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Une crise aux effets limités sur les marchés



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Les prix de l’or noir devraient se stabiliser aux niveaux actuels. (Photo: Shutterstock)

Les investisseurs redoutent les crises géopolitiques pour les facteurs d’imprévisibilité qu’elles injectent dans les marchés. La crise entre l’Iran et les États-Unis est ce genre de choc qui déclenche des signaux d’alarme et provoque des changements inattendus.

«Nous avions misé sur des facteurs de volatilité pour l’année 2020, mais nous regardions plutôt du côté de la Chine et de la Corée du Nord. Cette crise entre Washington et Téhéran, nous ne l’avions pas vraiment vue venir», admet Ilario Attasi, head of group investment research de KBL European Private Bankers.

Quelques jours après son déclenchement, cette crise, causée par la mort du général iranien Soleimani, provoque effectivement des soubresauts sur les marchés. Les cours du pétrole montent, ceux de l’once d’or également, ainsi que la cotation des groupes pétroliers.

Un effet limité dans le temps

«On ne peut évidemment pas prévoir ce qui se passerait en cas de guerre, mais s’il n’y a pas d’escalade, on peut s’attendre à des conséquences relativement limitées», poursuit Ilario Attasi. «En général, les événements géopolitiques ont un effet assez limité dans le temps.»

Ce mardi 7 janvier, le baril de Brent de la mer du Nord flirtait avec les 70 dollars. Un cours qui, selon les prévisionnistes de la banque, ne devrait pas monter beaucoup plus haut.

Nous estimons que le cours va fluctuer entre 60 et 70 dollars cette année.
Ilario Attasi

Ilario Attasi,  head of group investment research,  KBL epb

L’Iran et l’Irak restent de gros producteurs de pétrole – ils apportent ensemble un peu plus de 8 millions de barils sur une production mondiale quotidienne de 92-93 millions. «Mais désormais, les États-Unis sont le premier producteur mondial. Leur production, basée sur le pétrole de schiste, peut facilement augmenter à des prix du baril au niveau actuel», poursuit l’analyste de KBL epb.

Et si les States injectent plus de pétrole sur le marché, les prix vont repartir à la baisse. «Nous estimons que le cours va fluctuer entre 60 et 70 dollars cette année.»

L’or retrouve un rôle de valeur refuge

Autre phénomène observé:  la hausse de l’or . L’once atteint désormais 1.570 dollars. Fin 2015, elle cotait seulement à 1.100 dollars et a ensuite évolué dans une fourchette comprise entre 1.100 et 1.350 dollars entre 2016 et 2018.

«En 2019, l’or a augmenté pour atteindre 1.500 dollars l’once», note M. Attasi. «Nous pensons qu’il peut atteindre 1.650 dollars. C’est à la fois une manière de se prémunir des rendements négatifs, une valeur refuge contre l’inflation et un actif décorrélé des autres actifs financiers.»

Il reste par contre sceptique face aux meilleures performances des acteurs pétroliers. Leur redressement, après une année 2019 néfaste, est liée à la hausse récente des cours du pétrole. «Mais nous n’allons pas investir plus dans le secteur», confirme encore l’analyste. «D’autant que ces sociétés vont de plus en plus subir la montée en puissance des normes ESG.»