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EN 2010, ILS ONT ÉVOQUÉ LE LUXEMBOURG DE 2020 (4/8)

Jean-Claude Juncker: «Le Luxembourg de 2020 n’aura pas connu de révolution»



En 2010, Jean-Claude Juncker était Premier ministre, ministre d’État et du Trésor.  (Photo: Maison Moderne)

En 2010, Jean-Claude Juncker était Premier ministre, ministre d’État et du Trésor.  (Photo: Maison Moderne)

Il y a 10 ans, 24 personnalités partageaient dans Paperjam leur vision de ce que serait le Luxembourg en 2020. En cette fin d’année, la rédaction a choisi d’en republier huit pour voir à travers elles quelles sont les avancées réalisées et celles qu’il reste à faire. Place aujourd’hui à Jean-Claude Juncker.

Premier ministre, ministre d’État et du Trésor, Jean-Claude Juncker se préparait un avenir européen en 2010, au moment de rédiger cette contribution pour Paperjam.

Le texte de Jean-Claude Juncker

«Quelle différence en dix ans! En l’an 2000, les Luxembourgeois pouvaient aborder la nouvelle décennie pleins d’optimisme et de confiance dans l’avenir. L’économie tournait à plein régime, le chômage était au plus bas et la Bourse ne semblait connaître qu’une direction, la hausse. Or, nous savons aujourd’hui que ce «meilleur des mondes» a rapidement déçu les espoirs placés en lui.

L’ambiance en 2010 n’est guère comparable. L’économie luxembourgeoise sort, lentement, de sa pire crise depuis des décennies. Ce qui, hier encore, semblait acquis paraît, aujourd’hui, plus menacé que jamais. Après une période de croissance économique sans précédent – même au cours des «trente glorieuses», le Grand-Duché n’a pas affiché les taux de croissance connus depuis 1985 –, la remise en cause, et donc l’inquiétude quant à demain, sont au plus fort.

L’expérience du tournant du millénaire aurait pourtant dû nous apprendre que rien n’est plus permanent que le changement. Les années à venir seront, sans le moindre doute, exigeantes. Je suis pourtant convaincu qu’elles seront en même temps particulièrement enrichissantes et que le Luxembourg, à condition de rester uni, solidaire et ouvert au monde et à ses réalités, en sortira plus fort que jamais.

Le Luxembourg de 2020 n’aura pas connu de révolution. Plus intégrée que jamais dans l’Union européenne et la Grande Région, son économie reposera toujours sur une place financière forte et un socle industriel solide. Plus que jamais, tant l’industrie des fonds que la banque privée devront leur succès à un savoir-faire spécifique et une expérience riche. Dans l’industrie, la proximité des clients et, surtout, le développement de nouveaux produits et de nouveaux procédés, assurant une valeur ajoutée élevée, auront été nécessaires pour se maintenir face à une concurrence qui, du moins à première vue, dispose de structures de coûts plus avantageuses.

En 2020, la dynamique économique sera plus que jamais due à des entreprises innovantes, à taille peut-être moins importante, mais affichant par contre une croissance d’autant plus impressionnante. Le Luxembourg récoltera les fruits d’initiatives comme l’Université du Luxembourg, l’investissement dans la recherche et dans le développement de nouveaux secteurs d’expertise. Les biotechnologies, les innovations bénéficiant à l’environnement, tout comme, de manière générale, les technologies de l’information, feront partie intégrante du tissu économique grand-ducal.

Le Luxembourg bénéficiera surtout d’une jeune génération mieux préparée et plus motivée que jamais à l’entrée dans la vie professionnelle. A l’école, l’orientation par l’échec aura laissé la place à un cursus plus engageant, plus participatif, avec à la sortie des citoyens plus critiques, plus exigeants, mais aussi mieux armés pour aborder une société toujours plus ouverte à l’extérieur. L’offre élargie d’apprendre le luxembourgeois, tout comme la double nationalité, auront enrichi le Grand-Duché qui, de par son ouverture et sa tolérance, restera fidèle à une caractéristique qui a depuis toujours marqué la société luxembourgeoise.

Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Il y a 10 ans, Paperjam publiait un hors-série avec 9 covers différentes, proposant notamment 24 visions de ce que serait le Luxembourg en 2020.  (Photo: Maison Moderne)

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Le rôle de l’État sera resté celui d’un garant de l’équité et de la solidarité. En 2020, pas plus qu’aujourd’hui, les marchés, pour importants qu’ils soient, ne produiront d’eux-mêmes de la solidarité. Le maintien de la cohésion sociale continuera dès lors à être une obligation toujours aussi ardente. Il faudra, pour y arriver, avoir accepté que la solidarité ne concerne pas que les autres, qu’en fait un nombre important dispose d’épaules suffisamment larges pour prendre le pas sur ceux qui sont moins bien lotis quand il s’agit de redistribuer une partie de notre richesse commune.

Plus intéressant que l’année 2020 sera peut-être le chemin à parcourir pour y arriver. Après des décennies avec les yeux rivés sur la croissance du PIB, il s’agira de trouver un meilleur équilibre dans l’appréciation de la véritable qualité de vie individuelle et collective. Je suis confiant dans le fait qu’avec un peu de courage, nous arriverons, ensemble, à bon port.»