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Prévisions

Le futur de la banque n’est pas que technologique



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Les recherches du cabinet Wavestone font ressortir l’incidence du contexte social et environnemental sur la stratégie des banques. (Photo: Shutterstock)

Les avancées technologiques sont indispensables aux établissements bancaires pour rester dans la course face à de nouveaux entrants. Mais le fait de repenser les process et de prendre en compte le contexte social et environnemental l’est tout autant.

«Le futur de la banque n’est pas seulement une extrapolation de ce que l’on observe aujourd’hui, mais une disruption», déclare Joël Nadjar, associé du cabinet de conseil Wavestone Luxembourg, en amont d’une conférence sur le sujet mardi 23 juillet.

La rupture technologique est déjà nette, mais les établissements bancaires sont également contraints de s’aligner avec les usages des clients et avec la concurrence de nouveaux entrants sur le marché, que sont les néobanques, les fintech, ou encore les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon).

Pour évaluer le type d’évolution que les banques devraient connaître d’ici 15 à 20 ans, Wavestone a développé une méthode d’exploration. «Les banques ont modernisé leurs usages, mais elles n’ont pas encore bien identifié les usages à venir», estime Joël Nadjar.

Rôle élargi

Les recherches du cabinet font notamment ressortir l’incidence du contexte social et environnemental sur la stratégie des banques.

«Elles seront plus intimes avec les clients: les offres ne seront pas seulement segmentées en fonction des besoins et de la typologie des clients. Une banque devra donner l’impression qu’elle n’est faite que pour nous», précise Joël Nadjar.

S’ajoute à cela une inévitable simplification et intégration des services aux process. Le cabinet note enfin la nécessité de redéfinir ce qu’est une «bonne banque».

Joël Nadjar explique: «Il s’agit, pour les groupes bancaires, d’être davantage en adéquation avec les ressources de la planète, de mieux répondre aux problématiques de lien social, et de se développer de manière durable.» Les solutions proposées devront par conséquent être plus globales, répondant notamment aux enjeux de santé, de mobilité ou de gestion des données. Leur rôle sera donc plus large qu’aujourd’hui.

Transactions instantanées

À plus court terme, dans les deux ou trois prochaines années, la banque devra aussi innover: «Le client a désormais pris l’habitude de tout avoir immédiatement. La banque doit passer d’une offre de transactions différées à celle de transactions instantanées. Les back-offices doivent être revus pour cela», affirme  Jean Diederich , associé chez Wavestone.

Les banques se préparent par ailleurs aux nouvelles règles du jeu de l’«open banking» , avec l’entrée en vigueur de PSD2 mi-septembre .

«Au départ, les banques privées ont eu des difficultés à accepter le partage de leurs données. Néanmoins, leurs clients sont souvent très au fait des avancées technologiques et sont toujours en demande de services pointus», ajoute Jean Diederich.