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FOURNISSEUR DE LOGICIELs DE L’ANNÉE

Governance prête à «mordre»



Après la levée de fonds et un nouveau prix, Bert Boerman et Governance veulent se développer d’abord sur le marché luxembourgeois. (Photo: Paperjam)

Après la levée de fonds et un nouveau prix, Bert Boerman et Governance veulent se développer d’abord sur le marché luxembourgeois. (Photo: Paperjam)

Deux mois après sa levée de 3 millions d’euros, Governance a remporté le prix du «Financial Software Provider» de l’année la semaine dernière. La start-up attaque ses deux années charnières avec appétit. Et surtout, une vision claire pour doubler son chiffre d’affaires en 2020 et le tripler en 2021.

«Il y a cinq ans, quand nous avons démarré, quand nous parlions de nos projets à un investisseur, il n’avait qu’une envie: quitter la salle. Il n’y avait ni marché, ni solution.» Au premier étage de The Office, l’ambiance est studieuse chez Governance.

Prix du meilleur fournisseur de logiciels financiers de l’année devant lui, le CEO, Bert Boerman , se pose pour un rare exercice de stratégie, aux côtés de son directeur de la stratégie, Georges Bock . «Je suis fier que la passion de notre équipe pour résoudre les challenges de nos clients liés à la régulation soit honorée de cette distinction.»

«Il y a une convergence», assure le Néerlandais. «Nous avons nos produits, nous avons une marque et une notoriété. Mais ce n’est pas parce que tu as les bons ingrédients que ta recette va t’assurer du succès. Ça ne fait pas automatiquement un bon plat.»

S’il n’est pas question de parler de chiffre d’affaires – «la concurrence!», s’excuse le CEO –, la start-up, établie sur quatre marchés, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse et l’Irlande, veut doubler le nombre de ses clients (25 institutions financières ou gestionnaires de fonds) et surtout devenir le champion au Luxembourg de l’automatisation des process dans l’industrie financière.

D’abord, devenir le champion du Luxembourg

Pour Boerman, «installer des forces de vente ailleurs n’a pas vraiment de sens». Pour Bock, «il y a assez de clients au Luxembourg pour permettre d’installer Governance». «Nous devons démontrer au Luxembourg l’intérêt pour nos solutions», disent-ils, presque en chœur.

Pour y arriver, la première étape est… faire profil bas. «Évidemment», décortique Georges Bock. «Il n’est pas question d’arriver avec notre solution et de dire qu’elle est la meilleure. Mais de proposer à des employés qui s’occupent de ces questions-là, comme l’anti-blanchiment ou la compliance, de tester nos solutions et de regarder, au bout d’une certaine période, ce qui est le plus efficace pour eux.»

«Sur 20 fonds que vous gérez, continuez avec votre méthode sur 18 d’entre eux et confiez-nous les deux autres. Et comparez!», renchérit le CEO, qui enchaîne avec une autre métaphore alimentaire. «Pas la peine d’engager des consultants pour jauger de l’intérêt de nos solutions: la meilleure manière de savoir si le pudding est bon est d’y goûter.»

Une économie de temps de 20 à 25%

«Nos solutions prêtes à l’emploi pour les gestionnaires de fonds et les custodies permettent d’économiser 20 à 25% de leur temps, maximisant leur temps et leurs coûts, tandis que ces opérations sont mieux gérées», assure le directeur de la stratégie. «Il nous faut moins de 24 heures pour intégrer toute règle qui vient du régulateur, là où dans de nombreux endroits, le travail est fait à la main, et des couches s’ajoutent aux couches précédentes», ajoute le CEO.

Dans certains secteurs, comme la gestion du risque ou la compliance, les offres d’emploi ne trouvent pas preneurs. «Governance ne va pas supprimer de l’emploi, mais permettre aux professionnels de trouver des solutions sans continuer à recruter à tour de bras», dit M. Bock.

Governance développe des ateliers, concrets et pratiques, où la simplicité d’implémentation et d’utilisation de la solution sera proposée à des professionnels. À eux de faire la différence. Même quand les fonds ont leur centre de décision ailleurs qu’au Luxembourg, les filiales ou succursales leur font comprendre pourquoi ils devraient adopter une solution locale, plutôt qu’un autre vendeur de logiciels.

«Pourquoi?», questionne l’ancien consultant de KPMG, sous les yeux de son CEO. «Parce que la CSSF joue parfaitement son rôle et est en pointe sur la mise en place des règles prudentielles décidées au minimum au niveau européen. Et tout le monde doit s’adapter à ces règles!»

Surtout cette année. Non seulement le régulateur du secteur financier multiplie les réunions de travail et les inspections chez les professionnels du secteur, mais il ne va pas hésiter à communiquer sur les vilains petits canards pour que la visite des pairs du Gafi n’ait pas d’impact sur la réputation du Luxembourg. Un objectif clairement affiché par le gouvernement et son ministre des Finances,  Pierre Gramegna  (DP), que les professionnels doivent atteindre.

À la main. Ou avec Governance.