POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

réforme du bail d’habitation

Pour déi Lénk, la politique du logement est un échec



 David Wagner et déi Lénk estiment que la réforme envisagée n’est en réalité qu’une «réformette». (Photo: Maison Moderne Publishing SA/Archives)

 David Wagner et déi Lénk estiment que la réforme envisagée n’est en réalité qu’une «réformette». (Photo: Maison Moderne Publishing SA/Archives)

Après la Chambre de commerce, c’est déi Lénk qui est sorti du bois pour dire tout le mal qu’il pensait de la réforme du bail d’habitation. Pour le parti de gauche, la politique du logement est un échec cuisant pour le gouvernement.

La réforme du bail d’habitation est un des chantiers les plus importants du ministre du Logement,  Henri Kox (déi Gréng). Projet qui essuie pour le moment quelques critiques. Après la Chambre de commerce, c’est déi Lénk qui a livré son analyse du projet de loi.

Un casino truqué

Le constat dressé est sans appel: la réforme annoncée ne serait finalement qu’une «réformette». Déi Lénk estime ainsi que «le projet de réforme se cantonne à quelques adaptations insignifiantes qui ne changeront pas la donne, voire qui pourraient encore aggraver la situation. Le nouveau dispositif concernant la cession à titre gratuit en est un exemple flagrant. Ainsi, les prix d’anciens logements cédés ou transmis à titre gratuit pourront, du jour au lendemain, être adaptés aux prix actuels du marché. Il va de soi qu’il s’agira d’une hausse conséquente puisque les prix ne font que flamber depuis plusieurs années. Ce nouveau dispositif ouvre grand la porte à toutes sortes de spéculations juteuses dans le cadre de la gestion des patrimoines immobiliers familiaux, par exemple, et transforme un peu plus le marché de l’immobilier en un casino truqué, où les gains des bailleurs se multiplient comme par enchantement!»

De même, les informations obligatoires devant être données sur la limitation du loyer maximal ne forment qu’une disposition «purement cosmétique puisque le texte ne prévoit pas la moindre sanction pour l’inobservation de la disposition».

Quant aux commissions des loyers censées traiter les demandes de réduction des loyers, «elles n’existent pas partout ou bien elles ne fonctionnent pas correctement. (…) Henri Kox avait d’ailleurs annoncé une réforme des commissions des loyers. La réforme du bail à loyer était l’occasion pour s’atteler enfin à cette tâche importante. C’est encore raté!»

Même la réforme des frais d’agence et de la garantie locative ne trouve pas totalement grâce aux yeux de déi Lénk: «Cela  va certes dans la bonne direction, mais elle y va d’un pas timide et mal assuré.» Finalement, «le seul point positif est la réglementation des colocations. Notons au passage qu’elle est issue du programme électoral de déi Lénk!»

Un échec cuisant

Or, il y a urgence à agir, car la crise du logement continue à être une préoccupation majeure et est «devenue la crise sociale la plus grave du pays, qui touche les classes populaires, mais aussi les classes moyennes. En effet, un salaire qu’on pourrait qualifier de ‘correct’ est désormais insuffisant sur le marché de l’immobilier au Luxembourg.»

Déi Lénk, très actif sur toutes les questions du logement à la Chambre et qui a déposé deux propositions de loi sur le sujet, en 2016 et 2018,  regrette que ses propositions restent lettre morte, toujours ou presque. En attendant, «la politique du logement est un échec cuisant pour le gouvernement».