POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Le dossier est dans une impasse

L’avenir de Liberty Steel Dudelange est toujours incertain



85 salariés sont toujours au chômage partiel sur 220 postes de travail au sein de l’usine Libeerty Steel à Dudelange. Alors que le marché est très demandeur de ses produits. (Photo: Nader Ghavami/Maison Moderne)

85 salariés sont toujours au chômage partiel sur 220 postes de travail au sein de l’usine Libeerty Steel à Dudelange. Alors que le marché est très demandeur de ses produits. (Photo: Nader Ghavami/Maison Moderne)

En commission économie de la Chambre, le ministre Franz Fayot a expliqué que le rachat par ArcelorMittal du site de Dudelange appartenant à Liberty Steel demeurait illusoire. Aucune nouvelle circonstance ne pourrait, pour le moment, entraîner l’accord de la Commission européenne pour cette manœuvre.

Liberty Steel Dudelange demeure toujours en grande difficulté. En raison de la faillite de Greensill, principal créancier de GFG Alliance , l’usine sidérurgique  tourne au ralenti. 85 salariés sont actuellement au chômage partiel sur 220 postes de travail, cela alors que, pourtant, la demande en tôles laminées et galvanisées sur le marché  est élevée.

Si les syndicats mettent depuis un certain temps la pression sur le groupe GFG Alliance pour voir Liberty Steel vendre et quitter le site luxembourgeois, les politiques semblent maintenant se succéder pour l’accroître encore.

Dernièrement, les eurodéputés luxembourgeois Christophe Hansen (CSV-PPE) et Isabel Wiseler-Lima  (CSV-PPE) ont interpellé Margrethe Vestager via une question parlementaire quant à  la possibilité d’un éventuel rachat de l’usine dudelangeoise par ArcelorMittal, qui l’avait vendue à Liberty Steel dans  le cadre de l’acquisition d’Ilva.   Pour que le groupe de Lakshmi Mittal puisse mettre la main sur le site italien, la Commission lui avait en effet imposé en 2018 de céder certaines de ses unités de production en Europe – dont Dudelange et Liège – afin d’éviter une situation de monopole. Avec une clause empêchant tout rachat par la suite, sauf changement exceptionnel sur le marché.

Dans sa réponse, la commissaire européenne à la Concurrence a été laconique, confirmant sobrement,  que «le droit de la concurrence de l’UE interdit à ArcelorMittal de réacquérir les sites de production qu’elle a décidé de céder, à moins qu’il ne puisse être prouvé que la situation et la dynamique du marché ont profondément changé». 

Assez cependant pour redonner un peu d’espoir à certains observateurs, voyant d’un très bon oeil l’éventuel retour d’ArcelorMittal aux commandes à Dudelange, et appelant celui-ci de leurs voeux. 

Franz Fayot reste pragmatique

Mais devant les députés de la commission économie à la Chambre, Franz Fayot (LSAP), ministre de l’Économie, a douché cet espoir. Ou du moins, le ministre a expliqué qu’après plusieurs échanges avec la Commission, il n’existait en effet pas en ce moment de nouvelles circonstances exceptionnelles dans le secteur sidérurgique qui pourraient amener à envisager une revente à ArcelorMittal.

La piste la plus étudiée par le ministère de l’Économie demeure donc une reprise de Liberty Steel Dudelange par un autre acteur industriel qu’ArcelorMittal, avec le soutien de la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI)

Seul problème, mais de taille: Liberty Steel n’est pas vendeur et voudrait au contraire voir l’État devenir un partenaire amenant des liquidités. Une option jugée risquée par des personnes proches du dossier dans la mesure où cet investissement pourrait très vite remonter à la maison mère GFG Alliance, et ne pas profiter à l’usine de Dudelange et ses ouvriers. Un risque que le gouvernement luxembourgeois n’envisage pas de prendre.