POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Covid-19 et enseignement

L’école n’est pas un lieu de contamination majeur



Le respect des gestes barrières dans les écoles a permis de limiter fortement le nombre de contaminations. (Photo: SIP)

Le respect des gestes barrières dans les écoles a permis de limiter fortement le nombre de contaminations. (Photo: SIP)

Une étude sur la contamination au Covid-19 en milieu scolaire se montre rassurante sur la responsabilité de l’école. Pour le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, il faudra prendre des mesures flexibles à la rentrée pour viser localement les écoles qui connaissent des problèmes.

À un mois de la rentrée scolaire, les parents commencent à s’inquiéter de savoir s’il existe un risque de mettre les enfants à l’école. Leur retour en classe, à partir de la mi-mai , a en effet provoqué des contaminations parmi la population scolaire, enseignants compris.

Pour mieux analyser ce risque et les moyens de le contrer, les ministres de la Santé et de l’Éducation nationale, Paulette Lenert (LSAP) et Claude Meisch (DP), ont commandé une étude à une équipe multidisciplinaire, en lien avec le Luxembourg Center for Systems Biomedicine de l’Université du Luxembourg.

424 cas positifs en milieu scolaire

Après avoir tenté d’analyser l’évolution des cas au sein des écoles par rapport à l’ensemble de la population, le rapport «L’école face à la Covid-19 au Luxembourg» tire, dans les grandes lignes, des conclusions relativement optimistes. «Les analyses faites à l’étranger, que nous avons consultées, montrent que les enfants sont peu menacés par les infections liées au coronavirus et qu’ils le transmettent peu», explique Paul Wilmes, de l’Uni.

Encore fallait-il voir ce qui se passe réellement au niveau local. Pour cela, l’équipe multidisciplinaire a décrypté les données disponibles au Luxembourg concernant les infections en milieu scolaire.

Depuis la reprise de l’école, au printemps, 424 cas positifs ont été détectés en milieu scolaire. 177 dans l’enseignement fondamental, 214 dans le secondaire et 34 parmi les enseignants.

«Trouver l’origine des contaminations n’est pas facile, surtout avec de jeunes enfants», explique Laetitia Huiart, du Luxembourg Institute of Health. 159 cas de contamination n’ont donc pas pu être expliqués.

La famille plus que l’école

L’enquête montre cependant que la principale source de contamination est la famille. 102 cas de transmission ont été causés par la présence d’une personne positive dans la cellule familiale. L’infection en milieu scolaire représente, elle, 49 cas (11,18% du total).

Un chiffre assez faible, en partie lié à une pratique assez large de la mise en quarantaine . «2.711 personnes ont été placées en quarantaine suite à des infections à l’école», explique encore Laetitia Huiart. «C’est beaucoup, et lié au fait qu’au sein des établissements, il n’est pas simple de détecter la source.»

L’école ne semble donc pas représenter un milieu de propagation majeur pour autant que les gestes barrières de base y soient d’application. Une conclusion rassurante pour Claude Meisch, qui observe que «si le virus circule en milieu scolaire, c’est simplement parce qu’il reste présent au sein de la société».

Nous agirons établissement par établissement ou région par région, mais nous n’imposerons pas de règles au niveau national si ce n’est pas nécessaire.
Claude Meisch

Claude Meisch,  ministre de l’Éducation nationale

«Cette étude nous donne des orientations pour l’organisation de la prochaine rentrée» pointe le ministre Meisch. Il insiste d’ailleurs sur l’intérêt de prévoir un système de mesures plus flexibles, selon la résurgence locale du virus. «Nous agirons établissement par établissement ou région par région, mais nous n’imposerons pas de règles au niveau national si ce n’est pas nécessaire.»

Des différences de traitement seront également prévues entre l’enseignement fondamental et secondaire, les adolescents étant plus à risque que les jeunes enfants.

Le ministre précise que toutes ces mesures seront détaillées aux alentours du 1er septembre.