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Ressources humaines

La moitié des résidents occupent un poste inadapté à leurs compétences



25% des employés résidents s’estiment surcompétents, et 21% sous-compétents, selon le Liser. (Photo: Shutterstock)

25% des employés résidents s’estiment surcompétents, et 21% sous-compétents, selon le Liser. (Photo: Shutterstock)

Près d’un salarié résident sur deux s’estime surcompétent ou sous-compétent au Luxembourg, selon le Liser. Il conseille aux entreprises de revoir leur processus de recrutement et au gouvernement son offre de formation.

Vous vous ennuyez au travail, ou au contraire, vous avez toujours l’impression de devoir redoubler d’efforts par rapport à vos collègues? Vous faites peut-être partie des 46% d’employés résidents concernés par l’inadéquation des compétences.

Une question sur laquelle s’est penché le Liser (Luxembourg Institute of Socio-Economic Research), qui a publié une étude sur le sujet le lundi 10 août.

Elle démontre qu’en 2019, près de la moitié des résidents luxembourgeois estimaient que leurs compétences ne correspondaient pas à celles demandées par leur poste de travail. Des résultats similaires ont été révélés en France et en Allemagne, mais sont supérieurs à ceux de la Belgique (40%) ou à la moyenne de l’Union européenne (42%). Le Liser note cependant une amélioration de la situation par rapport à 2005, avec une diminution de 6 points de pourcentage.

Plus de surcompétents que de sous-compétents

Deux catégories se distinguent alors: les travailleurs surcompétents (25%) et sous-compétents (21%). Dans les deux cas, cela peut avoir des conséquences sur la satisfaction au travail, et donc sur le bien-être des salariés, mais aussi sur leur motivation et leur implication, ce qui jouera sur leur productivité et sur les résultats de l’entreprise. En revanche, il ne semble pas y avoir de lien entre niveau de salaire et sentiment d’inadéquation des compétences au Luxembourg, contrairement à d’autres pays.

Pour pallier le problème, les entreprises doivent faire des efforts dans leurs procédures de recrutement, selon le Liser.

«Le Luxembourg aurait intérêt de renforcer ses politiques publiques dans ce domaine, car il est probable que le nombre de personnes dotées de compétences inférieures aux exigences de leur poste de travail continue à augmenter dans les années à venir», ajoute l’institut. «Il est important d’identifier les compétences recherchées par les employeurs afin d’orienter au mieux l’offre de formations initiales et continues, et de guider les individus dans leurs choix de formation.» Le Liser a développé un programme de recherche à ce sujet.