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avant le vote à la chambre

Loi Covid: «Unanimes sur le message central»



Les députés doivent se prononcer sur les mesures soumises par l’exécutif trois jours auparavant. (Photo: Chambre des députés/Archives)

Les députés doivent se prononcer sur les mesures soumises par l’exécutif trois jours auparavant. (Photo: Chambre des députés/Archives)

Les députés de la commission de la santé ont âprement discuté mardi des nouvelles mesures devant être votées ce mercredi.

Il n’y a pas eu de miracle à l’issue d’une longue séance de la commission de la santé mardi après-midi – 4h30 de discussions. Aucune retouche n’a été apportée aux mesures présentées par le Premier ministre,  Xavier Bettel (DP), et la ministre de la Santé,  Paulette Lenert (LSAP), la veille, à savoir la fermeture des cafés et restaurants, cinémas, parcs d’attractions, casinos, foires et salons et des établissements culturels, hormis les musées et bibliothèques, jusqu’au 15 décembre, ainsi que la règle du «+2» (possibilité pour un ménage de recevoir seulement deux personnes vivant ensemble) et la suspension des activités sportives, sauf quelques exceptions (scolaires et sportifs professionnels). Des mesures défendues mardi devant la commission par le ministre des Sports, Dan Kersch (LSAP).

«Ce sont des choix très difficiles à faire, mais il faut faire des choix», justifie Mars di Bartolomeo (LSAP), président de la commission de la santé, au regard de la règle du «+2», qui a soulevé de nombreux débats. «Le message de cette mesure est le suivant: renonçons pendant une période limitée à ces contacts familiaux, qui ne sont pas sans danger d’infection, dans la perspective de regagner un peu plus de normalité ensuite, avec en arrière-pensée la fête de Noël, qui nous tient tellement à cœur. C’est un choix assez sévère, mais il est à la mesure de la gravité de la situation.»

«Pas de loi parfaite contre ce virus»

Car si les infections semblent se stabiliser, voire refluer légèrement, la situation reste préoccupante», souligne l’ancien ministre de la Santé. «Il faut infléchir encore beaucoup plus sérieusement les courbes des infections, de la mortalité, de la présence de virus dans les eaux usées et surtout des hospitalisations, car celles-ci ne baissent pas. Et il faut délester le personnel soignant, qui est sur le front depuis des mois, de ce supplément de patients.»

Si le député déplore à demi-mot que l’opposition n’a à nouveau pas soutenu son rapport, il insiste sur le fait qu’«indépendamment des critiques autour de mesures isolées, il y a un consensus au sein de la commission sur le message central: il faut s’atteler avec détermination à contenir ce virus. Nous sommes confrontés à 10 morts par jour, plusieurs centaines de nouvelles infections par jour: c’est grave.»

Et de rappeler que «si on voulait vraiment jouer la sécurité, ce serait un confinement total, mais les dommages collatéraux seraient vraiment profonds. Il n’y a pas de loi parfaite contre ce virus, pas de ligne droite, sinon tous les pays l’auraient choisie.»

C’est donc en toute logique, avec les seules voix de la majorité, que les nouvelles mesures devraient être adoptées ce mercredi après-midi, après un débat qui promet d’être virulent. La Chambre a en tout cas joué le jeu et examiné en deux jours les mesures soumises par l’exécutif, montrant sa réactivité, tout en ne lésinant pas sur les discussions.