ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

En direct du Paris Fintech Forum

Le Luxembourg satisfait de «son» dernier PFF



Le CEO de Clearstream, Stephan Leithner (ici avec le micro), et le CEO de Tokeny (4e à partir de la gauche) ont vanté les charmes du Luxembourg dans les problématiques liées à la blockchain et aux assets digitaux. (Photo: Paperjam)

Le CEO de Clearstream, Stephan Leithner (ici avec le micro), et le CEO de Tokeny (4e à partir de la gauche) ont vanté les charmes du Luxembourg dans les problématiques liées à la blockchain et aux assets digitaux. (Photo: Paperjam)

Les Luxembourgeois présents mardi et mercredi au dernier Paris Fintech Forum, au palais Brongniart, semblaient globalement satisfaits de cette conférence qui part dans toutes les directions... et qui fera une pause au moins l’an prochain.

Laurent Nizri avait entretenu le suspense. Mardi matin, à l’ouverture du Paris Fintech Forum, le CEO d’Altéir Consulting avait annoncé une décision pour... mercredi matin, qui explique le 202X en dernière page du précieux guide des start-up présentes. Mercredi matin, le chef d’orchestre du rendez-vous parisien a annoncé que l’événement n’aurait pas lieu l’an prochain.

Au moins l’an prochain. «Nous sommes un événement privé, un événement international. L’an dernier, nous avons organisé 2.000 rendez-vous en tête à tête. Cette année, nous en avions 10.000 la première journée. Nous ne pouvons pas rester à faire la même chose année après année. Je ne suis pas vendeur (de l’événement), mais il n’y aura pas de Paris Fintech Forum l’an prochain. Je veux construire quelque chose qui ait du sens, et je vais passer les six prochains mois à le développer.»

Laurent Nizri l’a annoncé mercredi matin: il n’y aura pas de Paris Fintech Forum en 2021. L’organisateur veut consacrer au minimum six mois à réinventer «un événement qui fasse du sens». (Photo: Paperjam)

Laurent Nizri l’a annoncé mercredi matin: il n’y aura pas de Paris Fintech Forum en 2021. L’organisateur veut consacrer au minimum six mois à réinventer «un événement qui fasse du sens». (Photo: Paperjam)

Sans même attendre son annonce, une série d’acteurs européens – dont la Luxembourg House of Financial Technology  (Lhoft) – avaient commencé à s’interroger sur l’opportunité d’organiser leur propre événement. Pas satisfaits? Ce n’est pas le sujet.

Approcher les institutionnels français

La conférence parisienne est particulière à deux niveaux: d’abord, l’organisateur veille à la balance entre différents acteurs des nouvelles technologies financières, donc même quand elle est officiellement consacrée à l’open banking, les verticales sont nombreuses, ce qui rend les acteurs rares, et elle propose trop de diversité; et elle est majoritairement un rendez-vous de professionnels qui rencontrent des professionnels là où ils pourraient vouloir rencontrer des clients.

La délégation a à peine égratigné l’organisation sur ces deux points, préférant rester sur les contacts, y compris avec d’autres acteurs luxembourgeois.

C’est un moment particulier parce que le marché bouge et qu’il faut être présent maintenant, et pas dans trois ans! Au Luxembourg, nous n’avons pas à rougir de ce que nous faisons!

Jacques Pütz,  CEO de Luxhub

Pour Luc Falempin (Tokeny Solutions), «cela nous a permis de rencontrer différents types d’acteurs, surtout des institutionnels français qu’on a plus de mal à approcher, comme la Banque des dépôts ou la Banque publique d’investissement. L’an dernier, l’application fonctionnait mieux, donc nous avions des rendez-vous toutes les 30 minutes, mais ça va!»

Avec l’annonce de son partenariat avec Accenture  pour la technologie de reconnaissance de caractères, Jacques Pütz (Luxhub), accompagné par le président de son conseil d’administration, Jean Hilger, était «très très content. C’est un moment particulier parce que le marché bouge et qu’il faut être présent maintenant, et pas dans trois ans! Au Luxembourg, nous n’avons pas à rougir de ce que nous faisons! Le fait que le sujet de l’année soit l’open banking, ça nous a permis d’entrer en contact avec des marchés que nous connaissons parfois moins bien. De mon point de vue, c’est parfait! Je n’arrête pas de le dire, mais l’innovation impose la collaboration, et ce rendez-vous permet de trouver les bons partenaires!»

Un seul bon contact peut faire la différence

D’autres préfèrent évoquer une dimension qualitative. «Le bon chiffre, c’est un!», commente le président du conseil d’administration de Koosmik, Claude Grunitzky. «Il vaut mieux avoir un très bon contact que de courir 10.000 lièvres en même temps. Je préfère que nous ayons des discussions très poussées avec peu de personnes», a ajouté le Togolais, dont le stand était idéalement placé au premier étage.

Comme d’autres entrepreneurs, le CEO de Tetrao, Christian Gillot, préfère un très bon contact que trop de contacts sans finalité particulière. Mercredi soir, il se disait satisfait. (Photo: Paperjam)

Comme d’autres entrepreneurs, le CEO de Tetrao, Christian Gillot, préfère un très bon contact que trop de contacts sans finalité particulière. Mercredi soir, il se disait satisfait. (Photo: Paperjam)

Juste à côté, le deuxième jour, Tetrao, dont les dirigeants étaient tout aussi satisfaits, et pour les mêmes raisons. «Quand tu as l’opportunité de participer à une table ronde avec un global CEO, tu y gagnes toujours. On a vu cette année de plus gros fonds d’investissement intéressés par notre produit. La différence par rapport à l’an dernier, c’est aussi que nous avions un produit à présenter. Et que nous sommes passés à 40.000 fonds, ça assoit notre activité!»

Le jeune entrepreneur a aussi profité de la présence du régulateur, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), représentée par son directeur général, Claude Marx , pour évoquer différents points. Les contacts avec les Luxembourgeois sont l’autre aspect important.

Si les Fintech Fridays mis en place par la Lhoft font désormais salle comble, le besoin de se parler est toujours aussi flagrant entre représentants de différentes institutions, comme le Fonds européen d’investissement ou le SnT de l’Université du Luxembourg. 

Les ambassadeurs assumés du Luxembourg

«Participer au side event, mardi soir, ça m’a fait plaisir», commentait le CEO d’InReg, Jean Louis Catrysse. «Mais pendant l’événement, j’ai aussi vu des ‘cibles’ dans le domaine des assets managers... et des regtech qui auront justement la charge de maintenir l’opérationnel en ligne avec la réglementation. C’est intéressant de pouvoir discuter des deux dimensions en même temps. Je suis un peu déçu qu’il n’y ait pas plus d’acteurs de l’asset management, mais il y aura d’autres occasions. Je ne parle pas forcément de conférences de l’Alfi, qui restent traditionnellement plus orientées business que technologie.»

Catalogue des start-up en main, le délégué commercial d’EBRC en France, Jean-Louis Gillon, fléchait les start-up à aller voir. «Pas la peine d’y aller frontalement! Mieux vaut mettre le doigt sur les données sensibles et leur montrer combien leur intérêt peut être d’héberger ces données chez nous. On voit que les autorités ont fait le job parce que plus personne ne nous qualifie de ...» Les mains tournent les pages. «Vous comprenez ce que je veux dire!»

Et puis, une partie de la délégation a clairement des activités de scout. Comme l’équipe de la Lhoft, occupée à vanter les charmes du Luxembourg, comme le feront sur scène le CEO de Clearstream, Stephan Leithner, ou celui de Tokeny, Luc Falempin, sur la même table ronde consacrée aux digital assets et à l’avenir de l’industrie des fonds. Ou à comprendre les tendances qui se dégagent d’un univers en pleine ébullition. Comme l’ont fait aussi les discrets envoyés de KPMG ou de Deloitte. Scouts, toujours.