POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Pandémie

150.000 élèves concernés par la fermeture des écoles



Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, a appelé à la solidarité nationale face à la gravité de la situation. (Photo: Maison Moderne)

Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, a appelé à la solidarité nationale face à la gravité de la situation. (Photo: Maison Moderne)

Un quart de la population est concerné par la fermeture des écoles, qui durera deux semaines. L’e-learning et les devoirs à domicile seront de mise pour garantir la continuité de l’apprentissage. Les parents pourront faire valoir le droit aux congés pour raison familiale.

Les écoliers rentreront à la maison ce vendredi avec un cartable anormalement plus lourd qu’à l’accoutumée, rempli de devoirs que les enseignants ont préparés en urgence après  que le gouvernement a annoncé, jeudi soir,  la fermeture exceptionnelle des écoles durant deux semaines.  Une des mesures déployées pour tenter de contrer la pandémie de coronavirus.

Inédite au Luxembourg, la fermeture du 16 au 29 mars est une mesure d’envergure puisqu’elle concerne 150.000 élèves (enfants, jeunes et adultes confondus) et plus de 20.000 professionnels (dont 12.000 enseignants), soit environ un quart de la population.

«Une mesure très importante qui démontre la gravité de la situation», décrit le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse,  Claude Meisch  (DP), lors d’un point presse tenu vendredi matin à 10 heures.

«L’objectif n’est pas de protéger les enfants, qui ne sont pas les plus vulnérables», tient à préciser le ministre, «mais de limiter la propagation du virus afin de protéger les personnes les plus fragiles» face au Covid-19.

«Un encadrement des élèves, des enseignants et des parents est prévu pour garantir la continuité de l’apprentissage», assure Claude Meisch. «Ce ne sont pas des vacances, mais plutôt un apprentissage à distance.»

L’e-learning sera de mise

Pour les élèves du secondaire, un réseau de communication digital pour les enseignants et les élèves est en place et l’e-learning sera de mise durant ces deux semaines. «Ce sera donc assez confortable pour ces élèves, d’autant qu’une approche autonome est réaliste», juge Claude Meisch.

La difficulté concerne davantage les élèves du fondamental. Une réunion avec des professionnels a eu lieu pour savoir quels dispositifs mettre en place pour garantir au mieux le suivi. «C’est une situation nouvelle qui n’a pas pu être planifiée des semaines à l’avance», explique le ministre.

Pour les élèves en difficulté, qui pourraient le plus souffrir de cette situation, cela relève de la «responsabilité des encadrants», selon Claude Meisch, «qui devront rester en contact avec les parents pour les outiller et leur donner un cadre pédagogique».

Une hotline est mise en place pour les parents et les enseignants au 8002 9090 et un site internet d’information est lancé à l’adresse  schouldoheem2020.men.lu .

Pour aider à prendre en charge leurs enfants, les parents pourront bénéficier de congés pour raison familiale, qui ne seront pas comptabilisés sur le contingent de congés légaux. Un certificat, qui sera disponible sur le site de la CNS vendredi en fin de journée , est à remettre à la CNS et à son employeur.

Appel à la solidarité nationale

Mais le choix de recourir à ces congés relève de la «responsabilité des parents», ajoute Claude Meisch. «Car certains secteurs professionnels vont avoir des besoins, notamment dans la santé.» Le ministre appelle donc, dans ce cas, à s’organiser d’une autre manière et à faire preuve d’une forme de solidarité: les parents, les voisins, pourraient notamment se regrouper pour prendre en charge les enfants. «C’est un choix individuel», reconnaît Claude Meisch, «mais des efforts de solidarité nationale sont nécessaires, que ce soit au niveau du programme politique ou entre les citoyens».

Une réévaluation aura lieu dans deux semaines. «Il est impossible de prévoir quelle sera alors la situation», prévient le ministre. «Il faudra s’adapter, peut-être lever certaines mesures, ou les renforcer.»

En coulisses, des enseignants évoquaient déjà la possibilité d’une troisième semaine d’arrêt des cours, soit la semaine du 30 mars au 5 avril qui précède les vacances de Pâques. Un scénario qui dépendra de la diminution de la propagation du Covid-19, mais qui entraînerait une absence en classe des élèves pendant cinq semaines.