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Crise États-Unis/Iran: Asselborn en appelle à la raison



Donald Trump adopte la posture de commandeur en chef et se dit prêt à prendre toute autre mesure pour sauvegarder les intérêts du peuple américain. (Photo: Twitter/Maison Blanche/Capture d’écran)

Donald Trump adopte la posture de commandeur en chef et se dit prêt à prendre toute autre mesure pour sauvegarder les intérêts du peuple américain. (Photo: Twitter/Maison Blanche/Capture d’écran)

Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, demande que la diplomatie prime suite à la mort revendiquée par les États-Unis du puissant général iranien Ghassem Soleimani. Donald Trump menace de frapper 52 sites iraniens en cas de représailles.

Un point de non-retour a-t-il été franchi? L’appel à la «vengeance» lancé par le Guide suprême de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, apporte un élément-clé à cette question. Et ce, depuis que des tirs de drones perpétrés dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 janvier, à proximité de l’aéroport international de Bagdad, ont tué le général iranien Ghassem Soleimani.

Âgé de 62 ans, ce puissant dignitaire était le chef de l’unité d’élite des Gardiens de la révolution, un des piliers du pouvoir iranien combinant force militaire, renseignement et activités économiques. En ligne directe avec le Guide suprême.

Comme le souligne Le Monde, Ghassem Soleimani avait creusé le sillon de l’influence iranienne de Bagdad à Beyrouth, en passant par Damas, et jusqu’au Yémen. De quoi laisser augurer des représailles en direct d’Iran, mais aussi par l’intermédiaire de ses alliés dans la région.

Trump précise sa réplique éventuelle

Ce bombardement pourrait marquer un nouveau tournant – sanglant – dans les relations déjà très tendues entre les États-Unis et l’Iran, depuis que ce Donald Trump a décidé, en 2018, de retirer son pays de l’accord de Vienne, qui avait permis de limiter le programme nucléaire de l’Iran.  Et ensuite de rétablir des sanctions économiques .

Entre enjeux géopolitiques et économiques au Moyen-Orient, les tensions ont atteint leur paroxysme en l’espace de quelques heures, trois jours après une attaque inédite de l’ambassade américaine en Irak par des manifestants pro-Iraniens. Et l’attaque au drone ordonnée par Donald Trump le 2 janvier.

Nous n’avons pas pris d’action pour débuter une guerre.

Donald Trump,  président des États-Unis

Dans une intervention vidéo, le président américain – commandeur en chef des armées – a défendu l’action menée contre celui qu’il désigne comme le responsable de nombreuses exactions, dont l’attaque contre l’ambassade américaine:

Mise à jour le 5 janvier à 20h51

Dans un tweet, le président américain a promis de frapper 52 sites en Iran en cas de représailles de la part de la République islamique. Certains de ces sites «sont de très haut niveau et très importants pour l’Iran et pour la culture iranienne», a souligné Donald Trump.

Un nombre qui correspond de manière symbolique au nombre des Américains retenus en otage pendant plus d'un an à partir de la fin de 1979 à l'ambassade des États-Unis à Téhéran.

Désescalade et diplomatie

«Nous sommes très préoccupés par les développements en Irak, et nous appelons l’ensemble des acteurs concernés à la retenue et à la désescalade», écrit samedi le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn (LSAP). «Nous espérons que la raison prévaudra et que les responsables concernés garderont la tête froide.»

Et de rappeler que les armes ne résolvent pas les problèmes.

«La diplomatie doit primer», ajoute Jean Asselborn dans son communiqué. «Les attaques contre les missions diplomatiques sont inacceptables. Toute la lumière doit être faite sur les attaques récentes contre l’ambassade des États-Unis à Bagdad.»

L’appel au dialogue que souhaite aussi le président du Conseil européen, Charles Michel, risque bien de ne pas être entendu:

À l’entame d’une année 2020 rythmée par l’élection d’un nouveau président américain en novembre, Donald Trump a peut-être pris la décision la plus risquée des États-Unis dans la région depuis l’invasion de l’Irak en 2003,  estime le New York Times .

Outre la division de la classe politique américaine sur le sujet, cette frappe a déjà des répercussions sur la diplomatie internationale. Amélie de Montchalin, secrétaire d’État de la France aux Affaires européennes, estimait vendredi, sur RTL France, que «nous nous réveillons dans un monde plus dangereux»:

L’intervention sur CNN du secrétaire d’État des États-Unis, Mike Pompeo, et sa réponse à Mme de Montchalin confirment que le multilatéralisme diplomatique n’est pas à l’agenda de l’administration Trump: