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Feu vert du gouvernement pour les tests rapides



La ministre de la Santé appelle les Luxembourgeois à faire preuve d’excès de zèle et à aller au-delà des recommandations sanitaires faites par le gouvernement. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne/Archives)

La ministre de la Santé appelle les Luxembourgeois à faire preuve d’excès de zèle et à aller au-delà des recommandations sanitaires faites par le gouvernement. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne/Archives)

Alors que le nombre de cas positifs augmente au point d’être «alarmant», la ministre de la Santé, Paulette Lenert, a tenu à dresser un état des lieux de la situation au Luxembourg. Elle confirme qu’un vaccin est attendu pour décembre et que le gouvernement a donné son feu vert pour les tests rapides.

La lutte contre le coronavirus se poursuit, au Luxembourg comme partout dans le monde. Et alors que certains chiffres partent à la hausse , la ministre de la Santé,  Paulette Lenert (LSAP), a rappelé que le port du masque, le respect de la distanciation sociale et des gestes barrières, et la limitation des contacts sociaux étaient les meilleures armes actuelles, «car il ne faut pas croire que le virus va disparaître comme cela, du jour au lendemain».

Un vaccin pourra évidemment y contribuer. Paulette Lenert a confirmé ce qui avait été indiqué mardi par le Premier ministre,  Xavier Bettel (DP): un premier pourrait être disponible en décembre . «Cela se fera dans le cadre de l’achat groupé européen, mais rien n’est encore totalement certain, on a très peu de détails», prévient-elle. «Le Luxembourg aura en tout cas droit, le moment venu, à un certain nombre de doses.» Un groupe de travail au sein de la cellule de crise travaille déjà à une stratégie de vaccination, afin «d’être prêt quand il le faudra». Il s’agira de voir qui vacciner, quand et pourquoi. Une certitude: l’hypothèse d’une campagne de vaccination obligatoire n’est pas envisagée.

Nous n’avons jamais voulu tenir compte d’un seul facteur pour prendre une décision.
Paulette Lenert

Paulette Lenert,  ministre de la Santé

Le gouvernement a par ailleurs donné son accord à l’utilisation de tests rapides . «Plusieurs se trouvent sur le marché. Ils seront d’abord destinés aux professions de santé, afin de réaliser des tests sur des personnes symptomatiques. C’est dans ce cadre que ces tests sont les plus efficaces. Les sages-femmes, les infirmières et infirmiers pourront aussi les utiliser, la liste des professions agréées sera reprise dans le texte légal», précise la ministre.

L’urgence est maintenant de faire baisser les chiffres et certaines courbent qui pointent vers le haut. «On y est arrivé en été et on va y arriver maintenant», assure Paulette Lenert. Une nouvelle campagne d’information quant aux bonnes pratiques (lavage des mains, port du masque…) va d’ailleurs être lancée. La ministre appelle par ailleurs les Luxembourgeois et ceux qui travaillent dans le pays à faire preuve d’excès de zèle. «Faites ce qui a été imposé dans d’autres pays via la contrainte, limitez vos contacts sociaux le plus possible, par exemple», dit-elle encore. «Si vous n’avez pas une bonne raison d’être à 10 à table au restaurant, ne le faites pas! Il ne faut pas hésiter à aller au-delà des recommandations du gouvernement.»

Vidéos: revivez la conférence de presse de Paulette Lenert en luxembourgeois ou en français.

Période délicate, l’automne a donc entraîné une dégradation des chiffres sanitaires, ce qui a développé une «situation alarmante». Mais pas au point de céder à la panique, a rassuré le Premier ministre mardi.

Du 5 au 11 octobre, le nombre de cas positifs a bondi de 47% et le nombre lié à leurs contacts étroits identifiés a aussi augmenté de 50%. Le taux de reproduction du virus a augmenté, passant de 1,17 à 1,37. Le taux d’incidence sur sept jours s’élève à 129 cas positifs pour 100.000 habitants, 217 sur 14 jours. «Certains indicateurs se rapprochent donc des pays voisins, où des mesures drastiques ont été prises. Pour notre part, et nous sommes constants à ce niveau, nous n’avons jamais voulu tenir compte d’un seul indicateur pour prendre des décisions, qu’il y ait une automaticité. On veut tenir compte d’un contexte général», poursuit la ministre.

Noter ses contacts dans un carnet

La tension dans les hôpitaux, plus forte ces derniers temps, mais toujours gérable, a donc toute son importance. Le pays a déploré six morts de plus, «mais leur moyenne d’âge était de 82-83 ans et l’un avait même plus de 90 ans». La moyenne d’âge des malades est par contre en légère baisse: 36,8 ans contre 37,6 ans auparavant.

La vigilance reste donc plus que jamais de mise, de manière générale. Et cela partout ou presque. Le milieu familial reste le premier lieu de contamination (25%), mais le taux augmente dans l’éducation (12% contre 7% auparavant) et le secteur des loisirs. Le milieu professionnel est responsable de 5% des infections.

Le tracing restera donc un allié précieux. La ministre conseille même de «noter dans un carnet les personnes que vous côtoyez, quand et où. C’est un petit réflexe à avoir, sans doute pas très agréable, mais qui peut se révéler très utile si vous devez à un moment donner ces informations», a terminé Paulette Lenert.

Note positive: le nombre de personnes guéries est passé de 7.792 à 8.234.