POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Tableau de bord

L’économie, entre sortie du brouillard et vents contraires



Le caractère «asymétrique» des conséquences de cette crise est de plus en plus visible, entre les secteurs, leurs salariés, mais aussi entre les pays et régions de l’UE, pointe la Fondation Idea. (Photo: Shutterstock)

Le caractère «asymétrique» des conséquences de cette crise est de plus en plus visible, entre les secteurs, leurs salariés, mais aussi entre les pays et régions de l’UE, pointe la Fondation Idea. (Photo: Shutterstock)

Le nouveau «Tableau de bord économique» publié par la Fondation Idea représente un bilan très contrasté de la situation économique et sociale en ce début d’été.

Les dernières prévisions du Statec tablent sur une récession de 6,0% en 2020, suivie d’une croissance de 7,0% en 2021. La Commission européenne, qui vient de mettre à jour ses prévisions, projette de son côté un recul du PIB de 6,2% cette année, suivi d’un rebond plus modeste en 2021 (+5,4%).

Au premier trimestre, le PIB se serait replié de 0,2% par rapport au premier trimestre 2019, d’après la première estimation du Statec.

Si la reprise économique est encore difficile à qualifier, et si le retour à la normale risque d’être long, certains indicateurs montrent tout de même des signes encourageants. Sur le marché du travail, tout d’abord: alors qu’en mars et avril, le pays avait vu 8.900 emplois salariés détruits, le retour des créations d’emplois en mai, avec un niveau non négligeable (+4.500 postes), est une bonne nouvelle. L’envolée du nombre de demandeurs d’emploi a été stoppée (-0,2% entre avril et mai), et le taux de chômage s’est stabilisé à 7%.

Le déconfinement a également été propice au moral des consommateurs, qui se redresse sensiblement en juin. La bonne tenue des marchés financiers a permis aux actifs des fonds de la place financière de poursuivre leur ascension. Enfin, la plupart des enquêtes sectorielles montrent une amélioration des soldes d’opinion des entreprises quant à leur niveau d’activité, bien qu’ils restent en territoire négatif.

Mais des vents contraires peuvent encore souffler sur cette dynamique. La confiance en l’avenir pour les consommateurs et les investisseurs, l’absence de salariés (toujours en télétravail) pour les restaurateurs et les commerces, et bien sûr le virus, qui continue à circuler, et qui reste le premier risque…

En outre, le caractère «asymétrique» des conséquences de cette crise est de plus en plus visible, entre les secteurs, leurs salariés, mais aussi entre les pays et régions de l’UE.

Pour la reprise, il reste donc encore à transformer l’essai. Et, plus que jamais, à rester attentifs à tous les signaux qui obligeraient des interventions publiques sur mesure et aussi fortes que nécessaire.

Lire le Tableau de bord de la Fondation Idea