ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

Secteur de l’artisanat

Mode, santé et hygiène les plus touchées par la crise



La Chambre des métiers a présenté à la presse les résultats de son enquête sur l’artisanat en 2020, marquée par le Covid-19.  (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

La Chambre des métiers a présenté à la presse les résultats de son enquête sur l’artisanat en 2020, marquée par le Covid-19.  (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

L’artisanat s’est montré résistant face à la crise sanitaire et a continué à voir se créer des entreprises et de l’emploi. Mais moins que d’habitude, selon une enquête de la Chambre des métiers. En moyenne, le chiffre d’affaires a chuté de 8% dans le secteur, avec des variations selon les métiers.

Le boulanger, le traiteur, le podologue, le coiffeur, le menuisier, le photographe… Tous ont vécu la crise du Covid-19 à leur façon, pourtant ils partagent une caractéristique: leur appartenance au secteur de l’artisanat.

Pour mesurer au mieux l’impact de la crise du Covid-19 sur ses 8.031 entreprises en 2020, la Chambre des métiers a mené une enquête «significative», avec un taux de participation de 45%. Résultat: une croissance, mais ralentie et qui cache des disparités.

Moins de chiffre d’affaires, d’emplois et d’entreprises dans l’alimentation

Au total, le secteur a enregistré 253 créations nettes d’entreprises en 2020, contre 319 l’année précédente. Il emploie 99.579 personnes, 1.539 de plus qu’en 2019. Mais le nombre de créations nettes a diminué de 53%. Son chiffre d’affaires a baissé, en moyenne, de 8%. 80% des entreprises affichent une évolution comprise entre -35% et +14%. En cause: l’absence de salariés, l’activité restreinte, le manque de clientèle.

L’impact en termes de chiffre d’affaires a été plus brutal pour la mode, la santé et l’hygiène, puisqu’il chute de 21%. L’emploi baisse de 1%, mais le nombre d’entreprises augmente de 2%. Dans la communication aussi, le chiffre baisse de 19%, l’emploi de 8%, mais le nombre d’entreprises grimpe de 10%. Dans l’alimentation en revanche, tout diminue: le chiffre d’affaires de 16%, l’emploi de 5% et les entreprises de 3%. La construction voit son activité en baisse de 6% et la mécanique de 9%, malgré des créations d’emplois (respectivement +3% et +1%) et d’entreprises (+3% et +2%).

Le chômage partiel, aide numéro un

Seulement 6% des sociétés interrogées ont affirmé avoir les recettes suffisantes pour financer les frais courants. 85% ont eu recours à des aides étatiques non remboursables, 43% à leurs réserves ou à une augmentation de capital, 32% à des prêts, 27% à un allongement des délais de paiement.

«Les dispositifs d’aides ont clairement contribué à amortir le choc économique», note la Chambre des métiers. La plus essentielle a été le chômage partiel, utilisé par 84% des sondés.

Mais une fois la crise terminée et les aides disparues, pourra-t-on éviter une flambée des faillites? «On ne peut pas l’exclure, ce sera un miracle s’il n’y a pas d’augmentation à un moment donné», estime Tom Wirion , directeur général de la Chambre des métiers. Il imagine cependant qu’elle sera moins «spectaculaire» que l’on a pu l’imaginer en mars dernier. En tout cas «au premier trimestre 2021, nous ne constatons pas d’augmentation».

+7% en 2021?

Pour éviter un éventuel choc d’après-Covid, la chambre professionnelle demande que la suppression des aides se fasse en douceur. Ce à quoi le ministre des Classes moyennes Lex Delles (DP) répond que, depuis le début de la crise, «les aides ont toujours été adaptées tous les deux à trois mois pour faire face à la réalité» et aux montants maxima permis par l’Union européenne. Aujourd’hui encore, il faut déterminer qui en aura besoin, par secteur. «C’est cette analyse que nous sommes en train de faire.»

D’autres discussions pourraient s’ouvrir avec l’après-crise. La Chambre des métiers demande plus de soutien à l’esprit entrepreneurial, en supprimant certaines inégalités entre le statut d’indépendant et celui de salarié, par exemple concernant l’accès à une pension anticipée. Et des actions pour contrer les effets secondaires déjà visibles de la pandémie, comme la pénurie de matériaux dans le secteur de la construction . Ici, un rallongement des délais pour les travaux publics a été demandé.

En attendant, la Chambre des métiers table sur un chiffre d’affaires toujours inférieur de 1% en 2021 par rapport à 2019, mais en hausse de 7% par rapport à 2020.