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Lundi, l’avenir de Jean-Claude Juncker «sera ailleurs»



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Les derniers mots de Jean-Claude Juncker face à la presse? «J’ai faim.» (Photo: Shutterstock)

Jean-Claude Juncker cédera ses fonctions dimanche à Ursula von der Leyen. Ce vendredi, il a donc donné sa dernière conférence de presse en tant que président de la Commission européenne.

Il y avait évidemment beaucoup de monde dans la salle de presse de la Commission européenne pour la dernière apparition de Jean-Claude Juncker en tant que président . Celui-ci a d’abord expliqué aux journalistes «ne pas avoir à vous dire merci. Vous n’êtes pas à notre service. La presse est là parce qu’elle est là.» Et de rappeler ensuite «ne pas être l’homme des adieux. J’ai déjà beaucoup pleuré et pense que cela suffit.»

Le pire métier du monde

Jean-Claude Juncker avoue «être heureux de quitter cette fonction, car ce n’est pas une tâche facile». Voici deux ans, il reçoit en cadeau un livre intitulé «Le Pire métier du monde». Il croit d’abord qu’on évoque là le poste de secrétaire général de l’ONU avant «de constater au fil des pages que c’était celui de président de la Commission qui était visé». 

Avec la presse, l’ancien Premier ministre luxembourgeois avoue «avoir beaucoup aimé travailler. 18 conférences de presse ici, 70 dans le VIP corner, presque 150 interviews… Et si je ne vous ai pas sollicité autant que vous ne pouviez l’imaginer, c’est parce que la parole a de l’influence seulement si elle se fait rare.» De plus, Jean-Claude Juncker a aussi préféré laisser ses commissaires expliquer leurs dossiers plutôt que de se les accaparer.

Bref, il n’a pas «manqué à son devoir de communication». Même s’il avoue qu’il aurait aimé en changer le rythme. «Nous sommes le seul organe politique au monde à proposer une conférence de presse tous les jours!»

Jean-Claude Juncker s’est en revanche montré extrêmement discret quant à son futur. Un bureau à Bruxelles. Un autre à Luxembourg. Mais pour quoi faire? On ne sait pas encore. «Tout ce que je peux dire, c’est que lundi mon avenir sera… ailleurs», explique-t-il. Se décrivant comme étant le dernier survivant du traité de Maastricht avec l’euro, il constate «que désormais, l’euro sera seul».

Clinton, Chirac et un changement d’hôtel

Et de finir sur une anecdote remontant à 1997, parfois évoquée mais jamais détaillée. Savoureuse quand on sait que Juncker sera appelé à témoigner en mars dans le cadre d’un procès en lien avec des écoutes téléphoniques . «Je devais voir Jacques Delors chez lui. Mais je me rends compte que mon hôtel n’est pas proche de son domicile. Je décide donc de changer d’hôtel. Personne n’est au courant de cela. Vers 3h du matin, le téléphone sonne dans la chambre et c’est Bill Clinton qui veut m’évoquer un problème entre Airbus et Boeing. Je me suis demandé comment il savait où j’étais. Au matin, je rencontre Jacques Chirac, qui me prend par le bras et me dit: ‘Tu sais, la manière dont tu as parlé à Clinton cette nuit, c’est exactement comme cela que les Européens doivent faire.’»

Ses derniers mots avant de se retirer? «J’ai faim.» Une manière de s’excuser de s’éclipser après une heure de conférence de presse.