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traitement contre le Covid-19

50 à 70% de la population à vacciner



«Si le vaccin est efficace à 100%, les modèles prédisent qu’il faut vacciner 65% de la population pour qu’apparaisse une immunité majoritaire», selon le docteur Pit Braquet. «Mais cela reste théorique: si le vaccin a moins d’efficacité, il faudra vacciner plus de 65% de la population.» (Photo: Shutterstock)

«Si le vaccin est efficace à 100%, les modèles prédisent qu’il faut vacciner 65% de la population pour qu’apparaisse une immunité majoritaire», selon le docteur Pit Braquet. «Mais cela reste théorique: si le vaccin a moins d’efficacité, il faudra vacciner plus de 65% de la population.» (Photo: Shutterstock)

Le gouvernement se fixerait l’objectif de vacciner 50 à 70% de la population, une fois un vaccin développé et distribué. Sans qu’il soit pour le moment évident, faute de solution efficace, de déterminer quelle part de la population vacciner pour qu’apparaisse une immunité majoritaire.

Une fois un vaccin développé et distribué, l’objectif du gouvernement serait de vacciner 50 à 70% des résidents, selon la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), qui répondait mardi à la Chambre à une interpellation du député Marc Hansen (Déi Gréng).

Une déclaration faite alors qu’aucun vaccin n’est attendu dans un avenir proche. Et qu’il reste donc difficile pour le moment d’estimer quelle part de la population il faudra vacciner pour que celui-ci soit efficace à l’échelle du pays.

«Si le vaccin est efficace à 100%, les modèles prédisent qu’il faut vacciner 65% de la population pour qu’apparaisse une immunité majoritaire», expliquait ainsi le docteur Pit Braquet, médecin spécialiste en maladies infectieuses au CHL, lors d’une interview accordée à Paperjam . «Mais cela reste théorique: si le vaccin a moins d’efficacité, il faudra vacciner plus de 65% de la population.»

Pour quelle catégorie de personnes?

Quant à la question de savoir si une catégorie de personnes, comme les personnes âgées, plus vulnérables face au Covid-19, pourrait en bénéficier en priorité, le gouvernement n’a pas encore tranché. Une interrogation dont la réponse repose aussi beaucoup sur le vaccin en tant que tel, inconnu pour le moment.

«C’est quelque chose qui se voit classiquement avec les vaccins: ils réagissent moins bien chez les personnes âgées, qui auraient le plus besoin d’être protégées», avertit Pit Braquet. «Certains vaccins fonctionnent très bien chez les personnes âgées, comme le vaccin du tétanos. Mais d’autres fonctionnent beaucoup moins bien.»

Le vaccin en question paraît d’ailleurs encore loin d’être développé. «Je ne m’attends pas du tout à ce qu’il y ait quelque chose avant l’année prochaine», estime ainsi Pit Braquet. «Dans les développements standards des nouveaux vaccins, cela met des années. Il y aura probablement plusieurs candidats. Certains tomberont à cause de toxicité, et d’autres à cause d’inefficacité. Le candidat efficace sera-t-il dans les cinq premiers, dans les cinq suivants, ou dans les cinq d’après? Ce n’est écrit nulle part.»

Des difficultés logistiques

Mais les difficultés ne s’arrêteraient pas là, puisque la logistique nécessaire pour vacciner l’ensemble de la population représenterait un défi colossal.

«Il faut qu’il soit produit dans des quantités suffisantes, dans des délais raisonnables, à des prix accessibles, et qu’un système permette de vacciner l’ensemble de la population dans un laps de temps réduit», prévient Pit Braquet. «Or, comme l’a montré la grippe pandémique de 2009, c’est un cauchemar logistique de mettre en place une campagne de vaccination pour une population générale. Et ne parlons pas du coût ou de la perception du public…»