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Implantation d’entreprise

La demande de Knauf remonte à l’été 2016



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«Toute entreprise qui remplit les conditions légales et réglementaires et qui dispose des autorisations requises est libre de s’implanter au Luxembourg», rappelle le ministère de l’Économie. (Photo: Maison moderne / archives)

Le ministère de l’Économie précise jeudi soir qu’il n’a pas démarché Knauf pour son projet d’usine de laine de roche à Sanem. Et indique avoir mis l’entreprise en relation avec les administrations compétentes dès novembre 2016. L’Administration de l’environnement est visée.

Le ministère de l’Économie a diffusé jeudi soir une prise de position «quant à l’éventuelle implantation d’une usine de production de laine de roche à Sanem». Le communiqué de presse fait le point sur le souhait du fabricant Knauf d’investir au Luxembourg quelque 100 millions d’euros qui déboucheraient sur une centaine d’emplois.

«Knauf Insulation envisage entre autres de s’établir au Luxembourg, sans que la société n’ait fait l’objet d’une démarche de prospection de la part du ministère de l’Économie, qu’elle avait contacté de sa propre initiative et de manière spontanée en août 2016», précise le ministère. Ce n’est qu'un an plus tard que l’initiative de Knauf a été rendue publique.

Comme Étienne Schneider, ministre de l’Économie, l’avait indiqué à Paperjam dans sa dernière édition, il est question depuis le départ de l’usage des équipements les plus performants pour limiter l’impact sur l’environnement.

Le ministère note aussi que le matériau qui serait produit dans le Sud est subventionné dans le cadre de l’assainissement énergétique des bâtiments existants. Une manière de mentionner que Knauf n’est pas tout à fait incompatible avec Rifkin.

Commodo/incommodo 

Autre point important, le ministère de l’Économie ajoute que, dès novembre 2016, il «avait mis l’entreprise en relation avec les administrations compétentes en vue de clarifier et d’entamer les procédures pour obtenir les autorisations nécessaires pour l’éventuelle implantation et exploitation d’une telle usine dans la zone d’activité économique nationale ‘Gadderscheier’».

Concrètement, ce type d’activité requiert une autorisation d’exploitation «pour établissement classé (commodo/incommodo) qui fixe les conditions d’aménagement et d’exploitation» afin de limiter les impacts sur les travailleurs et l’environnement au sens large.

Cette autorisation n’est pas fournie par le ministère de l’Économie qui intervient en dernier lieu pour délivrer le «droit de superficie» pour utiliser un terrain, dans ce cas sur la zone d’activité économique nationale «Gadderscheier». 

Dans le camp du MDDI

Auparavant, Knauf devra avoir reçu son «commodo/incommodo» de la part de l’Administration de l’environnement, dont la ministre de tutelle est Carole Dieschbourg (Déi Gréng). Il sera aussi nécessaire d’obtenir une autorisation de bâtir de la part de l’administration communale de Sanem. On sait déjà que le bourgmestre LSAP de l’entité, Georges Engel, est contre le projet de Knauf.

La balle est donc dans le camp du ministère de l’Environnement, lui-même dépendant du ministère du Développement durable et des Infrastructures. Or les oppositions récentes du côté des ministres Verts qui dirigent ces administrations peuvent surprendre si l’on considère que le dossier date de la deuxième moitié de 2016 et que vraissemblablement les deux parties ont été mises en contact dès novemnbre de la même année.

En janvier 2017, il était par ailleurs question du côté d’Étienne Schneider de la redéfinition de la promotion économique du pays qui devra permettre d’attirer des entreprises proposant un modèle durable. C’est à l’époque qu’il avait été question d’un renoncement du gouvernement quant à l’implantation d’une entreprise étrangère, malgré une centaine d’emplois à la clé. Aucun nom n’avait été cité.

Mais, comme le rappelle le ministère en introduction de sa prise de position de jeudi soir, toute entreprise qui remplit «les conditions légales et réglementaires et qui dispose des autorisations requises est libre de s’implanter au Luxembourg et d’y exercer son activité».