LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Argent

ARGENT COMPTANT

«Je n’aime pas les excès»



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Manou Hoss: «J’ai un jardin dans ma maison à Luxembourg et j’aime beaucoup m’en occuper.» (Photo: Edouard Olszewski)

Tous les mois, dans Paperjam, une personnalité influente du Grand-Duché se livre à notre interview «Argent comptant». Au tour ce mois-ci de Manou Hoss, managing partner de Elvinger Hoss Prussen.

Terre à terre

Une devise par rapport à l’argent?

«‘L’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître.’ J’emprunte l’expression à Alexandre Dumas dans ‘La Dame aux camélias’. C’est comme cela que je vois ma relation avec l’argent. C’est un outil de mesure comme le mètre, le gramme...

Avez-vous des passions coûteuses?

«J’ai un jardin dans ma maison à Luxembourg et j’aime beaucoup m’en occuper. C’est donc une passion très terre à terre, mais elle peut s’avérer coûteuse.

Des choses pour lesquelles vous ne regardez pas à la dépense?

«Je n’aime pas ce qui est excessif et démonstratif. Donc, je ne suis jamais prête à ne pas regarder à la dépense. Je ne dis pas que je ne pourrais pas me faire un cadeau pour un bel objet ou un beau voyage, mais cela devra toujours rester dans le juste prix.

Des débuts en musique

Un souvenir de votre premier salaire?

«Au tout début de ma carrière, j’ai été salariée un an dans le cabinet Slaughter and May à Londres. Je ne me souviens pas du montant, mais je gagnais un peu plus que mon époux, qui était aussi employé à Londres. Cela reste une petite fierté, vu mon engagement pour réduire le gender pay gap.

Qu’avez-vous fait de particulier avec ces premiers salaires?

«Nous achetions des billets de concerts au Royal Festival Hall à Londres. Les prix des tickets de concerts classiques n’étaient pas plus élevés que ceux de cinéma. On y allait donc souvent. Sinon, nous étions assez économes. À la fin de notre première année de travail, nous avons eu assez d’argent pour nous acheter notre première chaîne hi-fi, que nous avons gardée 20 ans.

New York en bateau

Avez-vous un rêve irréalisable faute de moyens financiers?

«J’en ai deux. Le premier est le rêve d’un monde plus juste, notamment au niveau de l’égalité hommes-femmes et du respect de la diversité. C’est un rêve, mais j’y travaille en tant que bénévole depuis très longtemps auprès de la Croix-Rouge luxembourgeoise. Un autre rêve a toujours été d’aller à New York en bateau. Et depuis que Greta Thunberg l’a fait en voilier, cette idée me fait encore plus rêver. Mais je ne pense pas que je le ferai.

Un objet dont vous ne pourriez jamais vous séparer?

«Je pense que, s’il le fallait vraiment, je pourrais vendre tous mes objets. Par contre, j’aurais beaucoup de mal à me séparer de mes photos. Et j’aime aussi beaucoup ma montre, que mes parents m’ont offerte. Je la porte avec plaisir en signe de ma profonde affection pour eux.

Créer et construire

Investissez-vous à titre personnel?

«Oui. Comme j’aime les choses durables et la liberté, c’est ce qui guide en premier mes choix d’investissement. Je ne suis jamais tentée de placer de l’argent dans quelque chose où je n’aurai aucune influence. Je vise plutôt des projets à travers lesquels je peux apporter une touche personnelle ou laisser mon empreinte. Concrètement, cela peut rendre la forme d’un projet immobilier ou d’une entreprise.

Quels types d’investissements conseilleriez-vous à vos enfants?

«Je leur conseille d’investir dans leurs relations privées et professionnelles. Et com­me j’ai un penchant pour l’entrepreneuriat et l’indépendance, je les encourage à créer et à construire quelque chose en investissant aussi bien leur temps que leur argent.

Et ils suivent vos conseils?

«Ils n’ont pas d’argent à inves­­­tir, mais à leur manière ils créent (rires).

Le luxe du temps

À quel luxe sacrifiez-vous parfois de l’argent?

«Mon plus grand luxe, c’est le temps. Et je consacre depuis très longtemps une grande partie de mon temps à ma famille et à mes responsabilités au sein de la Croix-Rouge. J’ai fait le choix de ne pas limiter mon activité à ma vie professionnelle. C’est mon luxe de pouvoir faire ce choix.

Un achat trop coûteux, mais que vous ne regrettez pas?

«De manière générale, je regrette rarement mes actions. Mais j’aime beaucoup le ski et la montagne et, il y a deux ans, je me suis offert une nouvelle paire de skis. Le plaisir qu’ils me procurent vaut l’investissement à 100%.»