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Emploi

Sortie de confinement rime avec recrutement



De 2.600 annonces avant la crise du Covid-19, le site Moovijob est passé à 2.200 aujourd’hui. Un retour progressif à la normale après une période creuse. (Photo: Shutterstock)

De 2.600 annonces avant la crise du Covid-19, le site Moovijob est passé à 2.200 aujourd’hui. Un retour progressif à la normale après une période creuse. (Photo: Shutterstock)

Bien que certaines entreprises aient poursuivi à distance, le recrutement redevient d’actualité après une pause d’un peu plus d’un mois, d’après les chiffres de la plate-forme Moovijob. Si le taux de chômage augmente, il ne devrait toutefois pas mettre en péril l’insertion des jeunes diplômés.

Bonne surprise pour les demandeurs d’emploi: les embauches sortent, elles aussi, du confinement.

«La crise a eu des répercussions sur le recrutement entre mi-mars et fin avril», estime Yannick Frank, directeur de Moovijob Luxembourg, plate-forme d’aide à la recherche d’emploi. «Ce n’était plus une priorité pour les entreprises ou les candidats.»

Alors que le site enregistre 400.000 visites par mois en temps normal, le trafic a été divisé par deux sur la période. Sur 2.600 offres en ligne, moins de 2.000 le restaient mi-avril.

Mais ces derniers jours, le trafic a repris progressivement son rythme normal, et 2.200 annonces étaient en ligne le mardi 12 mai. «Plus de 200 ont été publiées la semaine dernière», précise Yannick Frank , agréablement surpris. «Je pensais que cela prendrait plus de temps et que le retour à la normale viendrait plutôt vers septembre ou octobre.»

Beaucoup d’offres dans l’IT

Gestionnaire de copropriétés chez Genesis, menuisier chez Christophe de Schräiner, technicien de laboratoire au LNS… Les annonces se multiplient. «Il y en a un peu dans tous les secteurs: financier, immobilier, industrie, juridique, BTP», liste le directeur de la plate-forme. «Pas mal d’offres concernent l’IT (technologies de l’information) et la cybersécurité. Les entreprises veulent vraiment sécuriser leur site internet après les nombreuses attaques.»

Moovijob compte plus de 500 entreprises clientes au Luxembourg. «Quand des sociétés passent de 20 recrutements sur l’année à 10 à cause de la crise, elles n’ont pas la même démarche. Je pense qu’elles auront plus d’exigences», analyse son directeur. Il remarque également plus d’annonces de la part d’entreprises germanophones installées au Luxembourg.

«Les recrutements ne se sont jamais arrêtés chez nous», témoigne Susanne Cardoso, directrice des ressources humaines (DRH) chez Victor Buck Services. 15 postes étaient ouverts mi-mars, ils n’ont toujours pas été clôturés. La société de services aux entreprises a fait passer plusieurs entretiens par téléphone, et elle commencera à recevoir les candidats sélectionnés pour des rendez-vous physiques à partir de la semaine prochaine.

Idem dans l’énergie chez Encevo. Sa DRH, Rosa De Tommaso, a mis en place des entretiens par visioconférence à un rythme habituel. Une dizaine de postes restent à pourvoir chez eux: électriciens, ingénieurs en électrotechnique, etc.

Un Moovijob Tour sécurisé en septembre

Le taux de chômage s’est tout de même établi à 6,1% pour le mois de mars, contre 5,5% en février dernier. Une hausse importante «qui intervient sur fond de crise du Covid-19», indique l’Adem. Et qui pourrait s’accentuer si beaucoup d’entreprises se retrouvent en difficulté financière à la sortie de la crise.

Pour pousser encore aux recrutements, Moovijob espère pouvoir tenir son Moovijob Tour, salon de l’emploi, le 25 septembre, après deux reports. Elle réfléchit à des solutions pour respecter au mieux les règles d’hygiène: une présélection des personnes présentes, ou encore la pose de plaques en plexiglas devant des stands.

Une opportunité pour les jeunes?

En tout cas, les jeunes diplômés qui entreront cette année sur le marché du travail peuvent se relaxer. «Les recruteurs luxembourgeois sont très friands de stagiaires ou de jeunes diplômés. Ils préfèrent prendre des profils juniors qu’ils forment en interne», souligne Yannick Frank. Ces derniers coûtent aussi moins cher aux entreprises.

De quoi rassurer Marie et Helena, deux étudiantes françaises en deuxième année de master qui effectuent leur stage de fin d’année au Luxembourg.

«Normalement, nous avons 95% de chances d’être embauchés ensuite», explique Marie. Elle a commencé son stage de trois mois en mars dernier dans un cabinet comptable. Il s’est arrêté au bout de deux semaines à cause du Covid-19, ce qui l’inquiétait pour la suite. Heureusement pour elle, son responsable a décidé de le prolonger jusqu’en janvier. Le stage qu’Helena effectue en télétravail dans le secteur du commerce sera lui aussi prolongé.

«Nous ne pouvons pas nous déplacer pour chercher du travail ailleurs. Avant ces propositions, nous étions dans la panique totale, nous avons eu un coup de chance», ajoute Marie, en souriant. Ce n’est pas le CDI tant espéré, mais c’est un bon début.