ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Sidérurgie

Liberty Steel va négocier un plan de maintien dans l’emploi



Le site luxembourgeois de Liberty Steel fonctionne toujours au ralenti avec une capacité de production autour des 20%.  (Photo: Nader Ghavami/MAison Moderne)

Le site luxembourgeois de Liberty Steel fonctionne toujours au ralenti avec une capacité de production autour des 20%. (Photo: Nader Ghavami/MAison Moderne)

La direction de Liberty Steel Dudelange et les syndicats se sont mis d’accord pour mettre en place un plan de maintien dans l’emploi, afin de donner du temps au sidérurgiste pour se restructurer. Un accord négocié lors d’une discussion au sein du ministère de l’Économie.

Liberty Steel n’a toujours pas réglé ses problèmes de liquidités suite à la faillite de Greensill . Mais, petit à petit, le sidérurgiste est en train de se réorganiser, avec l’espoir de retrouver des niveaux de production acceptables, notamment à Dudelange.

Le site luxembourgeois fonctionne toujours au ralenti avec une capacité de production autour des 20%. Ce plan de maintien dans l’emploi devra permettre, dans un premier temps, de prolonger le chômage partiel, qui arrive actuellement à sa limite légale. Ce plan de maintien dans l’emploi devrait aussi permettre d’ouvrir l’accès à des formations ou à des prêts de main-d’œuvre. Le sidérurgiste et les syndicats vont également négocier sur les perspectives à venir.

Du côté syndical, on reste méfiant et on rejette déjà toute idée visant à toucher aux effectifs. «Nous nous sommes mis d’accord pour négocier un plan de maintien dans l’emploi. Mais maintenant le plus dur va commencer. On parle souvent de prêt de main-d’œuvre, mais dans ce cas, c’est envoyer des travailleurs chez ArcelorMittal, qui recrute actuellement, avec le risque qu’ils ne reviennent plus, donc une perte de savoir-faire au sein du site de Dudelange», prévient Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB. Ce dernier pointe la nécessité de trouver une alternative ou une mise à niveau de la ligne d’électrozingage. L’outil est vieillissant et le marché n’est pas très favorable aux produits issus de ce procédé sidérurgique. «Liberty Steel doit apporter des solutions alternatives et cela passera certainement par des investissements», souffle Robert Fornieri. Dans les couloirs du site, on estime entre 10 à 20 millions d’euros les besoins en investissement pour permettre au site d’entrevoir de belles prévisions d’avenir.

Une solution de la dernière chance

Mais difficile de parler d’investissement quand on connaît les difficultés financières du groupe. «Nous aurons une réunion la semaine prochaine et nous verrons ce que Liberty Steel propose. La direction a déjà présenté des scénarios qui semblent donner, à l’avenir, davantage d’autonomie à Dudelange par rapport à Liège et à Galati», reste tout de même optimiste Robert Fornieri, même si ce dernier ne cache pas que ce plan de maintien dans l’emploi est la solution de la dernière chance.

De son côté, le ministère de l’Économie va rester attentif aux négociations entre le sidérurgiste et les syndicats. Pour le moment, il n’est pas prévu d’apporter un soutien financier par le biais de la SNCI, mais bien par des mécanismes légaux dans le cadre d’un plan de maintien dans l’emploi, comme le chômage partiel, des préretraites et des formations, entre autres. «Le ministère de l’Économie salue la volonté affichée des partenaires sociaux de négocier un plan de maintien dans l’emploi dans le cadre du plan de réorganisation de Liberty Steel. Cette volonté rejoint les démarches déjà entreprises par le ministère de l’Économie pour sauvegarder les emplois et donner une perspective pour l’usine à Dudelange et ses salariés», a fait savoir le ministère de l’Économie. 

À noter que le plan de maintien dans l’emploi devra être avisé par le comité de conjoncture et homologué par la ministre du Travail et de l’Emploi.

La semaine dernière, la validation d’un plan de restructuration proposé par Liberty Steel pour Liège a marqué une première étape pour le sidérurgiste, qui pourra compter sur le soutien d’un investisseur et de la Sogepa (équivalent de la SNCI en Belgique) pour faire fonctionner à nouveau les lignes de production, et donc approvisionner Dudelange dans les mois à venir. Un plan qui a tout de même coûté 153 emplois afin de sauver 690 emplois sur les sites de production de Tilleur et Flémalle.