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La mobilité, ça se partage



À l’image des Vel’oh ou des véhicules Flex by CFL, l’offre de transports partagés est en constant développement au Luxembourg. (Montage: Maison Moderne)

À l’image des Vel’oh ou des véhicules Flex by CFL, l’offre de transports partagés est en constant développement au Luxembourg. (Montage: Maison Moderne)

À deux ou à quatre roues, l’offre de véhicules partagés continue à s’étoffer au Lux­embourg. Coup d’œil sur un segment résilient dans le contexte de crise sanitaire.

Vel’oh prend du galon

Ces vélos bleu et gris en libre-service font partie du paysage urbain de la capitale depuis 2008 déjà. Mais, ces derniers mois, des stations Vel’oh fleurissent au-delà de Luxembourg-ville, notamment à Hesperange et Bertrange. «En 2021, notre projet est de rajouter 22 stations: 5 à Luxembourg et le solde dans sa périphérie», explique Jérôme Blanchevoye, directeur général adjoint Villes & Finances chez JCDecaux Belgium. ­Ainsi, quatre stations sont attendues à Mamer, deux à Capellen, deux à Niederanven, quatre à ­Hesperange et une supplémentaire à Bertrange. 200 nouveaux deux-roues devraient étoffer la flotte, qui en contient actuellement 900, répartis pour l’instant dans 98 stations. Ces vélos à assistance électrique venus remplacer en 2018 le modèle traditionnel semblent trouver leur public, à en croire notre interlocuteur: «Entre l’ancien et le nouveau système, le nombre d’abonnés a été multiplié par plus de deux, atteignant les 18.000», assure-t-il, tandis que le nombre de locations quotidiennes moyennes a été quadruplé. Le Covid-19 a pourtant réduit les déplacements avec ses confinements et le recours prononcé au télétravail. «Le nombre de trajets a diminué», admet Jérôme Blanchevoye, sans toutefois donner de chiffres précis. Avec trois types d’abonnements qui vont de 2 euros pour un jour d’utilisation à 18 euros par an, Vel’oh cible un public large, bien au-delà des résidents de la capitale. Deux offres «business» s’adressent aussi aux entreprises et institutions européennes qui souhaitent offrir un peu de mobilité douce.

Carloh: la voiture à l’accent urbain

Inciter les automobilistes qui roulent peu à renoncer à leur véhicule et à opter pour une voiture partagée: telle est la démarche de ­Carloh, le service d’autopartage lancé en 2015 à Luxembourg-ville. Depuis lors, plus de 1,3 million de kilomètres ont été parcourus par ces 34 ­voitures, dont trois électriques. «Notre objectif est de passer à 50, voire 53 voitures dans les deux à trois prochaines années. Mais, actuellement, l’utilisation est un peu moindre suite au Covid», explique Patrick Hein , manager de Carloh. Avec quelque 800 trajets mensuels, les véhicules – qui vont de la citadine compacte à la berline break – ciblent une clientèle de particuliers et d’entreprises répartis partout sur le territoire de la capitale. «On a 20 à 30% de notre clientèle qui n’achètent pas de voiture parce qu’ils savent qu’ils séjournent un an ou deux au Luxembourg avant de déménager», illustre notre interlocuteur. Fin février, Carloh recensait 735 clients, majoritairement âgés de 36 à 45 ans. Leur trajet moyen? Un peu plus de 40 km pour 4h55 d’utilisation. Après utilisation, chaque véhicule retourne à sa station de départ. Particularité: les 18 stations de Carloh sont généralement situées non loin d’une station Vel’oh ou d’un arrêt de bus, afin de faciliter la multimodalité urbaine. «Notre objectif n’est pas d’entrer en concurrence directe avec Flex», insiste Patrick Hein, qui précise qu’«à l’heure actuelle, il n’y a pas de synergie: le ­service est différent, la technologie est différente». Les abonnements mensuels vont de 5 à 30 euros, auxquels s’ajoutent les frais par heure et par kilomètre (de 0,20 à 0,47 euro) d’utilisation.

Flex: un réseau en évolution

Depuis trois ans et avec 47 stations, Flex poursuit sa route près des gares et autres points de passage. Car si le service de carsharing des CFL se veut être un complément aux transports publics, il cible les particuliers, les entreprises et les communes. Ainsi, de nouvelles stations ouvrent en ce mois de juin à Strassen, Frisange et Roeser, tandis que celle de ­Dippach-Gare a fermé en mars et le véhicule affecté à celle de la gare de Sandweiler-Contern va déménager à la nouvelle station du parking Gernsback, au Kirchberg. «On a besoin de ­voitures à d’autres emplacements», explique ­Jürgen Berg, directeur de Flex. 

«Avec d’autres communes, nous sommes en train de faire des tests avec un système de pop-up: c’est un moyen pour voir s’il y a une demande, quels sont les besoins et donner la possibilité aux clients de mieux comprendre le système Flex». Courant juin, Remich et Redange devraient accueillir ces stations pour six mois. 

Actuellement, la flotte compte 110 véhicules, dont 25 voitures électriques et 4 camionnettes. 

Fort de 4.800 abonnés actifs, Flex assure que la crise sanitaire a gonflé la demande — ­hormis durant le confinement du printemps 2020. Quant aux entreprises, Flex connaît une phase «plus calme, mais ça va changer, j’en suis convaincu».

Face à la concurrence, l’opérateur dit tirer son épingle du jeu avec une offre disponible dans l’ensemble du pays et des tarifs avantageux sur la location à très court terme. La formule de base coûte 3,80 euros par heure avec 0,45 euro du kilomètre. Les usagers peuvent opter pour un abonnement «gold» (10 euros/mois) où l’heure d’utilisation descend à 2,80 euros, auxquels s’ajoute 0,40 euro par kilomètre parcouru.

Cet article a été rédigé pour  l’édition magazine de Paperjam du mois de juin  parue le 27 mai 2021.

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