POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

selon une étude de l’uni

La deuxième vague tant redoutée est bien là



La deuxième vague plutôt attendue pour l’automne se présente en ce début d’été à la faveur du relâchement de la population dans le respect des gestes barrières. (Photo: Shutterstock)

La deuxième vague plutôt attendue pour l’automne se présente en ce début d’été à la faveur du relâchement de la population dans le respect des gestes barrières. (Photo: Shutterstock)

Si le gouvernement refuse de parler de deuxième vague pour l’instant, l’étude de l’Uni sur l’évolution de l’épidémie au Luxembourg n’hésite pas à l’affirmer.

Pour la petite histoire, c’est cette étude (voir ci-dessous, en allemand), publiée mercredi matin sur le site de l’Uni, qui a fait bondir l’opposition parlementaire et provoqué son coup de griffe face à ce qu’elle considère comme de la rétention d’information par le gouvernement.

L’«analyse du nombre de cas de Covid-19 au Luxembourg au regard de la situation actuelle», élaborée par Stefano Magni, Françoise Kemp, Ulf Nehrbass, Paul Wilmes, Jorge Goncalves et Alexander Skupin, anticipe ni plus ni moins qu’un «doublement des cas dans les sept, huit jours à venir» et «une deuxième vague généralisée». C’est à la mi-juin que les infections ont sensiblement augmenté, alors que la moyenne des nouveaux cas journaliers s’était établie à six depuis début mai.

Même en lissant la moyenne des nouveaux cas semaine par semaine, afin d’éviter les creux des week-ends suivis d’un chiffre élevé d’infections déclarées, «l’évolution de la courbe correspond à une augmentation exponentielle à laquelle on peut s’attendre au début d’une deuxième vague», estiment les chercheurs. Une croissance exponentielle sur la base d’un doublement des cas tous les huit jours. «Même si cette hausse est effectivement plus lente que début mars, elle indique clairement une deuxième vague.»

L’étude de l’Uni montre que les infections (points rouges) augmentent à un rythme bien plus soutenu que ce que les projections précédentes prévoyaient (courbe verte) à l’issue de la troisième étape de sortie du confinement. Université du Luxembourg

L’étude de l’Uni montre que les infections (points rouges) augmentent à un rythme bien plus soutenu que ce que les projections précédentes prévoyaient (courbe verte) à l’issue de la troisième étape de sortie du confinement. Université du Luxembourg

La ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), refusait toutefois de parler de deuxième vague  lors de son point presse mercredi après-midi . «On ne le saura que lorsque la vague se brisera», estimait-elle. Mais elle n’avait apparemment pas encore pris connaissance de l’étude de l’Uni.

Reste que les préparatifs en vue d’une deuxième vague se poursuivent. Le directeur de la Santé a ainsi adressé une circulaire aux médecins mercredi, déplorant que «le sentiment de sécurité retrouvé conduit malheureusement de nombreuses personnes à ne plus respecter les consignes de distanciation physique et les gestes barrières». La réactivation de la cellule de crise prouve l’extrême vigilance du ministère face à un regain de l’épidémie plutôt attendu pour l’automne.

Mme Lenert a livré mercredi quelques détails concernant les infections de la semaine précédant le 12 juillet. «Aucune partie de la population» n’est particulièrement concernée, même si les jeunes adultes sont les plus représentés puisque la moyenne d’âge est de 35,9 ans. 63% des cas positifs sont asymptomatiques (+1 point de pourcentage).

Le sud concentre la majorité des nouvelles infections

944 personnes ont été placées en quarantaine entre le 29 juin et le 5 juillet, dont 159 ont finalement été testées positives, selon un communiqué du ministère de la Santé, qui met en cause le non-respect des quarantaines. 52% des quarantaines concernent des résidents de moins de 30 ans, 44% des résidents de 30 à 59 ans.

Le ministère pointe encore une transmission plus élevée dans les colocations – plus de cinq sont actuellement en cause avec jusqu’à sept cas positifs pour chacune. Sept cas ont également été recensés dans plusieurs maisons de soins. Les écoles font état de cas sporadiques entraînant la mise en quarantaine fructueuse de certaines classes.

Le sud du pays concentre une grande partie des infections déclarées depuis le 22 juin d’après une carte publiée mercredi par le ministère de la Santé.

Le canton d’Esch-sur-Alzette a enregistré 329 nouveaux cas entre le 22 juin et le 12 juillet, deux fois plus qu’à Luxembourg-ville. Source: ministère de la Santé

Le canton d’Esch-sur-Alzette a enregistré 329 nouveaux cas entre le 22 juin et le 12 juillet, deux fois plus qu’à Luxembourg-ville. Source: ministère de la Santé

La police poursuit le contrôle systématique des établissements de l’Horesca – devant fermer à minuit – et n’hésite pas à verbaliser le non-respect des mesures sanitaires (port du masque obligatoire pour le personnel et pour les clients en déplacement, service à table, distanciation des tables). 23 amendes ont été émises, dont six à l’encontre de récidivistes qui ont écopé d’un PV de 8.000 euros.