ENTREPRISES & STRATÉGIES — Architecture + Real Estate

Partenariat entre la BIL et Konkretly

Myvisit, un outil pour bien choisir son logement



Le futur acquéreur peut utiliser Myvisit pendant sa visite immobilière pour ne pas oublier les questions importantes à poser. (Photo: Paperjam)

Le futur acquéreur peut utiliser Myvisit pendant sa visite immobilière pour ne pas oublier les questions importantes à poser. (Photo: Paperjam)

La BIL lance Myvisit, une check-list digitale pour aider les primo-accédants à tout prendre en compte lors de la visite de leur futur logement. Histoire d’éviter les mauvaises surprises. La technologie a été développée par la start-up allemande Konkretly.

Sélectionner le type de bien visité: maison ou appartement. Ajouter un nom, une photo et une adresse. Puis, la «visite» peut commencer, d’abord avec les questions générales: surface, date de construction, travaux de rénovation effectués ou à venir, frais d’exploitation. Suivies d’autres beaucoup plus précises, comme: «Les tuiles sont-elles fissurées ou cassées?», «La pente d’écoulement des eaux est-elle en direction opposée des murs de fondation?», ou encore «Les joints de carrelage sont-ils intacts ou partiellement délavés?».

Voilà à quoi ressemble Myvisit.lu , le nouvel outil que la Banque internationale à Luxembourg (BIL) vient de lancer à l’occasion de la Semaine du logement, en partenariat avec la start-up allemande Konkretly. Son but: guider les particuliers lors de l’achat d’un bien immobilier, avec la liste des questions à ne pas oublier pour éviter les mauvaises surprises. Elle vise en particulier les primo-accédants, à qui les deux acteurs souhaitent «donner accès à l’expertise», résume Zoltan Horvath, Luxembourgo-Hongrois résidant au Grand-Duché et cofondateur de Konkretly.

Partenariat gagnant-gagnant

Concrètement, le futur acquéreur peut se munir de son téléphone ou de sa tablette lors de la visite et compléter le formulaire au fur et à mesure, dans l’ordre qu’il souhaite, avec une note, des commentaires et même des photos pour chaque point-clé, de la plomberie à l’isolation. À la fin, il reçoit un rapport avec un score global. S’il s’enregistre, il peut comparer les différents biens visités ou les partager avec les personnes de son choix. Le tout gratuitement.

Aucun accord financier ne lie la BIL et Konkretly, il s’agit d’un «partenariat gagnant-gagnant», définissent-ils. Il permet à la banque d’offrir un service supplémentaire à ses clients, même si la plateforme ne leur est pas réservée. En leur évitant par exemple de contracter un prêt d’une certaine somme, pour en demander un supplémentaire cinq ans plus tard parce qu’il faut changer la toiture et qu’ils ne l’avaient pas calculé lors de la visite. Des cas où «il peut y avoir un souci financier» pour certains, relate Mike Schwörer, responsable du conseil en logement à la BIL.

De son côté, Konkretly met un pied au Luxembourg, marché où elle compte bien se développer, sans date précise en tête pour le moment. Le partenariat avec la BIL a été négocié pour une durée d’un an. En Allemagne, elle a lancé sa plateforme gratuite, similaire à Myvisit.lu, au printemps 2021. Son business model repose sur son offre payante: la possibilité pour l’acquérant, après avoir choisi son bien préféré, de le faire visiter par l’un des 250 experts du réseau de Konkretly, pour la somme de 699 euros. Ce dernier enverra au client un rapport détaillé en deux jours avec une estimation précise du coût des travaux. La marge de la jeune pousse allemande n’est pas précisée, «ce service n’étant pas disponible au Luxembourg», justifie Zoltan Horvath.

Pas d’investissement supplémentaire

Le cofondateur n’a pas encore de retours sur le succès ou non de cette version payante, puisqu’elle n’a été lancée que début octobre. La version gratuite a en tout cas séduit «plusieurs centaines d’utilisateurs». Alors qu’il pensait que 90% de l’utilité viendrait de la check-list digitale, il note, selon les premiers retours, que l’aide organisationnelle et la possibilité de partage plaisent tout autant. Sa plateforme a nécessité «plusieurs centaines de milliers d’euros» d’investissement.

La version luxembourgeoise, aux couleurs de la BIL, basée sur la technologie existante, ne représente pas, quant à elle, de budget supplémentaire. Elle a été mise en place par un développeur de la banque. Reste à savoir si elle rencontrera le succès attendu sur le marché tendu de l’immobilier luxembourgeois.

Se pose aussi la question de l’accès aux données fournies sur la plateforme, traitées par Konkretly . Mike Schwörer assure que la BIL ne peut y avoir accès, par exemple pour décider ou non de l’accord d’un prêt. Même si le client peut décider de l’apporter à son conseiller, pour mieux orienter les discussions à ce sujet.