ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Les 15 et 16 Septembre

5.000 personnes déjà inscrites à l’ICT Spring phygital



L’image n’a qu’un an… mais elle a pris un coup de vieux. Covid-19 oblige, le réseautage de l’ICT Spring se fera par une solution développée en deux mois. Seuls les orateurs et quelques VIP auront accès au centre de conférences du Kirchberg. (Photo: Edouard Olszewski)

L’image n’a qu’un an… mais elle a pris un coup de vieux. Covid-19 oblige, le réseautage de l’ICT Spring se fera par une solution développée en deux mois. Seuls les orateurs et quelques VIP auront accès au centre de conférences du Kirchberg. (Photo: Edouard Olszewski)

Plus gros événement tech du Luxembourg, l’ICT Spring a été décalé aux 15 et 16 septembre pour pouvoir se réinventer. Le nombre d’inscrits dépasse déjà le nombre de participants des années précédentes, mais le concept est très différent.

Aura lieu? Aura pas lieu? L’ICT Spring, grand rendez-vous du printemps autour de la technologie, a douté, en pleine pandémie de coronavirus, avant d’être finalement décalé à la mi-septembre . «Je croise les doigts», murmure son chef d’orchestre, le CEO de Farvest, Kamel Amroune, à quelques jours de l’événement.

Le dernier état des lieux des inscriptions indique 4.800 à 5.000 visiteurs, mais il en faudrait 3.000 de plus pour donner à l’événement plus de densité, explique-t-il. Car Covid-19 oblige, plus question d’assister à des conférences, de déambuler dans les allées, de discuter avec X ou Y autour d’un verre, pour cinq minutes ou une demi-heure: l’événement sera phygital. Autrement dit, il mêlera le digital et le physique pour la sécurité des organisateurs et des participants.

Selon quatre «piliers».

Deux tiers des orateurs ont choisi d’être présents

- Les conférences seront «phygitales», mais les orateurs, VIP, membres du gouvernement et autres ont eu la possibilité d’être présents au centre de conférences dans le strict respect du protocole de sécurité sanitaire. 84 des 135 orateurs ont choisi d’être présents physiquement et Broadcasting Center Europe a été retenue pour diffuser leurs bonnes paroles, une garantie de qualité, assure M. Amroune.

- Faute de pouvoir avoir des stands, les organisateurs ont développé une webapp, myictspring.com , qui permettra à ceux qui voulaient s’exposer de le faire, de mettre à disposition de la documentation sur leurs produits ou services et même de discuter virtuellement quand ils recevront une notification que quelqu’un «les attend sur leur stand», ce qui peut être un avantage par rapport à l’événement physique quand un entrepreneur décide d’abandonner son stand pour un rendez-vous ou pour aller à la rencontre de quelqu’un ailleurs.

- Les side events ont été multipliés par deux. Sur le plan des thématiques au moins. Au traditionnel triple axe composé des fintech, de l’intelligence artificielle et de l’espace, les organisateurs en ont ajouté pour la cybersécurité, pour la supply chain à la demande du gouvernement, et pour le Post-IoT.

- Une solution aléatoire de networking, comme un speed dating tech. C’est peut-être le véritable point problématique. L’événement a surtout une vocation de réseautage: comment amener au Luxembourg des experts mondiaux et permettre à des entrepreneurs luxembourgeois et européens de les approcher, en marge des événements ou dans l’espace de restauration? L’ICT Spring lancera à cette occasion une solution de réseautage créée en deux mois. Le visiteur aura la possibilité de définir son profil et ses centres d’intérêt parmi ceux proposés et il se verra mis en contact de manière aléatoire avec des profils recherchés pour cinq minutes. À l’issue de ce temps donné, les deux interlocuteurs pourront poursuivre la discussion en échangeant leurs coordonnées.

Sondergaard, superstar de l’intelligence artificielle

Comme tous les ans, la maison mère de Farvest, Docler Holding, organisera son «Pitch Your Startup», pour découvrir les perles de demain ou d’après-demain, cette année dans huit catégories (cybersécurité, intelligence artificielle, supply chain, insurtech, regtech, fintech, smart mobility et edtech), qui se disputeront les 50.000 euros du premier prix.

Comme tous les ans, le gouvernement reste très impliqué pour vanter les charmes du pays. Les ministres seront même quatre cette année à intervenir, dans un message vidéo: le Premier ministre, Xavier Bettel (DP) à l’ouverture; le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), à la clôture; le ministre de l’Économie, Franz Fayot (LSAP), autour du sommet sur la cybersécurité, et le ministre délégué à la Digitalisation, Marc Hansen (DP), lors du Pitch Your Startup. Signe de l’implication particulière de la Chambre de commerce, son directeur général, Carlo Thelen , sera aussi «sur scène».

«Cette édition sera une belle expérience pour plus tard», se réjouit Kamel Amroune, dont le seul crève-cœur, comme tous les ans, est de devoir choisir entre quelques orateurs ceux qu’il ne faut pas rater. Il souffle. Refléchit. Et finit par glisser Peter Sondergaard , un des vice-présidents de Gartner, spécialiste de l’intelligence artificielle et qui a fait les beaux jours du Gartner de Barcelone, par exemple.

Ou Clay Mowry, vice-président de Blue Origin , qui veut commercialiser des vols suborbitaux, la première étape du tourisme de l’espace pour clients fortunés.

Ou encore Matt Desch, CEO d’Iridium Communications Inc. , qui a fait de sa start-up un des géants de l’espace avec sa constellation de satellites Iridium.

L’ICT Spring s’apprête à vivre sa révolution. Mais rêve déjà de revenir aux jours d’avant. À ce brouhaha volontaire, joyeux et innovant.