POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

médias

Laurent Loschetter remet son mandat à la radio 100,7



«J’ai voulu m’investir dans la radio pour faire profiter de mon expérience de gestionnaire en tant que chef d’entreprise. Je n’ai jamais voulu m’immiscer dans la ligne éditoriale. Je considère donc que le travail est accompli», résume Laurent Loschetter. (Photo: Maison Moderne)

«J’ai voulu m’investir dans la radio pour faire profiter de mon expérience de gestionnaire en tant que chef d’entreprise. Je n’ai jamais voulu m’immiscer dans la ligne éditoriale. Je considère donc que le travail est accompli», résume Laurent Loschetter. (Photo: Maison Moderne)

Le président du conseil d’administration de la radio de service public a choisi de remettre son mandat sur la table. Pour Laurent Loschetter, 100,7 est désormais dotée d’un financement et d’un organigramme en ligne avec ses ambitions.

Laurent Loschetter va retrouver un peu plus de temps pour ses autres projets. Et ils sont nombreux. Celui qui exerçait depuis la fin août 2017 la présidence du conseil d’administration de l’Établissement de radiodiffusion socioculturelle va remettre officiellement sa démission mardi.

Le conseil d’administration en a été informé lors d’une réunion qui s’est tenue ce lundi en début d’après-midi.

«Le temps est venu de mettre sur la table ce mandat, car j’estime avoir rempli la mission pour laquelle j’ai été nommé», déclare Laurent Loschetter à Paperjam.

Une convention pour plus de moyens

Régularisation de contrats de travail, mise en place d’une politique de ressources humaines avec la nomination d’un responsable, Laurent Loschetter considère que l’organisation interne de la radio est désormais d’aplomb.

«Nous avons décidé aussi de renouveler complètement des systèmes informatiques obsolètes et de remettre à plat les budgets de fonctionnement», ajoute-t-il.

Toujours en matière budgétaire, le président sortant rappelle que son mandat a permis de signer en mai 2018 une nouvelle convention de financement avec le gouvernement .

«Cette convention alloue plus d’argent à la radio et sur une durée plus longue, à savoir cinq ans. Sa signature permet d’éviter l’agenda électoral et offre une indépendance vis-à-vis des revenus publicitaires. Nous avions aussi conclu l’ajout d’une clause faisant augmenter rétroactivement les montants en fonction de l’index.»

Courant sur la période 2019-2023, la convention affiche une hausse budgétaire «de 4% pour 2019 et de 2% pour les années suivantes. Une dotation nette de 6,8 millions d’euros est ainsi prévue pour l’exercice 2023, contre 4,8 millions d’euros en 2013», détaillait le communiqué du gouvernement à l’époque.

«Le temps est venu de faire de la radio»

Aurait-il pu rester maintenant que les chantiers organisationnels sont terminés? «Je ne veux pas être dans le chemin de la réflexion qui mènera vers la nouvelle gouvernance de la radio, après une réflexion qui était initialement prévue début 2020», répond Laurent Loschetter. «C’est le bon moment pour se poser la question du mode de gouvernance, soit via un nouveau président ou un collectif. Dans les deux cas, le temps est venu de ‘faire de la radio’.»

Le profil de la ou des futures personnes qui présideront aux destinées de la radio devra donc être caractérisé par une expérience préalable dans les médias. Au profit d’une fidélisation de l’audience qui s’élevait à 21.200 auditeurs, soit 4,1% de la population selon la dernière étude TNS Ilres. «L’audience n’est pas forcément le but premier pour une radio de service public, mais pouvoir trouver son public vaut toutes les études du monde», note Laurent Loschetter.

Quant à l’arrivée, en mars dernier, de Marc Gerges en tant que directeur de la radio , il parle d’une «personne idéale» en raison de sa connaissance des médias et de son expérience de manager: «Son engagement a été la décision la plus importante et pertinente de ce CA.»

Entouré de soupçons en raison de son amitié de longue date avec le Premier ministre et ministre des Communications et des Médias  Xavier Bettel (DP), Laurent Loschetter préfère retenir l’idée du sentiment du devoir accompli: «J’ai voulu m’investir dans la radio pour faire profiter de mon expérience de gestionnaire en tant que chef d’entreprise. Je n’ai jamais voulu m’immiscer dans la ligne éditoriale. Je considère donc que le travail est accompli.»

De la construction d’un nouveau siège social pour DSL, son entreprise fondée il y a 33 ans, à la création d’un concert open air sur le parking de Luxexpo The Box le 10 juillet prochain  avec den Atelier, dont il est un des associés, Laurent Loschetter a déjà la tête dans ses autres projets.