POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Brexit

«Les 27 ont fait preuve d’une grande maturité»



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Philippe-Emmanuel Partsch souligne l’habileté des 27 dans les négociations. (Photo: Arendt & Medernach)

Philippe-Emmanuel Partsch, partner chez Arendt & Medernach, réagit au nouveau report du Brexit négocié lors du sommet européen jeudi 21 mars.

Deux alternatives ont été présentées hier soir , à savoir un report de la date du Brexit au 22 mai (soit la veille des élections européennes) ou au 12 avril. Quelle est votre première réaction suite à ce nouveau rebondissement?

Philippe-Emmanuel Partsch . – «Les dirigeants européens ont cherché à concilier les différents points de vue. Ils ont également veillé à ce que le Brexit n’interfère pas avec les élections européennes. Cela démontre une certaine ouverture et une flexibilité de leur part vis-à-vis du Royaume-Uni.

Alors qu’ils auraient pu opposer une fin de non-recevoir à Theresa May, les chefs d’État et de gouvernement ont été au-delà de leur lassitude et de leur fatigue du Brexit. Ce qui est révélateur d’une grande maturité et d’un sens des nuances.

Le nouveau calendrier présenté vous semble-t-il pertinent?

«Toutes les dates ont été choisies avec soin. Il y a au final une différence notable de professionnalisme entre l’Union européenne et Theresa May. La date du 30 juin qu’elle avait proposée constituait une provocation et a généré beaucoup de troubles.

Le 12 avril était le dernier jour utile pour que le Royaume-Uni organise des élections. Et le 22 mai a également été bien choisi, avant la tenue des élections européennes.

Il existe donc deux options: soit les Britanniques votent l’accord négocié la semaine prochaine et le report au 22 mai s’applique; soit ils le refusent, et le gouvernement britannique a jusqu’au 12 avril pour signifier sa participation ou non aux élections européennes.

Dans le cas où ils décident de participer aux élections, un report du Brexit de plus longue durée pourrait être demandé par les Britanniques. Dans le cas contraire, le Royaume-Uni devra assumer un ‘no deal’.

La balle est donc clairement dans le camp britannique?

«Oui. En proposant ces alternatives hier, les 27 ont eu l’habileté de ne pas porter la responsabilité de l’intransigeance. Ils sont par ailleurs restés fermes sur leurs positions et sur la préservation des intérêts légitimes de l’Union européenne.

Leur sang-froid et leur flegme méritent d’autant plus d’être soulignés que le Brexit n’était pas le seul sujet à l’ordre du jour de ce sommet européen, puisque des thèmes comme les relations entre l’UE et la Chine, notamment, ont été abordés.»