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Conversation croisée avec Danielle Maas et Yves Henry

«Le Luxembourg Open, c’est l’exception»



Yves Henry et Danielle Maas comparent leurs deux tournois. (Photo: Andrés Lejona/Maison Moderne)

Yves Henry et Danielle Maas comparent leurs deux tournois. (Photo: Andrés Lejona/Maison Moderne)

D’un côté du filet, Danielle Maas, directrice du BGL BNP Paribas Luxembourg Open, le plus grand tournoi du pays. De l’autre, Yves Henry, président de la SAS Moselle Open, la compétition n° 1 dans la Grande Région. Deux rendez-vous majeurs de la rentrée. Deux optiques très différentes aussi d’un sport, le tennis, devenu business.

Vous êtes les ‘patrons’ de deux événements majeurs, les deux plus grands tournois tennistiques de la Grande Région, qui attirent chaque année des milliers de spectateurs à Luxembourg et Metz. Mais vous ne vous connaissez pas. Vous ne vous étiez même jamais rencontrés avant cette interview. Cela peut surprendre…

Danielle Maas (D. M.). – «Le Moselle Open se déroule habituellement à la fin du mois de septembre. Soit peu de temps avant notre tournoi, qui avait toujours lieu en octobre ces dernières années. Nous étions donc à chaque fois en pleins préparatifs au moment du Moselle Open. Et, comme vous pouvez l’imaginer, le temps nous manque toujours dans ces moments-là…

Yves Henry (Y. H.). – «Le fait que l’on ne se connaissait pas avant aujourd’hui n’est évidemment pas une bonne chose. Et ce, pour un certain nombre de raisons… À commencer par le fait que nos deux organisations évoluent dans le même monde. À savoir un marché où la convoitise est grande, où tout le monde lorgne les licences des différents tournois. Si je prends notre cas précis, le Moselle Open fait partie du circuit ATP, celui qui orchestre les plus grands tournois masculins sur la planète (si l’on met de côté les quatre tournois du Grand Chelem). Il n’y en a que 63 organisés chaque année dans le monde. Dont 39 dans notre catégorie.

À Metz, nous sommes les plus petits de ces 39 rendez-vous en termes de taille d’infrastructures; par contre, on se situe dans le top 15 pour la qualité de notre organisation! C’est une fierté. Néanmoins, au vu de ce contexte, je considère qu’il est important de travailler main dans la main avec nos voisins – et je pense là aussi notamment au tournoi féminin de Strasbourg, qui est du même niveau que celui de Luxembourg. Il faut donc les connaître. L’union fait la force! Surtout quand il faut faire face à un appétit grandissant venu, entre autres, du continent asiatique…

Cela fait longtemps que l’on évoque l’intérêt grandissant de l’Asie pour le tennis…

Y. H. «L’ATP, qui organise donc le circuit masculin, tout comme la WTA pour son pendant féminin, est une sorte de ‘cirque’ qui voyage à l’année de pays en pays, de ville en ville, à travers le monde entier. Et organiser un tel tournoi offre une exposition des plus intéressantes, puisque, pendant une semaine, on parle de vous, de votre ville, sur toute la planète! Or, pour le moment, il existe un déséquilibre entre les autres continents et l’Asie, en défaveur de ce dernier. Et la volonté asiatique est très forte afin d’attirer des tournois supplémentaires…

Notre but, en 2021, est de nous rapprocher de la normalité et de pouvoir accueillir du public dans les tribunes. Or, notre date habituelle, à la mi-octobre, nous offrait moins de perspectives à ce niveau-là.
Danielle Maas

Danielle Maas,  directrice du BGL BNP Paribas Luxembourg Open

D. M. «De notre côté, sur le ‘Tour’ féminin, la chine et l’Asie sont un grand concurrent depuis une dizaine d’années. C’est un peu moins le cas aujourd’hui, notamment en raison de la crise du Covid-19. Notre partenaire dans l’orga­nisation de notre tournoi, Octagon (une des sociétés les plus puissantes au monde dans le domaine des sports & entertainment agencies, ndlr), a toujours tout fait pour nous protéger, mais aussi aider le Luxembourg Open à obtenir une bonne date dans le calendrier. Ce qui est important. Et puis, le fait que beaucoup de joueuses européennes squattent les premières places du classement mondial est aussi un élément qui nous sert bien.

D’habitude, il y a toujours quelques semaines entre vos deux rendez-vous. Mais cette année, ils se suivent dans le calendrier, puisque le BGL BNP Paribas Luxembourg Open se tiendra du 13 au 19 septembre et le Moselle Open aura lieu du 20 au 26 septembre…

D. M. «C’est nous qui avons bougé. D’un mois pour être précis. Pour des raisons qui sont forcément liées à une crise sanitaire qui nous avait empêchés d’organiser notre tournoi en 2020…

Y. H. «Tout comme nous…

D. M. «Notre but, en 2021, est de nous rapprocher de la normalité et de pouvoir accueillir du public dans les tribunes. Or, notre date habituelle, à la mi-octobre, nous offrait moins de perspectives à ce niveau-là. Souvenez-vous qu’en 2020, c’est à cette période que les chiffres du Covid-19 avaient recommencé à flamber un peu partout. Et nous proposons un événement indoor… Nous nous sommes donc concentrés sur septembre. Un mois où nous avons également beaucoup plus de chances de pouvoir recevoir le public en extérieur et notamment d’organiser notre ‘village ­d’accueil’ en plein air.

La WTA souhaitant voir des tournois sur le continent européen à la rentrée, nous avons demandé à être situés dans le calendrier directement après les vacances d’été. La possibilité existait d’ailleurs de se trouver la même semaine que le Moselle Open, mais on ne voyait pas d’intérêt à se faire ainsi concurrence. D’où notre positionnement une semaine plus tôt.

Notre mot d’ordre, c’est ‘safety first’! Nous sommes en contact étroit avec le ministère de la Santé et notre tournoi se déroulera en mode CovidCheck.
Danielle Maas

Danielle Maas,  directrice du BGL BNP Paribas Luxembourg Open

En 2022, le Luxembourg Open gardera ces dates-là?

D. M. «C’est impossible à dire pour le moment. Avec la pandémie, la WTA n’a pas encore officiellement annoncé son calendrier post-Wimbledon (c’est-à-dire après la mi-juillet, ndlr). Et les discussions ne font que commencer pour la saison 2022…

Et pour le Moselle Open, on part sur quelle jauge en termes de spectateurs?

Y. H. «Compte tenu des dispositions en vigueur en France depuis le 21 juin dernier, en principe, on ne devrait connaître aucune restriction en septembre. Donc, si l’été se passe correctement et si la vaccination continue à un rythme acceptable, nous ne devrions faire face à aucune contrainte au niveau de ­l’accueil du public. Sauf, peut-être, en ce qui concerne la restauration. Or, il faut savoir que celle-ci est extrêmement importante de notre côté, avec 20.000 à 25.000 repas servis durant la semaine de compétition. Il y a un risque que l’on ne puisse manger qu’en étant assis. Et non debout…

D. M. «Combien de VIP accueillez-vous?

Y. H. «On peut évaluer leur nombre entre 25.000 et 30.000 personnes sur la semaine. Sachant que nous avons, hors week-end, deux ses­sions par jour, une l’après-midi et l’autre le soir. En tout, 200 entreprises sont présentes aux Arènes de Metz, qui peuvent accueillir jusqu’à 4.800 spectateurs.

La po­pu­lation a été marquée par les mauvaises décisions prises au niveau sanitaire. Aujourd’hui, lorsque l’on échange avec des investisseurs, des entreprises ou le public qui apprécie de venir voir notre tournoi, on sent une volonté forte de participer à une manifestation comme la nôtre.
Yves Henry

Yves Henry,  président de la SAS Moselle Open

Cela a été «facile» de monter de tels événements dans les conditions actuelles et après une année blanche?

D. M. «Non. C’est un peu comme si vous organisiez un tout nouveau tournoi. Il faut tenter de s’adapter, prévoir. Savoir se montrer optimiste, tout en étant surtout réaliste! Pour le Luxembourg Open, on part ainsi sur une jauge de spectateurs fixée à 50%, alors que l’on attire habituellement entre 20.000 et 22.000 personnes dans les installations de Kockelscheuer durant la semaine du tournoi. Et au niveau de l’accueil des VIP aussi, on part sur 50% des standards habituels.

Notre mot d’ordre, c’est ‘safety first’! Nous sommes en contact étroit avec le ministère de la Santé et notre tournoi se déroulera en mode CovidCheck. Pour y avoir accès, il faudra donc soit être vacciné, soit faire valoir un test PCR négatif ou alors apporter la preuve que vous êtes guéri. Des tests rapides devraient également être disponibles sur place…

Après, la situation sanitaire n’a pas non plus rendu facile le contact avec les joueuses. Difficile de voyager et de les rencontrer à Roland-Garros ou Wimbledon comme nous le faisions habituellement…

Y. H. «Les choses sont effectivement beaucoup plus difficiles aujourd’hui… En France, le soutien aux entreprises a été bon. Ainsi, nous avons notamment pu compter sur un PGE (prêt garanti par l’État, ndlr) d’un million ­d’euros, garanti à 90% par l’État. Mais la po­pu­lation a été marquée par les mauvaises décisions prises au niveau sanitaire. Aujourd’hui, lorsque l’on échange avec des investisseurs, des entreprises ou le public qui apprécie de venir voir notre tournoi, on sent une volonté forte de participer à une manifestation comme la nôtre.

La mentalité luxembourgeoise est telle que ce sont surtout les noms qui comptent. Davantage encore que le classement.
Danielle Maas

Danielle Maas,  directrice du BGL BNP Paribas Luxembourg Open

En ce qui concerne les sponsors, la situation a-t-elle été plus compliquée que d’habitude?

Y. H. «Non.

D. M. «Chez nous non plus. Aucun sponsor ne nous a quittés. Ils ont mis entre parenthèses l’édi­tion 2020 et nous sommes repartis ensemble pour un tour. Tout comme l’État luxembourgeois et la Ville de Luxembourg, deux de nos grands supports. Ils ont tout de suite signifié qu’ils voulaient nous supporter. Il est vrai que nous sommes un événement phare, avec une renommée internationale.

En termes de prize money, de budget, à quel niveau vous situez-vous?

Y. H. «Au Moselle Open, nous sommes à 600.000 dollars de prize money. Cela correspond donc à la somme totale que les joueurs engagés chez nous vont toucher en fonction de leurs résultats. Mais, à côté, il y a également ce que l’on appelle «la garantie». En anglais, on parle d’appearance fees. Ce sont donc les cachets que nous offrons aux joueurs pour les faire venir. Parce que, pour attirer un joueur comme, au hasard, le Belge David ­Goffin, qui est aujourd’hui au rang de 16e joueur mondial et sera chez nous en septembre, vous devez lui donner un petit quelque chose. Cette garantie se chiffre, pour nous, au total, aux environs de 400.000 euros.

D. M. «C’est le même principe à notre niveau. Si ce n’est que les prix sont plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Pour le Luxembourg Open, nous nous situons plutôt à 250.000 dollars de prize money et plus ou moins la même somme au niveau de la garantie. Mais, souvent, tout dépend des joueuses que vous parvenez à attirer dans vos filets.

Y. H. «On ne recrute pas facilement un membre du top 10 mondial…

D. M. «La mentalité luxembourgeoise est telle que ce sont surtout les noms qui comptent. Davantage encore que le classement. Une grande star comme Venus Williams, par exemple, sera plus intéressante qu’une ‘top 10’ lambda. Et ça, même si elle n’est plus aujourd’hui que 80e joueuse mondiale.

Le rêve, à ce niveau-là, c’est de se trouver juste avant un Grand Chelem ou un autre grand rendez-vous attirant tous les meilleurs joueurs du monde, sans être trop éloigné géographiquement de votre tournoi. De manière à ce que ceux-ci viennent se préparer chez vous.
Yves Henry

Yves Henry,  président de la SAS Moselle Open

Est-il possible d’attirer de grandes stars avec vos budgets respectifs? Des Roger Federer, Rafael Nadal ou Novak Djokovic chez les hommes. Ou une Naomi Osaka, dont on sait qu’elle est très importante sur le marché asiatique, chez les femmes…

Y. H. «Réglementairement, juridiquement parlant, rien ne nous en empêche. Après, effectivement, financièrement, c’est impossible! Aujourd’hui, Federer a presque 40 ans et il choisit ses tournois en fonction de ses envies. Quant au n° 1 mondial, Novak Djokovic, qui a remporté le Moselle Open en 2006, à 19 ans, vous pouvez prévoir un chèque de 1,5 million d’euros si vous souhaitez essayer de le faire venir…

D. M. «Les montants sont moindres, là aussi, sur le circuit féminin. Mais, pour attirer financièrement une joueuse comme Serena ­Williams, il faut compter un budget supérieur à celui que nous mettons pour tout le plateau présent chez nous. Les joueuses savent qu’elles ne peuvent pas obtenir chez nous les mêmes conditions financières que peut leur proposer, par exemple, un tournoi comme celui de Stuttgart, dont on sait qu’il est soutenu par Porsche. Par conséquent, il est vraiment très important, comme je le disais, d’avoir une bonne date dans le calendrier afin d’attirer certaines stars.

Y. H. «Vous avez entièrement raison! Le rêve, à ce niveau-là, c’est de se trouver juste avant un Grand Chelem ou un autre grand rendez-vous attirant tous les meilleurs joueurs du monde, sans être trop éloigné géographiquement de votre tournoi. De manière à ce que ceux-ci viennent se préparer chez vous.

Nous ne gagnons pas un euro avec notre tournoi. Du coup, nous n’avons jamais eu de pression par rapport à ça. Nous nous sommes toujours dit que si nous connaissions des soucis avec nos sponsors, nous arrêterions.
Danielle Maas

Danielle Maas,  directrice du BGL BNP Paribas Luxembourg Open

On sait que le Luxembourg Open est un tournoi considéré comme très familial, où tout le monde est bénévole. C’est plutôt anachronique dans le business qu’est aujourd’hui devenu le tennis…

D. M. «Nous sommes, en effet, une association sans but lucratif, où tout le monde est bénévole. Des 11 personnes formant le comité aux 120 à 130 personnes qui nous aident annuellement pour que le tournoi ait lieu. Nous ne gagnons pas un euro avec notre tournoi. Du coup, nous n’avons jamais eu de pression par rapport à ça. Nous nous sommes toujours dit que si nous connaissions des soucis avec nos sponsors, nous arrêterions. Mais, au final, nous nous sentons plutôt portés par ces parte­naires, nos sponsors, le gouvernement et la Ville de Luxembourg.

Y. H. «De notre côté, nous ne pourrions pas évoluer comme vous le faites. Avec nos 5 millions de chiffre d’affaires et des coûts qui dépassent les 4 millions, il est impossible d’être une association. Nous sommes donc une SAS (société par actions simplifiée, ndlr) basée sur un événement annuel, le Moselle Open. Ce qui est à la fois notre force et notre faiblesse. Parce que nous jouons tout notre chiffre d’affaires en une semaine. Par conséquent, pour ne pas en être trop dépendants, nous essayons aujourd’hui de diversifier nos activités. Avec le golf de Preisch notamment. Et la volonté est présente de devenir avant tout une société de spectacle, avec évidemment toujours une orientation vers le sport. Parce que le tennis seul ne suffit pas. Il faut tenter d’aller chercher l’argent là où il est.

D. M. «Ce que vous expliquez avec le Moselle Open, c’est devenu la normalité dans le monde des tournois de tennis. Et ce que nous réalisons à Luxembourg, c’est l’exception.

Monsieur Henry, vous avez déclaré voici un an que vous pensiez déménager des Arènes de Metz vers le Galaxie d’Amnéville. C’est une idée qui est toujours dans vos cartons?

Y. H. «Ce que j’avais déclaré, c’est que toute entreprise, quand elle se développe, doit aller voir ailleurs ce qu’il se passe. Les Arènes sont un bel endroit, mais c’est aussi un bâtiment qui date du début des années 2000. Or, comme je vous l’ai dit, aujourd’hui, nous sommes là pour proposer un spectacle, offrir plus que du tennis aux gens. Et ce afin de parvenir, in fine, à avoir des recettes supérieures à nos dépenses. Je me dois donc de regarder le projet qui s’est mis en place à Amnéville et qui est extraordinaire! Le seul endroit, à ma connaissance, où l’on peut retrouver sur le même site une piste de ski (artificielle), un golf, un casino, un centre thermal, un des plus beaux zoos de France…

Aussi longtemps que je serai là, l’ADN de notre société sera de gagner de l’argent. Tout simplement parce que c’est le seul moyen de conserver notre indépendance.
Yves Henry

Yves Henry,  président de la SAS Moselle Open

On ne peut pas se permettre de ne pas s’y intéresser. Et l’on se doit de penser que ce serait vraiment un lieu idéal pour attirer toute la famille pendant une après-midi. Ce qui doit être notre ambition! Car aussi longtemps que je serai là, l’ADN de notre société sera de gagner de l’argent. Tout simplement parce que c’est le seul moyen de conserver notre indépendance. Pour ça, on se doit donc de se remettre en question chaque année et d’aller jeter un œil à ce qui se fait ailleurs.

D. M. «C’est une vision assez éloignée de notre ADN. Nous, nous sommes plus dans l’optique d’une fête pour tout le monde: le public, les joueuses… Et ce, à notre petite échelle. À l’image de notre pays donc. C’est un concept que nous cultivons depuis désormais 25 ans et qui continue de fonctionner.

Pour le Luxembourg Open, vous n’avez donc pas pour projet de changer de salle. Vous restez à Kockelscheuer?

D. M. «Oui. On se doit d’être réaliste. En tant que Luxembourgeoise, je connais la mentalité de mon pays. Et il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre.

Cela fait 25 ans que vous et quelques autres dirigeants vous occupez de ce Luxembourg Open. Une succession est-elle envisagée pour le futur?

D. M. «Nous venons de signer de nouveau pour trois ans, jusqu’en 2023. Vous me parlez de futur, mais il ne faut pas oublier que la licence de notre tournoi appartient à la société ­Octagon dont je parlais tout à l’heure et dont le CEO est un ami. Le deal est que tant que nous continuons, le tournoi reste au Luxembourg. Mais si nous décidions de nous arrêter, je ne sais pas quelle direction notre partenaire américain prendrait… On sait notamment que, par le passé, il y a déjà eu des intérêts en provenance d’Asie pour racheter le tournoi…»

Cet article a été rédigé pour  l’édition magazine de Paperjam du mois d’août/septembre  parue le 15 juillet 2021.

Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine, il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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