. Quant à la Pologne, elle cote à la Bourse de Luxembourg des obligations représentant une valeur de 50 milliards d’euros.